Aujourd’hui j’ai envie de partager avec vous une petite problématique personnelle en espérant que vous pardonnerez ce narcissisme et m’aiderez.
Voilà, Petite Dernière a eu deux ans il y a quelques mois et je l’allaite toujours. J’avais comme vague projet de la sevrer avant un mariage qui a eu lieu le 15 mai, mais n’ai fait que très peu de progrès dans ce sens (sur la photo de gauche vous me voyez d'ailleurs allaiter lors de ce mariage avec la robe Charleston!) Elle a une tétée le matin, après son petit-déjeuner. Ensuite elle a une tétée (si elle la réclame, et seulement si) quand nous rentrons de la crèche. Et ensuite une autre au moment du coucher. Elle a aussi des tétées en plus en cas de maladie, gros chagrin, etc.
Je continue à apprécier ce lien si particulier de l’allaitement et certaines tétées sont magiques, mais je commence aussi à avoir envie d’arrêter. C’est très bizarre mais je ne me vois pas allaitant encore à la rentrée, quand elle sera propre, sera passée à un grand lit, etc. Je comprends tout à fait que d’autres femmes continuent bien au-delà des deux ans, mais moi, je commence à avoir envie d’autre chose. En même temps, comme c’est le dernier allaitement que je vis, c’est vraiment un deuil que je me prépare à vivre, et j’ai les larmes aux yeux quand j’y pense. Donc avec cet état d’esprit, on ne peut plus confus, je fais un pas en avant, deux pas en arrière, trois pas sur le côté, comme dans la chanson !
Pour ses sœurs aînées, je ne m’étais pas posée autant de questions parce que ces allaitements avaient été plus courts, et qu’il y avait des raisons externes (notamment mon travail de l’époque) qui rendaient l’allaitement long quasi-impossible. Mais maintenant que je contrôle mes horaires, et que je n’ai plus de voyages d’affaires, c’est différent.
La seule chose que j’ai réussi à faire, c’est limiter les tétées à l’extérieur. Je sais que je vais étonner certaines, mais même si cela ne me dérange absolument pas de voir des bambins de tout âge téter, je n’ai plus envie, depuis quelques mois, de l’allaiter au parc, à une terrasse de café, dans le TGV, bref face à des inconnus. Je ne sais pas trop pourquoi mais c’est mon ressenti. Ce qui me surprend parce que, pendant presque deux ans, je l’ai allaitée dans ces même endroits très naturellement. Mais maintenant, dans ma tête, elle est passée du stade bébé au stade « petite fille », et les tétées sont maintenant à la maison, un truc entre nous deux, ou avec la famille proche. Chose qu’elle intègre lentement. Il lui arrive encore de se précipiter sur moi en criant « Téter Téter » à l’extérieur, mais cela devient plus rare. Je crois d’ailleurs qu’il faut que je trouve un nom de code car ce nom-là pour les tétées c’est un peu trop direct dans certaines situations !
Mais là où je suis un peu partagée, c’est que je ne vois pas comment on va pouvoir arrêter sans entrer dans un sacré conflit. En effet c’est une petite fille au caractère affirmé (affirmé diront les bienveillants, tyrannique diront les autres) et qui n’aime pas du tout qu’on lui dise non. Je sais bien qu’aucun enfant n’aime qu’on lui dise non, mais chez elle, c’est particulièrement prononcé. Ses sœurs, au même âge, étaient un peu plus malléables. On pouvait les distraire, proposer autre chose, éviter l’affrontement direct. Mais elle, quand elle a quelque chose en tête, elle a la force et la mémoire d’un éléphant. Son entourage n’a jamais vu d’enfant aussi déterminée. Il parait qu’elle tient de moi. Ha !
Du coup, que faire ? Je n’ai pas envie que l’arrêt de l’allaitement crée une souffrance dans une relation mère/enfant harmonieuse. Ce serait vraiment trop dommage. Je crois qu’il faut que je réfléchisse sérieusement aux raisons qui me poussent à sevrer parce que si je ne suis pas moi-même convaincue par ces raisons là, je n’arriverai pas à la convaincre de ma sincérité… Et quelles sont ces raisons au fond ? Pourquoi arrêter maintenant, plutôt que dans six mois ? Je fouille je fouille et en reviens au fait que, quelque part, j’ai envie de passer à autre chose. J’ai envie de me ré-approprier mon corps à 100%. J’ai un peu l’impression, que pour elle, mes seins lui appartiennent. La chère enfant s’exclame «Mes Tétés !!!», radieuse, lorsque je « dégrafe mon corsage », comme si c’était le doudou qu’elle avait perdu. Et, franchement, cela commence à me peser un peu.
Et puis il y a aussi, ne nous leurrons pas, le regard des autres. Déjà que j’ai co-fondé mamaNANA et que j’écris un blog sur l’allaitement, si en plus j’allaite ma fille jusqu’à ce qu’elle ait trois ans, ou plus, vais-je passer automatiquement, dans la tête des gens qui ne sont pas 100% dans le domaine de l’allaitement, pour une frappadingue obsédée par l’allaitement ? Est-ce que cela m’ennuie ou est-ce que je m’en fiche ? La vérité toute crue c’est que je n’ai pas envie d’être définie par cette seule dimension de l’allaitement long, et j’ai peur que cela devienne le cas. Parfois c’est amusant de surprendre les gens, et on a plein de commentaires sympas, et parfois moins, parce qu’on sent leur regard qui change. Du style « Ouh elle a l’air normal mais en fait c’est une ex-trê-mi-ste! »
On serait dans une culture où l’allaitement long serait plus commun, j’aurais peut-être un sentiment différent. En même temps, si on ne montre pas l’allaitement vraiment long, les mentalités ne changeront jamais, mais mon but ici, ce n’est pas de faire du militantisme (quoique), c’est de vivre ma vie. Bref, je cogite. Et j’ai plein de questions :
Est-ce que certains enfants se sèvrent d’eux-mêmes ? Si oui, à quel âge ? En un sens, cela me soulagerait beaucoup si c’est elle qui prenait l’initiative du sevrage, mais vu son comportement, c’est un peu comme si on me demandait de renoncer au chocolat noir pour le reste de mon existence, je doute qu’elle y vienne d’elle-même.
Si elle ne se sèvre pas d’elle-même, comment sèvre-t-on un bambin ? Est-ce que vous avez des conseils, des expériences vécues sur ce sujet ? Comment est-ce qu’on en parle ? Comment expliquer pour que les choses se passent en douceur (j'ai tout mon temps...)?
Est-ce que certaines se reconnaissent dans mes sentiments si ambivalents ? Comment avez-vous résolu la question ? Qu’est-ce-qui vous a aidé à vous décider dans un sens ou dans l’autre (sevrer ou pas) ?

Ambivalence, oui c'est un mot très fréquent pour décrire mes sentiments liés à l'allaitement, court ou long !:)
Le meilleur conseil que j'aie jamais reçu c'est de faire confiance à mon enfant et à sa capacité de compréhension de mes besoins, mais aussi dans ma capacité à écouter ses besoins. Alors, j'écoute mes envies et mes non-envies, je les partage avec mon enfant et on trouve à deux un compromis. A cet âge là, le compromis est souvent au quotidien, voire plusieurs fois par jour.
L'allaitement long c'est aussi un allaitement différent : il ne s'agit plus que d'allimentaire mais parfois de santé, de consolation, de joies... D'autres activités peuvent remplacer ces moments pour combler les besoins de chacun. Les moments peuvent être très espacés (plusieurs jours, semaines..) et très irréguliers (parfois nombreux, parfois très rares). Le sevrage ainsi peut se faire en douceur, au rythme de l'enfant et dans le respect de ce que vous êtes encore capable de donner de ce côté là.
Quant au regard des autres, .... il me semble que quelqu'un comme vous (qui portez un super projet comme Mamanana, votre blog et qui êtes toujours présente quand on a besoin de conseils pour bien s'habiller, et du coup partagez beaucoup de votre vie privée) avez droit à un peu d'intimité. Si cela vous gêne que l'on sache si vous allaiter encore ou non, alors il suffit de le taire... vous n'avez de compte à rendre qu'à vous-même.
Bien amicalement et bon courage,
Evelyne
Rédigé par : Evelyne | 01 juin 2010 à 12:09
@Evelyne: oh, comme vous lire me fait du bien. Vos conseils sont si sages et bienveillants. Merci du fond du coeur. J 'aime beaucoup ce concept d'un sevrage en douceur, sans calendrier. Merci!
Rédigé par : Segolene Finet | 01 juin 2010 à 13:14
Pour ma part n'y étant pas encore confrontée (Pouss2 n'a pas 5 mois et son frère était déjà sevré au même âge) je vais suivre la discussion avec intérêt ! Je ne sais d'ailleurs pas trop quoi répondre quand on me demande combien de temps j'espère l'allaiter... on verra bien !
Enfin sur le regard des autres j'ajouterai que quelqu'un comme vous montre justement que l'allaitement long n'est pas qu'une lubie de babas cools qui élèvent des chèvres en Ardèche ! Que oui on peut mettre en oeuvre certaines pratiques (allaitement y compris long, cododo, portage etc) sans pour autant être dans un mode de vie très alternatif. Pour la petite anecdote dans ce sens, je porte beaucoup Pouss2 en écharpe alors dans ce cas-là je n'ose pas sortir avec une grande jupe bariolée qu'on m'a rapporté d'Inde, je mise plutôt sur jean et ballerines par ex ;-)
Quoi qu'il en soit la solution pourrait peut-être passer par mettre en tête de la chère enfant qu'elle n'a plus envie de téter ? cf l'épisode de Desperate housewives où Lynette "sèvre" l'enfant de sa collègue en lui proposant un lait chocolaté à la paille ;-)
Rédigé par : La poule pondeuse | 01 juin 2010 à 14:27
Ma miss a 2 ans 1/2 mais j'ai une expérience très différente puisqu'elle s'est sevrée toute seule à 13 mois. Je me souviens d'un soir où elle voulait tellement une purée plutôt que le sein qu'elle a presque fait une phrase pour le dire ! Je crois que dans son esprit, c'était aussi faire comme les grands... et devenir grand peut être une grosse motivation pour un enfant, je trouve.
Ce sevrage est intervenu dans une période difficile pour moi pour d'autres raisons (et c'était peut-être lié?) mais ce que j'ai trouvé tellement plus facile à vivre que pour le sevrage de sa grande sœur (que j'avais sevrée avant de reprendre le travail à 4 mois), c'est qu'il n'y a jamais eu le côté définitif de se dire "c'est la dernière tétée". Cela s'est fait progressivement, des tétées plus courtes, plus espacées, et je ne sais même plus dire quel jour était la dernière tétée... Un sevrage sans calendrier effectivement.
Je crois que l'important dans ce que vous décrivez est peut-être surtout de réussir à faire comprendre à l'enfant qu'on n'est pas toujours disponible (et cela vaut aussi pour d'autres choses, comme ici lire une histoire alors que je suis en train de faire la cuisine), même si je me rends bien compte que c'est plus facile à dire qu'à faire... bien comprendre où se trouvent ses propres besoins et les faire comprendre à l'enfant, ce qui peut aussi l'aider à grandir.
Bon courage pour cette réflexion et merci pour ce blog que je lis vraiment toujours avec plaisir... en espérant, je l'avoue, avoir l'occasion de connaître ce genre de doutes pour un futur petit troiz, quelle chance cette expérience d'allaitement long. ;)
Rédigé par : annette | 01 juin 2010 à 14:53
@Poule Pondeuse: merci beaucoup. Oui, c’est très important pour moi de montrer qu’on peut adopter ces pratiques (allaitement, cododo, etc.) sans avoir besoin d’adopter un mode de vie alternatif, comme vous le dites. Merci de m’avoir si bien comprise sur ce point. Pour le regard des autres, j’aime bien votre exemple de l’écharpe/jupe péruvienne. Très parlant ! Moi quand je prends le TGV (par exemple) et que je sais que je vais donner le sein pendant le voyage, je fais toujours attention à me pomponner un peu, quitte à remplacer un cliché par un autre. Genre la combo (foulard Hermès + chevalière + sœurs aînées habillées Cyrillus), cela équilibre le bambin de deux ans pendu au sein pendant tout le trajet (je ne plaisante qu’à moitié !)
Et l’idée du lait au chocolat avec la paille, why not ?! Ou alors un bon pain au chocolat ?
Rédigé par : Segolene Finet | 01 juin 2010 à 14:59
Un témoignage intéressant, en anglais, de sevrage tardif, et qui est l'occasion d'une petite célébration familiale.
http://rixarixa.blogspot.com/2010/05/weaning-party.html
Rédigé par : stellaspotlight | 01 juin 2010 à 15:43
Bonjour,
J'avais envie d'intervenir, pour une fois, parce que je me sens directement concernée par ce sujet. En fait je n'ai pas de réponse précise à donner, juste un témoignage... Mon fils aura lui deux ans à la rentrée, je continue l'allaitement, parfois à regret et d'autres fois pour mon plus grand bonheur et le sien.
Ce qui me freine, c'est effectivement quand nous sommes en sortie, sachant que je maintiens encore l'allaitement quasiment à la demande. Mais je fais toujours en sorte de trouver un endroit calme et à l'abri des regards pour donner le sein et jusqu'à présent ça n'a jamais posé de vrai problème, ni à moi ni aux autres. Au pire, quand on ne peut vraiment pas, on temporise en l'occupant comme on peut ou en lui donnant une collation (s'il l'accepte), puis il aura droit à la fameuse "tétée ! tétée !" (hé oui, moi aussi je connais ces situations embarrassantes) de retour à la maison...
Ce qui me freine davantage, c'est plutôt le fait que nous aimerions avoir un 2e enfant, et que la lactation ne favorise pas une nouvelle grossesse (d'autant plus que j'ai mis du temps pour tomber enceinte la première fois).
Rédigé par : magnificial | 01 juin 2010 à 15:58
De l'autre côté, ce qui m'encourage à continuer encore et toujours, c'est que j'adore ces quelques moment où je tiens mon bébé dans les bras, serré contre moi, parce que je sais que ça ne durera pas.
Je suis aussi assez confortée dans l'idée de ne pas sevrer à un âge et/ou à une date donnée (à 6 mois, à 1 an...) grâce à quelques exemples autour de nous : ainsi, nous fréquentons une famille dont la petite dernière a été sevrée à 2 ans et demi. Dans une autre famille de 4 enfants, la dernière l'a été à presque 4 ans... Ca aide à ne pas culpabiliser (!), et surtout ça nous permet de nous dire : " Ouf ! On n'est pas les seuls à choisir un allaitement long, et il y a "pire" que nous ! ;) "
A noter que pour le dernier cas, le père a précisé que les tétées se sont arrêtées en douceur, très progressivement, et que vers la fin, c'était plus des têtées de réconfort que pour un repas en soi (enfin, vous voyez ce que je veux dire ?).
En bref, je ne sais pas encore quand, ni comment je vais le sevrer, je sais juste que cela se fera le plus en douceur possible et non du jour au lendemain...
Pour finir, j'avais envie de donner un lien que j'ai trouvé fort instructif, si l'on s'interroge sur un âge raisonnable pour le sevrage, "When to wean". Désolée pour les non anglophones...
http://www.babble.com/when-to-wean-baby-health-breastfeeding-ages/
Rédigé par : magnificial | 01 juin 2010 à 15:59
un témoignage de plus...
Quand ma fille avait entre 7 et 11 mois, j'ai été malade et ai perdu beaucoup de poids. Ça ne m'avait pas convaincu d'arrêter l'alaitement. Mais quand elle a eu 11 mois, j'ai dû faire un voyage professionnel d'une semaine sans elle. J'ai décidé de ne pas emporter de tire-lait et d'essayer "d'arrêter". J'avais envie d'être l'autre moi-même, que j'étais avant les enfants, ou même encore une autre, que j'avais dû devenir grace aux enfants justement. Je ne sais pas. Et j'étais très fatiguée.
Bref. Je me suis dit, j'essaie, mais si elle réclame au retour, pas de problème, on continue quelques mois de plus.
Eh bien, elle n'a pas réclamé au retour. J'ai même essayé de la tenter, elle n'a pas réagi.
Je crois que j'étais déçue.
Objectivement soulagée, mais déçue quand même.
Elle était passée à la suite.
La votre va aussi passer à la suite. Plus d'indépendance, plus de mobilité... et toujours autant, ou même plus de calins!
Rédigé par : Delphine | 01 juin 2010 à 17:04
@stellaspotlight : mais c’est une super idée de célébrer ce passage plutôt que d’en faire un moment de tristesse et de deuil. MERCI pour ce lien vers cette belle histoire, spontanée, inspirante, simple. Je vais copier l’idée, c’est sûr !
@magnificial: merci pour votre témoignage et le lien vers ces très intéressants articles. Ils mériteraient un billet à eux seuls. Passionnant! Je suis contente de ne pas être seule à vivre ces moments d’ambivalence. Et c’est vrai que c’est réconfortant de connaître d’autres mamans qui ont fait le même choix. Hier j’étais au téléphone avec une cliente. Je lui ai demandé depuis combien de temps elle allaitait et elle m’a dit, « je vais vous choquer, ma fille a 4 ans ». Je lui ai répondu « ne vous en faites pas, je ne suis pas choquée du tout, la mienne a 26 mois et je l’allaite aussi ». Elle était toute étonnée et soulagée d’avoir cette réponse !
Je crois qu’il faudrait trouver un autre mot que «tétées tétées» mais je n’ai pas trouvé autre chose et il est peut-être trop tard pour en changer. Et puis quel mot utiliser ? Des suggestions ?
@Delphine: donc cela arrive! J'imagine que ce n'est pas si facile d'accepter ainsi que l'enfant fasse le pas, de ne pas se sentir rejetée. Les enfants mûrissent par palier, et j'ai tendance à l'oublier . On a toujours l’impression qu’on est dans une phase qui ne s’arrêtera jamais (où ils ont tel ou tel comportement) et puis, pouf, d’un coup, ils changent et on se retrouve bien surpris. Votre témoignage me rappelle très opportunément qu’il ne faut pas que mette ma fille dans la case « ne voudra jamais se sevrer ». Après tout, je ne lui pas demandé ce qu’elle en pensait, et si cela se trouve elle est plus prête que nous le pensons! Merci pour vos encouragements!
Rédigé par : Segolene Finet | 01 juin 2010 à 18:11
Un enfant se sèvre seul en général entre 2 et 5 ans...
Je pense que le plus important pour qu'un sevrage de bambin se passe bien, c'est que tu sois très claire et très tranquille par rapport à ta décision. Tant que tu hésites, elle ne l'acceptera pas car elle sentira la faille par où passer. Alors que si ta décision est très claire, ça se passera beaucoup mieux. Elle saura qu'elle peut s'appuyer en toute sécurité sur toi. Si toi tu es paisible, elle pourra l'être aussi. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne va pas pleurer ou hurler qu'elle n'est pas d'accord, mais elle a le droit de ne pas être d'accord et de la dire... En général ça passe vite.
Aujourd'hui, elle a une base suffisamment solide pour pouvoir passer par dessus cette frustration, elle a deux ans, pas deux mois...
En définitive, à toi de voir ce qui te convient vraiment.
Bonne chance ;-)
Rédigé par : Véronique | 01 juin 2010 à 19:01
Oh oui moi aussi je me retrouve beaucoup beaucoup dans ce récit !! Zoé aura 3 ans en juillet elle tête entre 2 fois (les rares jours où je ne suis pas du tout là) et 10 fois dans la journée. Et j'ai beaucoup de mal à le vivre alors même que j'étais toute bien à l'idée de "l'allaiter jusqu'au sevrage naturel" !
Depuis 3 mois elle ne tête plus la nuit. Mon mari ayant proposé depuis longtemps de la rendormir la nuit... un beau jour où j'en avait plein le c...l ! je lui est dit ok vas y ! Et bien après quelques nuits parsemées de pleures la petite pépette fait ses nuits et grandit à merveille ! et depuis c'est le drame pour moi (incroyable !!) parce que je doute complètement de mes décision quand à elle ! du genre "aurais je du la sevrer de nuit plus tôt ?" devrais je la sevrer tout court ?" "est ce que ça l'aiderait à grandir ?" " ne suis je pas trop fusionnelle avec elle ?" "est ce que je choisi de continuer à lui donner le sein lorsqu'elle le demande parce que c'est "facile" pour moi de ne pas dire non ?" "n'aurait elle pas besoin de mon NON ?"
... que de questions !! à la dernière je répondrais OUI elle a besoin de mon NON mais à petite dose, elle à besoin de ne pas pouvoir téter à chaque fois qu'elle le demande. Mais je pense en fait qu'elle à vraiment besoin de téter encore. Je ne sais pas jusqu'à quand et c'est très déstabilisant ! mais n'est ce pas pour cela que nos bambins allaités sont si têtus ??? parce qu'on ne maitrise pas tout sur eux !!! autrement dit on leur laisse une grande part dans leur choix, on leur fait une grande confiance alors ils peuvent s'exprimer sans avoir trop peur de ne plus être aimé ?... ils savent que le sein maternel leur est "offert" tant qu'ils en auront besoin ! et à vrai dire je doute qu'ils pensent qu'un jour ils n'en auront plus besoin, même si ce jour arrivera j'en suis certaine ! (non sans conflits)
Je pense enfin que l'allaitement d'un enfant de cet age est très difficile parce que c'est aussi la période de l'affirmation de soit !
Je lisait l'autre jour dans le livre "A propos du sevrage" que ce n'est seulement le sevrage du sein dont il s'agit mais le sevrage de l'enfant vis à vis de la dépendance envers sa mère.
Bon courage pour trouver un peu de paix quand à la longue période du sevrage ! et merci de nous laisser autant de place pour nous exprimer sur votre blog !!! c'est libérateur !
Rédigé par : Claim | 01 juin 2010 à 19:24
Mon témoignage : J'ai allaité mon fils cadet jusqu'à 20 mois. Vers ses 18 mois, il faisait encore minimum 6 tétées par jour, d'autant plus que c'était l'été et qu'il faisait chaud ! Et j'ai commencé à en avoir marre. Je crois que le déclencheur a été le fait de ne jamais pouvoir porter de robes à cause de l'allaitement (je ne connaissais pas mamanana à l'époque lol)...
Alors j'ai commencé en douceur à proposer de l'eau ou un biscuit à chaque fois qu'il voulait téter. Puis à lui proposer d'autres activités. Et effectivement, beaucoup de valorisation quand au fait de "devenir grand".
Ca s'est fait en douceur, sur une période de 2 ou 3 mois. Mais je me souviens avoir été assez triste quand ça s'est terminé : la fin d'une époque, quoi. Mais bien sûr, le début d'une autre :)
Bon courage à toi pour ces moments aigre-doux :)
Rédigé par : Mademoiselle Dentelle | 01 juin 2010 à 20:17
Je crois que la condition première est d'être sûre de soi. Mon fils aîné a tété pendant 20 mois. J'ai pensé au sevrage vers 12 mois, puis 14, puis 16 et je me disais aussi pourquoi pas plus longtemps, et si lui en a vraiment envie, ou besoin, etc... Et puis j'ai été enceinte, il avait 18 mois. Continuer? Bien sûr, c'est possible! Co-allaiter? Pourquoi pas? Au bout d'un mois, j'étais sûre de moi: je ne voulais pas d'un co-allaitement, et je voulais que cet allaitement là cesse bien avant la naissance du bébé pour que l'aîné n'associe pas son sevrage avec l'arrivée du suivant. je voulais aussi me retrouver un peu seule (si je puis dire) avant la naissance de mon bébé, le laisser venir, en quelque sorte. J'ai expliqué très simplement mes raisons, je lui ai dit que je le pensais prêt pour d'autres relations mais qu'on avait le temps. En un mois, il s'est sevré, très doucement et je crois qu'il attendait mon feu vert pour franchir ce grand pas. Nous avons toujours une relation très... privilégiée... et l'allaitement de son petit frère n'a jamais posé problème.
Je crois qu'aucun enfant ne peut décider à la place de sa mère qu'il est prêt au sevrage (même si on en rêve toutes). Que l'enfant ait un mois, six, douze ou vingt-quatre, tout peut se passer facilement quand on sait très exactement ce qu'on veut pour soi. C'est vrai aussi pour le sommeil partagé, pour les chansons avant de dormir, pour tout, en fait! Quant à en avoir assez, on ne devrait jamais se culpabiliser de ça. Nos enfants grandissent, et nos positionnements d'adultes par rapport à leurs besoins d'enfant sont essentiels pour qu'ils grandissent bien. Le sevrage est un moment important dans la relation mère-enfant et on peut regretter quand il survient très tôt, mais même dans ces cas là, il faut respecter le choix de la mère, de ses sensations, de son ressenti par rapport à l'enfant, au père, aux autres, etc...
En tous cas, avec tous ces témoignages, j'espère que vous ne vous sentirez pas trop perdue! Bon courage!
Rédigé par : Juliette | 01 juin 2010 à 20:49
Quand on a les larmes aux yeux à l'idée de faire quelque chose (ou mal au ventre, ou tout autre symptôme inhabituel), c'est que notre fort intérieur n'a pas envie de faire cette chose.
Quand on ne sait plus s'il faut agir de telle ou telle sorte, il faut écouter ces petits signes que notre inconscient essaie gentillement de nous faire parvenir à travers notre corps.
Et quand je ne sais vraiment plus (ça arrive parfois quand ma voisine est plus persuasive que ma mini-diarrhée fulgurante), mon mari me dit tendrement : "écoute... ton... coeur....."
Et en fait, y a pas photo, mon coeur sait toujours ! Quand je l'écoute, j'ai jamais de hernie ! , )
Rédigé par : Marge | 01 juin 2010 à 20:57
ton questionnement rejoint le mien sur l'allaitement la nuit... je suis en plein flou (ou en pleine lumière!) suivant les jours! j'aimerai dormir, vraiment dormir la nuit et pas que par tranches de 2/3 heures maxi. Mais... mais j'aime ces moments privilégiés avec mon tout petit (il a 6 mois et quelques), et je crois que même si dans ma tête j'ai envie de dormir, mon corps, lui, lui dit autre chose... que j'aime les tétées de nuit! Alors pour le moment, je continue les tétées de nuit, en lui faisant progressivement laché le sein avant qu'il le fasse de lui même tellement il dort! et je compte sur le fait que les jours passant, mangeant de plus en plus solide, il aura moins faim la nuit. OUi car il tète vraiment. Pas juste il tétouille. Mais voilà pour autant je pense qu'il pourrait assez facilement se passer de lait mais pas de maman, de son odeur, son sein.. etc.... bref la vérité c'est que j'ai peur en allaitant plus la nuit et en l'allaitant moins le jour (il mange solide) de ne plus allaiter du tout... au fond c'est peut être moi qui ne suis pas prête!
Pour ta fille, expliques lui ton envie/ressenti, valorise la en tant que "grande", fais attention à garder de vrais moments privilégiés "à la place" des tétées, et une idée : admettons elle tète 4 fois dans la journée, ben fais lui des bons de tétées (en papier, en vrai hein). Chaque fois qu'elle veut téter, elle t'en donne 1 et quand y'en a plus elle tète plus de la journée. Et tous les 2/3 jours, tu en enlèves 1 de plus... donc 1 tétée de moins... j'ai lu cette idée pour je ne sais plus quoi et je l'ai trouvé très très bonne... à tester peut être? car cette règle pose une limite de nombre de tétées, et c'est ta petite qui va apprendre à le gérer! Merci pour ton blog, ta boutique... :-)
Rédigé par : Charlinette | 01 juin 2010 à 21:05
Ceci dit, jusqu'à ma 3ème, je n'assumais pas d'allaiter en public au-delà de 12 mois. Alors je faisais "diversion" en public. Dans le train ou à la kermesse de l'école, j'avais plein de kiris, ficellos, babybel, raisin, carottes, crayons dans mon sac et des litres de jus en tous genre. Et je prétextais un changement de couches pour allaiter tranquille quelque part. Et une fois à la maison, on se rattrapait ! Parce que je ne voulais pas sacrifier tout un allaitement pour 2h de show, quand même...
Donner une certaine image de soi à la sociéte est une chose, et vivre sa vraie vie en privé en est une autre... : )
Parfois un biberon d'eau donné au moment opportun suffit pour que le reste du monde croit que cet enfant n'est (bien sur) plus allaité...
Rédigé par : Marge | 01 juin 2010 à 21:14
J'ai sevré ma fille assez facilement à ses presque 31 mois, grâce au chocolat dans le bib, hé oui dans les seins on ne peut pas mettre de chocolat en poudre.
Mais elle n'était plus qu'à un seul sein le matin, l'autre c'était pour la petite sœur.
Durant ma grossesse, nous étions passé de matin, tété retrouvailles après chez l'ass mat, soir à la tété retrouvailles qui saute vers 3-4 mois de grossesse. Puis celle du soir vers 7-8 mois et enfin une semaine avant l'accouchement, elle ne demandait plus le matin.
Donc mini pause d'une bonne semaine, après mon retour à la maison, je lui ai proposé de tété et nous sommes reparties sur un rythme de un seul sein le matin au réveille.
Cela faisait bizarre de la voir tété avec son nez géant de petite fille comparé au nez tout rond de bébé de la minie, c'est vraiment ça qui m'a marqué de cette période de co-allaitement.
Cependant, sa succion méga efficace de grande a créé un REF que la petite n'arrivait pas à gérer. Donc j'ai sevré à cause de ça, sinon je ne sais pas jusqu'à quand nous serions allées. Elle avait presque 31 mois et sa sœur 3 mois.
Elle a redemandé quelques fois pendant 2 ou 3 mois mais sans grande conviction, et à chaque fois je lui disais que maintenant elle avait son lait au chocolat au bib comme une grande et elle ne demandait pas plus que ça.
voici la petite histoire du sevrage de ma grande, il y a un an et cinq mois de cela.
bonne fin (ou non) d'allaitement à vous deux
et comme dirait ma petite : "manman teutéééééééééé miam miam"
Rédigé par : akoulma | 01 juin 2010 à 21:15
bonsoir, encore un témoignage
cela fait du bien de lire vos messages car je suis dans la même situation. p'tit loup 2 a 19 mois. parfois c'est un véritable bonheur de donner une tétée et d'autre fois c'est galère (grand-frère qui hurle "et moi personne ne s'occupe jamais de moi"...). en plus ce petit père est très exigent. lorsqu'il a décidé que c'était l'heure de la tétée rien ne peu le faire changer d'avis (même la brique de lait au chocolat).je me demandais si je n'allais pas sevrer avant les vacances; mais je ne me vois pas arrêter ... cercle vicieux. je pense comme certaines que si je ne suis pas persuadée à 100% cela ne fonctionnera pas et il le ressentira. en fait, ce que j'espère c'est un sevrage qui vienne de lui même. cela n'a pas l'air fréquent et il n'a pas l'air motivé. je pense que le sevrage sans date est pas mal. pas d'objectif pas de pression.
sinon, il ne m'appelle plus maman mais tétée.
Rédigé par : virginie | 01 juin 2010 à 21:26
J'ai voulu allaiter mon petit gars autant qu'il le voulait. Chaque fois, que je lui proposait, il était feu et flamme pour la tété. J'ai aussi perduré durant plusieurs déplacements à l'étranger.
En observant mon enfant vers les 14 mois, j'ai vu que la tété matin et soir ne devenait qu'intéressant pour lui, quand je proposais. Alors, un soir, j'ai arrêté de proposer. Pendant quelques jours, c'était papa qui assurait le couché et puis c'était fini. Pourtant, j'adorais ces moments à deux, câlin, tranquille. Si je m'avais écoutée, j'aurais continué. C'est mon garçon qui n'a plus besoin de sa tété. Il préfère le fromage, la viande, les cerises ... mais il ne rejette pas un petit câlin ici et là. Heureusement !
Rédigé par : bidalis | 01 juin 2010 à 21:33
Je vous envoie un petit mot de l allemagne ou je lis avec beaucoup d interet tout ce qui concerne le sevrage- et ayant vecu pendant 4 ans à Paris (mon mari est Francais) j etais quand meme assez etonnee par le nombre de jeunes meres qui allaitent ou plutot: qui arretent d allaiter au bout de tres peu de temps...
Ici à Berlin, les meres allaitent un an en moyenne- et meme moi qui continue à allaiter ma fille de 18 mois, je reste un peu en dehors...- en plus je suis enceinte d un petit deuxieme qui vient dans 3 mois. Prete à faire le Co-allaitement il faut quand meme dire que si je travaillais à plein temps, si je n avais pas l aide et le soutiens de mon mari, j aurais deja abandonner...- c est fatiguant
et je comprends toute femme qui sevre parce qu
Elle n a plus la force! En ce moment je vis des nuits dures avec ma fille qui demande à etre allaitee tres souvent, presque chaque heure, la nuit (elle dort encore dans notre lit) et le ventre avec bebe qui bougent...- parfois je veux tout arreter, en meme temps je sens qu elle en a vraiment besoin et je me dis que mon temps avec elle toute seule est limitee.
En tout cas, Chapeau pour mamanana, pour ce Blog pour tout ce que vous faites concernant l allaitement- et je trouve qu il n y a pas de "solution parfaites", l allaitement je le vis de jour en jour.
Rédigé par : Anja | 01 juin 2010 à 21:35
dur moment quand on est partagé ! j'ai eu plusieurs moments d'hésitation et puis vers les 18 mois de ma fille, j'ai supprimé la tétée du soir, celle qui durait le moins et où elle était toute fofolle. A 15 mois, elle n'a pas voulu tété au goûter, j'en ai profité en quelques jours pour passer de 4 à 2 tétées. Par contre, la tétée du matin a duré encore un moment. Elle cherchait, mettait directement les mains dans mon t-shirt. Alors on faisait diversion avec son grand frère ou du chocolat (son péché mignon).J'avais envie de me retrouver, de changer de fringues, de lingerie (même si j'avais trouvé des belles en particulier sur mamanana).Et les réfléxions me génaient : la plus belle, ma fille n'allait pas marché parceque je l'allaitais encore !
J'ai beaucoup hésité car ma fille refuse toujours le bib, mange pas grand chose et boit quelques gorgées de lait dans une tasse le matin ! Mais en même temps, je me disais, qu'elle ferait peut être un effort en arrêtant la tétée.
Bref, je pense que ces moments d'hésitation, d'envie de se retrouver, sont des signes, qu'il faut en parler à nos grands bébés, et remplacer ces moments de complicité par d'autres tout aussi forts.
Pour mon aîné, c'est lui qui ne voulait plus du sein vers 7 mois. j'avais l'impression de ne plus être mère. Et puis à la place, il y a eu les câlins, les découvertes alimentaires, les jeux, les premiers mots, la propreté.... Pour ma puce, on s'est amusé à faire diversion sous forme de jeux, notamment avec mes vêtements (moins pratiques, moins accessibles) un vrai cache-cache..
Aujourd'hui, je ne regrette pas. J'ai bien cédé une ou deux fois et puis fini. Et en quelques temps, elle n'a plus cherché.
C'est votre décision. C'est peut être l'occasion d'essayer d'oublier certaines tétées puis arrêter doucement.
Prenez votre temps et faites comme vous le voulez. L'avis des autres n'importe peu finalement
Rédigé par : VeroBis | 01 juin 2010 à 21:38
Je viens de finir une journée harassante mais à la lecture du titre "je sèvre ou pas", je n'ai pu m'empêcher de lire le billet et tous vos commentaires.
Je suis l'heureuse Maman d'un petit garçon qui vient d'avoir 17 mois. Il y a de cela quelques semaines, j'ai appris que l'allaitement et la PMA (Procréation Médicalement Assisté) ne faisait pas bon ménage. Je suis homosexuelle et nous projetons d'avoir un second enfant. J'ai essayé de retourner le problème dans tous les sens, mais à chaque fois je me retrouvais confrontée à soit j'arrête l'allaitement, soit on ne fait pas le second tout de suite.
Je ne me suis jamais posée la question de l'allaitement. Cela coulait de source. Je travaille, notre fils va chez la nounou la journée, mais je n'ai jamais vu d'obstacle à ce qu'il soit allaité. Dans l'idéal, j'aurais voulu qu'il se sèvre naturellement.
Mais le souci lorsqu'on est obligée de faire appel à une PMA c'est qu'on ne sait jamais quand le ticket sera gagnant. Cela avait pris un peu plus d'un an pour le premier. Combien de temps cela prendra-t-il pour le second ? Et l'horloge qui fait tic tac. J'en ai parlé au pédiatre qui a pris le temps de m'écouter. Lorsque je lui ai dit que j'envisageais sérieusement de sevrer notre fils, il m'a dit que ma production (très prolifique) ne s'arrêtera pas du jour au lendemain et que cela pourra même prendre des mois. Cela m'a tout de suite mis du baume au cœur car je n'avais vraiment pas envie d'arrêter l'allaitement. Je me suis dit que nous pourrions faire une pause et reprendre une fois que je serai enceinte (si cela ne prenait pas trop de temps).
J'ai donc eu une conversation avec notre fils en lui disant que nous allions bientôt interrompre le sein. Sa réaction a été immédiate : il s'est jeté sur mon t-shirt, l'a soulevé et a pris goulument mon sein pendant le quart d'heure qui a suivi. Le message était plutôt clair. Je me suis dit qu'il en voudrait à son petit frère ou à sa petite sœur d'avoir été privé du sein pour que je puisse tombée enceinte, je me suis fait tout un tas de films. A l'idée du sevrage, j'en était malade, je rentrais dans des crises de larmes.
Et puis bonnant malant, je me suis résignée à faire un essai. J'ai choisi le week end de la pentecôte histoire de pouvoir passer plus de temps avec lui au début afin de compenser. Sa deuxième maman a également joué un rôle important dans l'histoire. Pour tout dire, notre fils prenait 4 vraies bonnes tétées par jour, plus les tétées câlins, chagrin et autres. Le jeudi et le vendredi, nous sommes descendus à 2 tétées (matin au lever et soir au coucher). Aux autres moments clés c'est la seconde maman qui entrait en action. Cela évitait les tentations et les refus.
Et puis est arrivé le samedi et mon premier vrai refus du sein. Inutile de se voiler la face : ça a été horrible. Il a pleuré et pleuré pendant ce qui m'a semblé une éternité. J'ai eu beau lui expliquer, le câliner (ai-je oublié de dire qu'un non n'est pas toujours une réponse pour lui ?) mais rien n'y a fait. Il ne s'est calmé que lorsque sa seconde maman est arrivée. Je suis alors sortie de la chambre pour m'effondrer en larme la porte passée. Je n'avais qu'une envie, revenir et lui donner ce sein qu'il réclamait à corps et à cris, et puis j'ai tendu l'oreille et je l'ai entendu rire : ils s'amusaient tous les deux comme si de rien n'était.
Pour le sevrage, j'avais dans l'idée d'y aller progressivement en passant de 4 à 2 tétées pendant une semaine/quinze jours, puis une seule tétée puis plus du tout. Mais cela ne s'est pas du tout passé comme cela. Après cette grosse crise, il ne m'a réclamé qu'une fois le sein dans le week end. J'ai juste eu à dire non et il est passé à autre chose. Cela a été tellement facile que j'en suis restée coi.
J'ai même eu droit au deuxième effet kisskool. J'ai tout à coup retrouvé mon corps. Je n'avais pas eu l'impression de l'avoir perdu pendant l'allaitement mais j'ai effectivement eu l'impression de le retrouver lors du sevrage. J'ai eu envie de me le réapproprier, comme une seconde jeunesse.
Depuis avec notre fils, qui est déjà d'un naturel câlin, on se fait encore plus de petits câlins. J'ai l'impression que ça nous a rapproché d'avoir vécu cela ensemble. C'est une épreuve dont on est sorti grandi. Et j'avoue que je suis très fière de notre petit bonhomme qui s'en est très bien tiré.
Je trouve qu'on devrait effectivement fêter cet événement aussi bien pour l'enfant que pour la maman. Ce n'a pas été une décision facile à prendre pour moi, et encore moins à appliquer mais au final je ne le regrette pas et la réaction de notre fils m'a conforté. Ce n'est pas forcément l'expérience de tout le monde mais en tout cas c'est la nôtre ;o)
En tout cas bon courage quelle que soit ta décision.
Rédigé par : Vanessa | 01 juin 2010 à 21:42
Je me reconnais absolument dans ce que vous dites. Ma fille Clara a été sevrée à 2 ans et 1 mois par pur accident.
Mais j'en étais exactement au même ressenti que vous, et j'avais la même petite fille et le même rapport très harmonieux.
Ma chance vient d'un petit aphte a la langue que Clara a eu et qui lui a rendu la tétée douloureuse. Elle a essayé puis dit "tété bobo" plusieurs fois, au début en pleurant, puis au bout de 3/4 essais, elle n'a plus demandé à téter, et en quelques jours elle avait oublié cette habitude pourtant aussi encrée que la votre !
J'avoue avcoir bénit cette aphte car comme vous je n'avais pas du tout envie d'entrer en conflit alors que cet allaitement avait été si magique pour nous 2 et je ne voulais pas que ça se termine en combat même si j'en avais un peu marre aussi.
Bref, je ne vous aide pas beaucoup... Parce que un aphte, et de surcroit sur la langue, bah elle en avait jamais eu et n'en a plus jamais eu donc ça s'invente pas.
Mais au fond je pense que vous n'êtes pas encore prête. Et à moins d'un facteur extérieur, vous n'aurez pas encore la force de le faire. On est plus a quelques mois près, faites vous confiance à toutes les deux, ça va faire son chemin !
Rédigé par : Laetitia | 01 juin 2010 à 21:56
Merci à toutes pour vos témoignages, je suis en pleine période de questionnement et cela me fait un bien fou. Je me suis posée la question de nombreuses fois depuis des mois. Questionnant mon envie, mon énergie, me débattant face aux commentaires des uns et des autres, me perdant en cherchant l'un ou l'autre repère... Mon fils a à présent 20 mois et je l'allaite encore chaque matin. C'est une limite que j'ai posée il y a 2 mois environ, une seule têtée par jour au lieu de 2 ou 3 certains jours. Il y a eu quelques exceptions les premiers temps, ensuite ses demandes ont été plus rares en journée et le soir. Le matin au réveil, il s'exclame joyeusement :"Néné!" Il demande encore parfois le sein le soir, par exemple, quand la journée a été un peu plus agitée. Le "non" passe plutôt bien avec un gros câlin et le rappel qu'il aura du "néné" le matin. Cela arrive cependant qu'il insiste, pleure, demande encore et encore... cela me fend le coeur mais je maintiens le non car je sens que c'est juste pour moi (sauf un jour où il était malade). Il est arrivé que son Papa vienne également faire diversion pour soutenir mon "non". J'ai besoin de me redonner de l'espace, ce n'est pas facile.
La situation actuelle me convient assez bien. Mon petit bonhomme semble bien aussi. Il marche depuis longtemps, court, grimpe, fait des cumulets, parle avec un vocabulaire étonnant, fait de petites phrases, adore sortir et rencontrer d'autres enfants ou d'autres adultes... bref il évolue super bien! Face au "non" il se montre assez créatif : "Un petit chocolat alors? Maman dit oui".
Le regard des autres, les "tu comptes quand même arrêter de l'allaiter avant ses 18 ans" me minent régulièrement. Même s'ils ne font pas le poids face au naturel et au plaisir de ce moment privilégié. Si je m'inquiète à nouveau c'est car début juillet, je pars 3 jours en formation... j'ai peur qu'il souffre de mon absence... comme moi de la sienne même si étape par étape le chemin de la vie mènera ce petit oiseau à quitter notre nid.
Rédigé par : Cécile | 01 juin 2010 à 22:04