A moins de vivre comme un ermite vous n’avez pas pu échapper à l’ouragan médiatique qui a entouré la sortie de ce livre (voir blog précédent ici.) J’ai écouté Mme Badinter sur France Inter le vendredi 12 février (émission du matin, et puis la Tête au Carré), et sur France 2 (journal de 13h00 du 15 février.) J’ai aussi lu les interviews dans Le Monde , le JDD, ELLE…. Et puis, et surtout, je viens de lire son livre, et c’est sur le contenu de ce livre que je base ce billet.
Tout d’abord je dois vous dire que c’est un livre passionnant et bien écrit, et que même si je suis loin d’être d’accord avec tout (voir ci-dessous) sa lecture m’a apporté quelque chose, m’a fait réfléchir. Donc je vous recommande de le lire et de vous faire votre propre opinion, et de venir ensuite en parler ici !
Sur de nombreux thèmes, je suis en parfait accord avec Mme Badinter et je pense que son analyse est juste, MAIS sur un point central, celui de l’allaitement maternel, sa thèse est à mon avis erronée --- et elle est erronée car au contraire des autres points présentés dans le livre, qui sont eux, dans l’ensemble, plutôt bien documentés, le sujet de l’allaitement n’a pas été analysé de manière rigoureuse par son auteur. Sur l’allaitement, Elizabeth Badinter laisse parler ses impressions, préjugés, et rejets, et du coup, elle écrit des choses au mieux non prouvées, au pire complètement fausses... Et dans les deux cas montre une vision simplificatrice et réductrice des mamans allaitantes.
Peu de personnes rejetteront une des thèses du livre, fort bien développée, qui est que, pour que le taux de natalité élevé de la France se maintienne, il faut que les femmes puissent continuer à vivre leur maternité comme elles l’entendent, et qu’un modèle théorique de la mère parfaite qui renonce à sa carrière et à sa vie de femme, ne leur soit pas imposé. Si on dit aux femmes, pour être une bonne mère, il faut faire XYZ, et qu’elles n’ont pas le choix, elles feront comme leurs consœurs japonaises, allemandes, ou italiennes, et elles arrêteront de faire des enfants.
Elle compare les politiques natalistes des différents pays européens (dont les pays nordiques toujours cités comme modèles dans ce domaine) et elle démontre que ce ne sont pas forcément les politiques les plus généreuses qui encouragent la natalité, ce sont les politiques qui permettent aux mères d’avoir le choix de travailler ou pas. En gros, il faut un équilibre entre des politiques familiales dites traditionnelles (type allocation pour la mère au foyer), et des politiques familiales permettant aux femmes de travailler si elles le désirent (comme des places en crèche.) Elle montre ainsi que le modèle suédois, bien que très confortable, conduit à un taux de natalité moindre que celui de la France… Et son explication est que ce modèle, bien que généreux, impose un rôle trop formaté aux femmes.
Ce concept clef de la nécessité du choix et du libre arbitre pour les femmes est bien développé et argumenté (et je suis naturellement pleinement d’accord), mais elle le mêle à une autre analyse, celle des dangers du "naturalisme", et j’ai eu parfois l’impression de lire deux livres en un, qu’il y avait deux thèses différentes dans le livre, qui s’entrecroisaient sans jamais vraiment se rejoindre de manière solide.
La première thèse principale expose le danger d’une société inégalitaire qui dirait aux femmes « pour être une bonne mère vous devez quitter le monde du travail et vous consacrer 100% à votre enfant». La seconde thèse principale est celle exposant les dangers du « naturalisme » : Mme Badinter brandit le courant écologique comme l’ennemi de la femme car conduisant par le biais de pratiques telles que l’allaitement long, les couches lavables, le retour à la maison, le cododo, à une subrogation de tous les désirs de la femme, la soumettant complètement à son bébé qui devient le centre de son univers. Dans ce modèle, décrit de manière sarcastique par Mme Badinter, la mère investie à 100% dans son enfant (devenu son nouveau maître), motivée par le sentiment profond de sauver la planète, et embue d’un sentiment de supériorité total par rapport aux autres femmes, s’oublie, oublie sa carrière, oublie son mari, et se prépare des vieux jours difficiles si jamais le dit mari s’enfuit en courant. Donc modèle dangereux selon Mme Badinter.
Là où le livre pèche est que le lien entre les deux thèses n’est pas fait de manière convaincante. Nulle part ne prouve-t-elle que l’essor de ces pratiques « naturalistes » (que d’autres appelleront le maternage proximal) a eu ou pourra avoir un effet direct sur l’inégalité entre les hommes et le femmes ou le rôle des femmes dans la société en France. Elle craint simplement qu’on y arrive (comme dans les sociétés allemande ou japonaise, modèles où le rôle des femmes est très réduit à la sphère familiale) si le courant écologique prend le dessus. Du coup on est vraiment dans le catastrophisme annoncé mais non prouvé : pour que la thèse tienne la route il faudrait d’abord démontrer 1) que le « naturalisme » s’est suffisamment répandu, et 2) qu’il y a un lien direct entre ces pratiques et l’inégalité entre hommes et femmes.
Sur le premier point Mme Badinter essaie de montrer l’essor de ces pratiques écologiques/de retour au naturel en utilisant l’exemple de l’allaitement et en montrant l’augmentation des taux d’allaitement en France, mais on est bien loin d’une situation où l’allaitement au-delà de quelques semaines serait la norme en France. Oui, les taux ont augmenté, mais nous sommes un des pays d’Europe où on allaite le moins et où on allaite le moins longtemps. Crier au loup quand il s’agit de l’augmentation des taux d’allaitement me parait donc un raisonnement pour le moins tiré par les cheveux.
Quant aux autres pratiques de maternage proximal, leur adoption par la population n’est pas mesurée. Ici aussi, Elisabeth Badinter crie au loup. Oui, ces pratiques se développent, oui, la presse en parle, oui on voit de plus en plus de bébés portés en écharpe, oui l’alimentation bio a le vent en poupe, oui le sujet du cododo est légèrement moins tabou qu’avant… Mais de là à traiter ces pratiques comme si elles étaient en passe de devenir en France le nouveau standard de la maternité, il y a un grand fossé à franchir, fossé que Mme Badinter ne franchit pas de manière convaincante.
Quant au deuxième point, qui serait d’établir un lien direct entre ces pratiques et l’inégalité entre les hommes et les femmes, là le livre est muet, et pour cause.
Mme Badinter fait du maternage proximal une description caricaturée, et on sent ici un décalage générationnel, une incompréhension totale : on sent la distance entre une femme qui a l’âge d’être grand-mère, et les jeunes générations de mères qu’elle observe avec beaucoup d’étonnement, et un peu de condescendance. D’ailleurs, en parlant de grand-mère, je me suis prise à imaginer, en lisant le livre, que nous étions peut-être dans une situation où la fille ou belle-fille de Mme Badinter allaite son enfant 3 ans, porte en écharpe, cododote, et couche-lavotte, et où Mme Badinter n’en peut plus d’énervement face à des pratiques aussi archaїques mises en place sous son nez !!! Sans vouloir faire de la psychanalyse de comptoir j’ai eu l’impression en lisant le livre qu’il y avait deux Elizabeth Badinter à l’oeuvre: l’une très rationnelle, bâtissant brique par brique un raisonnement élégant sur la place actuelle des femmes dans la société, les limites du concept d’instinct maternel, les comparaisons éclairantes entre les differents pays… Et l’autre beaucoup moins objective, plus émotionnelle, sarcastique, voir limite méchante, lorsqu’elle décrit les mamans écolo, celles qui allaitent, et les associations de soutien à l’allaitement – comme si elle avait du mal à observer ce qui se passe chez ces mères d’aujourd’hui de manière distanciée, comme si elle observait ces femmes au travers du prisme de sa propre expérience (expérience dont elle se refuse à parler mais qu'on devine bien différente.) Comme si chez elle, la philosophe et la mère (ou grand-mère je ne sais pas) avaient un peu du mal à cohabiter.
Malheureusement elle ne cherche pas trop à comprendre ces mères , et manque carrément d’empathie : par exemple quand elle s’est moquée de celles qui cuisinent du brocoli bio (sur France Inter), elle oublie facilement tout le débat sur les pesticides, la vache folle, et autre joyeusetés de notre alimentation industrielle, joyeusetés qui nous rendent toutes un peu parano quant à ce qu’on met dans l’assiette de nos enfants.
Quand elle consacre un chapitre entier à faire de l’ironie facile sur le dos de La Leche League, elle oublie les milliers de femmes qui ont raté leur allaitement par manque de soutien, d’information, et à cause du machisme qui sévit souvent encore dans le corps médical, et elle oublie les femmes qui ont réussi des allaitements qui leur tenaient à cœur, justement grâce à des associations comme La Leche League. Sur le sujet de La Leche League, j’ai d’ailleurs trouvé le ton vraiment désagréable et les reproches infondés. Qu’on ne soit pas d’accord avec toutes les valeurs de cette association, soit, mais de là à en faire les investigatrices d’un complot planétaire visant à forcer toutes les femmes à allaiter, il ne faut pas pousser mémé dans les orties !
Quand elle consacre plusieurs pages à casser du sucre sur le dos de la CoFAM et son Initiative Hôpital Ami des Bébés, elle balaie d’un geste les efforts d’un groupe justement focalisé sur le respect des mères, des pères, et de leur nourrisson --- respect de leurs désirs et de leur choix, quels qu’ils soient !
Là où je la rejoins cependant, est dans l’idée que le maternage proximal n’est pas adapté à toutes les mères, et qu’il serait dangereux d’en faire l’étalon de la maternité parfaite. Je pense qu'il existe de multiple manières d’être une bonne mère (ou une mère simplement bonne, comme le dit Winnicott), et que nul ne détient de supériorité en la matière. Et qu'il serait dangereux de faire de l’allaitement un des critères de la bonne mère. Je pense qu’il est extrêmement important qu’on n’utilise pas l’arme cruelle de la culpabilité pour faire pression sur les femmes afin qu’elles allaitent. Je crois aussi qu’elle a raison de parler de l’ambivalence de nombreuses femmes quant à l’allaitement, à l’aspect animal/mammifère que cela suppose, et qui ne plaît pas à toutes. Et elle a raison de dire qu’il est parfois difficile, dans un moment de la vie où on est vulnérable, de bien résister à la pression de l’entourage. Alors oui, je pense que certaines femmes, ambivalentes par rapport à l’allaitement, et n’osant dire « cela me dégoûte » (car comment dire cela à sa sage-femme, ou sa meilleure amie qui a elle allaité ?), se rangent derrière des prétextes plus politiquement corrects : je suis pudique, mon mari veut donner le biberon, je n’aurais pas assez de lait, etc. Le fond du problème, est qu’elles n’en ont pas envie et c’est quelque chose qu’il faut profondément respecter. Mais il n'est pas facile d'aborder la discussion sans blesser sur ces questions délicates d’envie et de désir, et de rapport au corps. La grosse difficulté pour le corps médical ou pour tous ceux travaillant dans le domaine est d’arriver à informer sans culpabiliser. Est-ce vraiment possible ? Pas évident quand on voit les réactions à fleur de peau des unes et des autres quand le sujet de l’allaitement est abordé. Sur ce thème, je vous conseille d’ailleurs l’excellent billet de la Poule Pondeuse, ici.
Le problème de fond c’est que Mme Badinter se dit philosophe (en tout cas, chez mon libraire son livre était au rayon philosophie) mais son livre est en fait un ouvrage de sociologie. Elle travaille comme un philosophe (au chaud, toute seule dans son bureau), mais traite de sujets de société pour lesquels, justement, sortir de son bureau, faire des enquêtes, réaliser des entretiens, faire donc, un vrai travail de sociologue, aurait été utile. Sur la plupart des thèmes étudiés dans le livre, ce n’est pas un problème car elle a pu utiliser les études sociologiques réalisées par d’autres, les statistiques de différents organismes, mais quand elle parle de l’attitude des mères par rapport à l’allaitement, elle rencontre un problème majeur : il y a très peu d’études, très peu d’analyse statistiques. Et d’ailleurs, elle le reconnait elle-même : « Il n’est pas facile de savoir ce que les femmes pensent vraiment de l’allaitement aujourd’hui où l’ambivalence maternelle est occultée ».
J’aurais bien aimé, que, devant cet écueil, elle parte à la rencontre d’un échantillon représentatif de mères allaitantes, mais pas du tout. Pas besoin de données ni d’études ni d’entretiens pour définir trois types de femmes allaitantes, ni pour théoriser sur le niveau intense de culpabilisation auquel sont soumises les jeunes accouchées. C’est l’impression de Mme Badinter que nous entendons. Impression qu’elle a formée en faisant quelles recherches ? En parlant à qui ? On ne sait pas. Quand elle généralise sur la culpabilisation dont souffrent les femmes qui écoutent les discours pro-allaitement du personnel médical, qu’est-ce qui permet de dire à Mme Badinter, que ce problème est plus important (quantitativement ou qualitativement) que le problème des mères allaitantes qui sont découragées dans leurs efforts par un pédiatre qui leur conseille de passer à l’allaitement mixte, ou un pédo-psychiatre qu’ils leur dit qu’au-delà de six mois d’allaitement elle sont des mères incestueuses ?
Ni enquête statistique, ni entretiens qualitatifs auprès de mères n’ont apparemment été effectués. Je trouve donc qu’il y a un certain manque de rigueur dans l’analyse, ou du moins que la rigueur n’est pas répartie également dans ce livre. Du coup son analyse parait biaisée, voire parfois, à la limite de l’honnêteté intellectuelle. Par exemple, dans son livre (et c’est un point sur lequel elle a insisté lors de son entretien dans l’émission la Tête au Carré sur France Inter), elle écrit que la meilleure preuve que de nombreuses femmes n’ont, en fait, pas envie d’allaiter, est que le taux d’allaitement est très élevé à la maternité, et se casse la figure ensuite, une fois les mères rentrées chez elles. Mais ici, à nouveau, il ne s’agit que de son opinion, non étayée par une enquête ou une recherche sérieuse : une autre conclusion pourrait être de dire que ces femmes avaient envie d’allaiter mais ont échoué car l’allaitement n’est pas si facile au début, et qu’elles ont été mal conseillées et entourées --- et que donc leur motivation (ou manque de motivation) n’est pas la raison de l’arrêt de l’allaitement…
La vision de l’allaitement qu’elle propose est simplificatrice. Oui, elle dit ne pas être contre l’allaitement et comprendre que certaines femmes s'y épanouissent mais sa vision de l’allaitement est tellement caricaturale que c'est pire qu'une attaque directe. Elle écrit que le discours ambiant exige un allaitement exclusif pendant six mois, et deux ans en mixte. Mais elle fait comme si ces recommandations de l’OMS étaient l’unique norme vers laquelle toutes les mamans allaitantes et tous les professionnels de santé conseillant les mamans allaitantes tendaient en France aujourd’hui, comme si c’était le seul choix possible. Elizabeth Badinter parle d’allaitement comme s’il y avait en France aujourd’hui un discours unique sur l’allaitement, celui prôné par une conspiration de La Leche League et de l’OMS. Rien n’est moins vrai. La Leche League (avec tout le respect que je dois au travail de cette association) n’a pas le monopole du discours sur l’allaitement, et de toute manière même le discours de La Leche League est loin d’être monolithique. Il existe de nombreuses associations de soutien à l’allaitement, il existe de multiples points de vue, de multiples manières de vivre un allaitement.
On peut allaiter trois semaines, trois mois, ou trois ans. On peut remplacer une tétée ou plus par un biberon, soit de lait tiré, soit de lait infantile. On peut faire carrière et allaiter. On peut être féministe et allaiter. On peut avoir une vie de femme épanouie et allaiter . On peut avoir l’allaitement qu’on veut, où on veut, quand on veut. Elle écrit que pour allaiter il faut être en tête à tête avec son bébé 24h sur 24h sans échappatoire. Mais d’une part, biberon ou allaitement, les premiers mois d’un bébé sont intenses, et d’autre part, on peut faire de l’allaitement mixte si on veut, on peut tirer son lait pour donner un biberon au papa, on peut s’organiser en fonction de ses désirs, de son niveau d’énergie. Et non, l’allaitement ne veut pas dire (encore un poncif !) que le papa est mis à l’écart ! En la lisant j’ai vraiment eu l’impression qu’elle n’avait jamais rencontré de maman allaitante de sa vie, et que sa seule expérience du sujet était l’ouvrage d’Eliette Abécassis sur la maternité, livre qui est … un roman !!!
L’autre problème est un certain mépris pour le fait scientifique. Je trouve cela un peu décevant qu’une personne aussi brillante et cultivée écrive tout un livre combattant le «naturalisme » sans parler une seule fois des risques réels et documentés liés aux changements climatiques. Et c’est aussi un peu effarant que la réalité scientifique sur les bienfaits de l’allaitement pour la mère ET pour l’enfant soit à ce point minimisée ou mise sous le tapis. Pendant un des ses entretiens, elle a répondu que de toute manière, les pédiatres changeaient d’avis tous les trente ans sur le sujet, impliquant donc que le soutien actuel du corps médical pour l’allaitement n’était qu’une lubie, et que le contraire serait défendu dans trente ans. Peut-être, mais il y a tout de même (je sais, c’est révolutionnaire de le dire) la notion de progrès scientifique, non ? Les pédiatres ont changé d’avis sur l’allaitement entre les années 60 et nos jours, parce que des études scientifiques ont montré les bénéfices de l’allaitement sur la santé de populations dans leur ensemble – il ne s’agit pas d’un effet de mode.
Au final je trouve que c’est un livre qui pose les bonnes questions mais qui, quelque part, se trompe d’ennemi. Ce qu’Elisabeth Badinter écrit sur l’effet néfaste qu’a eu la crise économique des vingt dernières années sur le travail des femmes -- le fait que quand le monde du travail vous apporte peu, vous donne des salaires inférieurs aux hommes, et peut vous jeter comme un kleenex, il est tentant de rentrer à la maison --- vaut la peine d’être rappelé. A mon sens c’est un thème du livre qui aurait pu être développé beaucoup plus : qu’est-ce qui pourrait être changé dans le monde du travail pour le rendre plus accueillant pour les femmes ? Comment parvenir à cette fameuse parité des salaires qui n’existe dans aucun pays ?
Je ne crois pas que s’arc-bouter sur le courant écologique comme étant l’ennemi public numéro 1 du féminisme soit la bonne priorité. Franchement, si notre seul problème était la pression pour l’allaitement et le passage aux couches lavables, on s’en sortirait très bien, merci ! Ce serait peut-être plus utile de parler du plafond de verre, de l’image extrêmement sexiste véhiculée par la publicité dans la plupart des médias, du manque criant de représentation des femmes dans les instances dirigeantes des entreprises, du manque de places en crèche, du peu d’entreprises qui proposent des horaires souples, de la discrimination à l’embauche, etc. Pour celles qui essaient aujourd’hui de tout concilier, enfants, travail, mari, et vie personnelle, c’est sur ces sujets-là qu’il y a urgence.
Et vous, avez-vous lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?

Merci, ça fait du bien.
Je suis sage-femme libérale. J'essaie d'accompagner toutes mes patientes, pour lesquelles j'ai un profond respect et amour, quelque soit leur choix en matière d'allaitement et autres... Je crois qu'on peut tout concilier si on en a le désir mais pourquoi se sentir coupable si on ne souhaite pas allaiter ou autre, j'ai des tas de patientes qui n'ont aucun problème avec ça. Ce qui me pose vraiment question, c'est pourquoi, si on est au clair avec soit même, se sentir "agressée" par cette soit-disant valorisation ambiante de l'allaitement maternel? Ce qui est sûr, c'est que certaines de mes patientes qui ne veulent pas allaiter se sentent culpabilisées et celles qui veulent allaiter sont envahies de "tu es sûre d'avoir assez de lait" et j'en passe... Quoi qu'on fasse, il y a toujours quelqu'un pour trouver que ce n'est pas le mieux... Alors que chacune respecte l'autre et fasse ce qui est bien pour elle.
Quant à E. Badinter, elle me sidère!!!
Emmanuelle, Sage-femme, mère allaitante, couche-lavante et brocoli bio mais qui a travaillé jusqu'à 15 jours de son accouchement et a repris à peine 10 semaines plus tard (bouh...) et heureuse en ménage (enfin j'espère!!)
Rédigé par : Emmanuelle | 17 février 2010 à 20:42
http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2764
Rédigé par : Céline | 17 février 2010 à 21:23
Merci pour ces propos clairs et structurés!
Je l'avais entendue sur France Inter mais je me sentais mal sans pouvoir exprimer ce mal-être, je me sentais attaquée injustement, je la sentais à côté de ma réalité mais je ne savais pas comment mettre des mots sur tout cela. Merci de l'avoir fait, je me sens mieux!
Rédigé par : angele | 17 février 2010 à 21:24
Je ne sais pas sur quoi Elisabeth Badinter se base. Mais en tant que mère qui allaite j'ai plutôt le sentiment contraire. Dès qu'il y a un problème on vous conseille d'arrêter d'allaiter (douleurs aux seins, problème de prise de poids du bébé etc...) et les associations ne forcent pas quelqu'un qui n'a pas envie à allaiter.
L'allaitement et les couches lavables sont en général des choix personnels.
Je vous conseille de lire le lien d'arret sur images c'est très intéressant.
Rédigé par : Céline | 17 février 2010 à 21:31
Depuis la journée "Badinter sur France Inter", j'attendais avec impartience votre réaction. Et j'en suis vraiment heureuse. En effet, je vous remercie pour votre analyse très pertinente que je partage entièrement. J'allaite mon enfant de 5 mois, jusqu'à quand? Jusqu'à ce que lui et/ou moi décidIons d'arrêter. J'utilise des couches lavables depuis 1 mois et en suis ravie. Je porte mon enfant en écharpe ce qui est beaucoup plus pratique dans les transports en commun, les escaliers, etc... Mon mari, notre fils et moi faisons du cododo car c'est beaucoup moins fatigant la nuit que d'avoir à se lever, et pourtant j'avais un apriori défavorable. Et pour finir, je trouve que je fais beaucoup d'économie et m'épanouie dans cette approche de la maternité, tout en étant une féministe convaincue! Mon mari et moi y trouvons une très grande liberté.
grande liberté.
Rédigé par : Alexandra | 17 février 2010 à 22:04
Remarquable analyse du livre et des propos, c'est assez impressionnant, bravo ! je ne rajoute rien, je n'aurais pas dit mieux .... Merci de nous faire partager cette analyse que je trouve plus qu'objective !
Rédigé par : Laurie | 17 février 2010 à 23:05
merci pour ce commentaire minutieux et intéressant.
Rédigé par : Sophie | 17 février 2010 à 23:39
Lorsque la semaine dernière je suis tombée sur l'émission à france inter je n'en croyais pas mes oreilles...et lorsque le soir j'étais en train de faire un bref résumé à mon compagnon , il me regardais d'un air qui sous-entendait que LA j'en faisais un peu trop. Mais à ce moment précis Mme E.Badinter passait aux infos...et bien mon cher et tendre à du s'assoir.
Suite à tout cela nous pensons qu'elle essaye de mettre des gens dans des cases , quelle a des idées trés arrêté et sans fondements.Nous avons fait des choix qui nous correspondent point.
Depuis 6 ans j'ai fait le choix d'allaiter le plus longtemps possible donc je tirer le lait au travail et j'ai le sentiment de devoir toujours me justifier et non que cela soit à "la mode"sans compter que je suis toujours comparée au bib (la référence)... ce n'est pas pour cela que je critique ou je juge celles qui ne font pas comme moi, à chacune à trouver son équilibre ;mais il est quand même plus facile de passer du sein au biberon que l'inverse et je maintient que les informations pour promouvoirs l'allaitement maternel dans les maternitées ne sont pas encore trés bien fait .Des progres restent encore à faire (je parle pour mon vécu), heureusement que j'étais super documentée et motivée...d'ailleurs je ne sais d'où viens toute cette énergie qui me permet de continuer ...sûrement pas de l'instinct maternel: il n'exite pas (dixit E.Badinter).
Pour finir je vous remercie pour votre analyse car je ne pense pas avoir le temps de le lire ni sincérement l'envie.Cela me permet d'en avoir une approche,désintéressée et pertinente.
Cela ne me conforte que plus dans mes choix de maternage proximal, de portage mais surtout dans celui de mon allaitement.
Bien le bonsoir
Rédigé par : Ingrid | 18 février 2010 à 00:19
J'adore votre blog. J'adore votre site. Felicitations pour tout ce que vous faites. C'est genial.
Rédigé par : ML | 18 février 2010 à 03:15
ci joint l'excellent lien d'arrêt sur image sur les liens entre Mme Badinder, les laits en poudre, les couches jetables et la publicité ..... Eclairage très intéressant
http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2764
Rédigé par : Laurie | 18 février 2010 à 09:38
Je n'ai pas lu le livre mais j'ai écouté France Inter toute la journée. J'ai été choquée par les propos de Mme Badinter et me suis sentie attaquée par quelqu'un qui ne semblait pas bien connaitre son sujet, je suis maman de 2 enfants et j'ai plutôt eu la sensation à chaque allaitement de devoir me battre pour allaiter comme je l'entendais, surtout pour le 1er, où a-t-elle vu une pression pour que les femmes allaitent absolument ? vraiment je ne sais pas. Je parle en connaissance de cause, je suis par ailleurs infirmière puéricultrice et si nous les professionnels de santé essayons d'informer au maximum pour que chaque femme fasse ses choix, je n'ai jamais été temoin de pression sur une femme pour qu'elle allaite.
J'ai effectivement eu le sentiment aussi qu'elle "reglait un compte", je ne sais pas lequel mais une femme de sa pointure devrait retenir ses sarcasmes, cela lui enlève de la credibilité. En ce qui concerne l'OMS elle a dit que les recommandations quant à un allaitement prolongé de 2 ans avaient été formulé sur la pression de catholique extremiste nord Americain, elle oublie les études scientifiques. Je suis un peu en colère car tout le travail que les personnes chargées d'entourer la naissance et d'informer au plus juste se voit un peu ébranler par cette intellectuelle à qui on donne une importance impressionnante. Je suis déçue que l'on donne autant de place à quelqu'un qui ne base ses propos que sur des sentiments qui lui sont propres et non sur des études serieuses.
Elle m'a fait l'effet d'une femme agacée par d'autres femmes avec qui elle est en total décalage et décal-âge bien sûr. Peut elle comprendre une trentenaire qui a des enfants aujourd'hui ? Elle ne comprend pas par exemple qu'on ait pas envie de prendre la pillule chaque jour pour certaine d'entre nous ... avancée scientifique oui mais est-on obligé de se conformer aussi à ce modèle que les féministes des années 70 nous ont transmis ? et si nous avions autre chose a inventer...
Rédigé par : Jenny | 18 février 2010 à 09:38
Je viens de lire avec attention votre post, j'en ai apprécié la construction et la réflexion. Néanmoins, je tiens à porter votre attention, que parmi toutes les femmes qui ont pris la parole pour y réagir, aucune n'a PAS allaité par CHOIX. Je ne suis pas là pour parler de moi mais je trouve REVOLTANT que l'allaitement soit considéré comme allant de soi, encore aujourd'hui et, comme l'a très justement fait remarqué une personne dans son commentaire, un peu plus haut, lorsque vous annoncez que vous n'allaiterez pas, s'ensuit toujours un petit silence gêné et désapprobateur. Je suis allée me renseigner sur ce qu'était le "maternage proximal", une nouveauté pour moi, et je suis stupéfaite du conditionnement que l'on tente d'imposer aux femmes. Je joins le lien, http://ecoloinfo.com/2009/07/08/quest-ce-que-le-maternage-proximal/
C'est instructif, n'hésitez pas!
mais mon passage préféré est quand même celui où les difficultés de l'allaitement sont évoquées: "Le lait maternel est le meilleur aliment pour le nourrisson. C’est aussi la façon la plus simple de nourrir son enfant : un lait toujours disponible, à la bonne température, pas de matériel inutile ou de stérilisation à prévoir. Simple, rapide… et gratuit !(...)Toutefois, certaines femmes n’arrivent pas ou ne souhaitent pas allaiter. Dans le premier cas, il est vrai que le démarrage n’est pas évident pour toutes. A la maternité, les sage-femmes donnent les premiers conseils. Sachez que l’allaitement est devenu très “tendance” et qu’on trouve désormais de nombreuses associations qui soutiennent les femmes dans leur volonté d’allaiter. Il existe aussi des “consultantes en lactation” qui peuvent venir vous observer chez vous et trouver ce qui ne va pas.
Des crevasses ? Le plus souvent une mauvaise position du bébé que l’on peut rapidement corriger.
Des régurgitations ? Peut-être une allergie au lait de vache… La maman peut arrêter le lait pendant quelques jours pour voir si ça passe.
Pas assez de lait ? Elle donnera quelques conseils pour stimuler la lactation.
L’allaitement doit être naturel et facile. S’il est douloureux, mal vécu ou devient un calvaire pour la maman, il faut en parler, sans crainte d’être jugée. Le métier de parent s’apprend sur le tas, faisons confiance à ceux qui savent !
Pour celles qui ne souhaitent pas allaiter, c’est une autre histoire. Je lisais l’autre jour sur un forum une maman agacée par cette tendance pro-allaitement et qui disait “je ne suis pas une vache à lait!”. Certes… mais n’oublions pas que nous faisons partie de l’ordre des mammifères et que c’est dans nos gènes. Il y a certainement des causes profondes à ne pas vouloir allaiter mais nous entrons là dans un autre débat… Chacun doit rester libre de faire comme il veut !"
A quel moment notre liberté de choix, de vie est respecté? A quel moment l'allaitement est ou pas un choix fait en toute liberté????? Vous parliez d'objectivité: où est-elle????
Peu importe que j'ai allaité ou pas, je suis LIBRE DE CHOISIR et PERSONNE n'a le droit de juger mon choix, ni de m'imposer quoique ce soit!....
Alors je n'ai pas encore lu le livre d'Élisabeth Badinter, mais j'applaudis de 2 mains son combat pour la liberté et l'égalité des femmes!
Rédigé par : Sophie | 18 février 2010 à 09:52
Elisabeth Badinter works for PUBLICIS, whose major clients are (1) Procter & Gamble (read Pampers) and (2) Nestlé. I consider her entire argumentation discredited on that basis alone.
Rédigé par : The Globetrotter Parent | 18 février 2010 à 10:01
Merci Ségolène, pour cet article aussi bien ficelé que passionnant.
Je vis en Allemagne et n'ai donc pas subi tout le remue-ménage médiatique que je viens de découvrir grâce à vous. J'ai tout de même la TV française et le résumé que j'ai entendu de ce livre m'a amenée à me demander si Mme Badinter parlait plutôt de l'Allemagne que de la France ;o)
J'ai allaité mon 1er enfant pendant 8 mois (jusqu'à ce qu'il décide qu'il y avait plus intéressant que le visage de maman pendant les repas ;o) - il a aujourd'hui 21 mois) et j'allaite actuellement mon 2e enfant (aujourd'hui 3 mois).
Mon fils a fait son premier voyage en France à 3 mois, en plein allaitement exclusif donc et j'avoue que j'ai vécu dans notre beau pays exactement l'inverse de ce que Mme Badinter décrit.
À part une de mes tantes, je suis la seule femme à avoir allaiter dans ma famille et toutes ces femmes (mère, grand-mère, cousines, grandes-cousines, belle-mère de tante, belle-sœur et j'en passe) qui n'ont donc jamais fait l'expérience de l'allaitement n'avaient de cesse de vouloir me déstabiliser : "l'allaitement, c'est moche" (je ne l'invente pas, entendu tel quel), "t'es sûre que tu as assez de lait ?", "ses selles sont bizarres quand même !", "à mon avis, il ne boit pas assez !", "quoi, tu l'allaites encore, mais ça ne fait que 2 h depuis la dernière tétée ?", "ah bon, tu lui donnes les 2 seins ?"...
J'ai donc plutôt l'impression que les propos de Mme Badinter sont le reflet d'une tendance majoritaire en France. Les mères allaitantes y sont une minorité et les mères qui allaitent plus que quelques jours/semaines une minorité au sein de cette minorité. Elle crie donc au loup dont on ne voit même pas le bout du museau.
La France a un fort taux de natalité que lui envie plus d'un pays européen (Allemagne inclue). Les femmes peuvent reprendre le travail plus vite... ou le doivent même, non ? Sinon, elles passent pour des fainéantes qui se la coulent douce à la maison à materner bébé ? La pression exercée ne serait-elle pas plutôt ici ?
Comme souligné par Ségolène, les problèmes ne sont pas à trouver dans le bio (euh... ce n'est pas plus long de faire cuire du brocoli bio que du brocoli non bio) ni l'allaitement, les problèmes sont à trouver et à résoudre dans le monde du travail. Oui, nous femmes avons maintenant accès aux études, oui, nous sommes diplômées et compétentes. Quelle perte pour la société (qui investit dans les études de ces femmes) que le monde du travail nous dégoûte si rapidement !
Bon, je retourne à mes fourneaux, euh non, pardon, à mon ordinateur, le boulot m'appelle avant d'allaiter la Miss. Je travaille en libéral : ma solution pour tout combiner (vie de femme, carrière, bébés) et échapper aux frustrations professionnelles.
Rédigé par : Emmanuelle | 18 février 2010 à 10:06
Bonjour, une petite réponse pour Sophie. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je suis ENTIEREMENT d’accord avec vous pour la liberté de choix. Et je pense que le maternage proximal n’est vraiment pas pour tout le monde, moi-même je ne pratique que certains aspects de cette manière de materner (allaitement et un peu de cododo au début) mais je travaille à plein temps, ma fille est en Pampers et je ne cuisine pas très bio. Je vous supplie (sérieusement) de lire tout mon article car justement je crois à une vision de l’allaitement plutôt cool et souple et variée, et suis absolument contre tout type de diktat. C’est ce que j’ai écrit bien clairement, notamment voir tous le très long paragraphe où je m’élève contre la culpabilisation des mères. Surtout, ne méprenez pas mon intention car je pense que chacune doit vraiment choisir ce qui lui convient le mieux. La raison pour laquelle les commentaires viennent tous de mamans allaitantes est parce que ce blog a été envoyé aux abonnées à la lettre d’information de mamaNANA, qui sont des mamans allaitantes, puisque justement ce site propose des vêtements d’allaitement.
Rédigé par : Ségolène de mamaNANA | 18 février 2010 à 10:25
Bonjour,
je comprend tout à fait votre point de vue et je ne l'ai pas attaqué, car votre argumentation est claire et réfléchie.
Je ne suis, effectivement, pas d'accord avec certaines choses surtout en ce qui concerne cet article dont j'ai joint le lien. Bien sûr, chacune fait en fonction de ses convictions, mais avouez quand même que la phrase "Pour celles qui ne souhaitent pas allaiter, c’est une autre histoire.
Je lisais l’autre jour sur un forum une maman agacée par cette tendance pro-allaitement et qui disait “je ne suis pas une vache à lait!”. Certes… mais n’oublions pas que nous faisons partie de l’ordre des mammifères et que c’est dans nos gènes. Il y a certainement des causes profondes à ne pas vouloir allaiter mais nous entrons là dans un autre débat… Chacun doit rester libre de faire comme il veut" ne donne pas vraiment le sentiment de "faire comme on veut" justement, puisqu'apparemment, ne pas allaiter relèverait de "causes profondes" inconnues!!! Il n'y a pas, à mes yeux, pas plus de causes profondes à ne pas vouloir allaiter qu'à vouloir allaiter.... ce que je veux juste dire c'est que faire le choix de ne pas allaiter n'est pas un désordre de la personnalité, ni un refus de la mère, ni un manque d'amour maternel ou autre....
Mais je n'ai en aucun cas dit ou pensé que vous prôniez l'allaitement à tout prix, je trouve que la societé en général, et de plus en plus, à mon grand regret, met en avant un modèle de "comportement maternel" et que si vous ne suivez pas ce chemin, pour quelque raison que ce soit (bonne ou mauvaise, peu importe!), on vous fait sentir que vous "fautez", c'est cela que je dénonce....
Je trouve très bien de donner la parole, ce que vous faites, mais toutes les femmes allaitantes ou non ont voix au chapitre... Sur votre blog ou ailleurs.
Rédigé par : Sophie | 18 février 2010 à 10:54
Enfin une autre voix que celle de Mme Badinter !!Que de clichés !!
Je ne suis pas une maman écolo et pourtant , Hortense a été allaitée 11 mois avec bonheur et détermination !!Détermination car j'ai dû lutter contre la génération précédente !! ma mère , ma soeur et autres trouvaient cela avilissant et d'un autre âge !!
Etant hôtesse de l'air , mon métier ne me permet pas de travailler et d'allaiter . Ne pouvant plus prolonger mon congé sans solde ( car le congé parental n'est pas rémunéré contrairement à ce que dit notre cher Président de la République )
C'est donc pour des raisons financières que j'ai arreté l'allaitement au bout de 11 mois et par choix .
Alors cela m'agace vraiment d'entendre que l'on force les femmes à mettre leur bébé au sein .
Valérie
Rédigé par : valerie | 18 février 2010 à 11:02
Pourquoi a-t-on le droit de dire que fumer peut provoquer des maladies graves, sans que cela soit jugé culpabilisant, et n'a-t-on pas le droit de dire que ne pas allaiter protège moins votre bébé?
Oui, informer sans culpabiliser c'est difficile, mais franchement, on se cache derrière le petit doigt. Le biberon libère la femme de quoi? du marketing? ça me fait bien rire.
Sinon je suis fondamentalement d'accord avec votre billet, mais j'en ai ras le bol d'entendre des commentaires négatifs autour de mon allaitement...
Maman allaitant depuis 5 mois, cadre sup tirant son lait au travail depuis 3 semaines... heureuse en ménage, ayant fait du cododo 3 mois, passant aux couches lavables parce que les produits cancérigènes me dégoûtent, mettant une écharpe parce que la poussette fait 15 kg, mangeant bio parce qu'il y a moins de pesticides... Tout est rationnel dans mes choix. Santé, santé, santé, dans une famille envahie par les cancers.
Rédigé par : Valentine | 18 février 2010 à 12:01
Très intéressant!
Le ton cynique à propos de l'allaitement de mme Badinter me fait penser à une femme frustrée (de sa propre maternité?)...la façon dont elle décrit les mères "écolo",l' OMS et la LLL décrédibilisent son analyse de la société actuelle. Elle manque de recul et d'objectivité.
Je sais bien que les femmes de sa génération ont fait un travail nécessaire (rompre avec la domination masculine), mais cela ne veut pas dire que nous devons renoncer à une maternité épanouie et naturelle. L'égalite entre les sexes se construit justement dans le respect des différences entre hommes et femmes...
Mme Badinter a du mal à comprendre ce développement du féminisme différentialiste et non égalitariste comme à l'époque des MLF.
Rédigé par : Bigou, Pays-Bas | 18 février 2010 à 12:48
Pour rebondir sur le message de Bigou concernant le féminisme, je pense qu'il existe effectivement 2 formes de féminisme : celui qui renie toute féminité (pour être un autre "homme") et celui qui affirme la féminité (le droit d'être femme ET d'avoir les mêmes droits que les hommes).
Et à l'image de Valérie plus haut, il faut justement faire preuve d'un féminisme certain et déborder d'assurance et de confiance en soi pour allaiter sereinement et tranquillement en France.
Rédigé par : Emmanuelle | 18 février 2010 à 13:58
Je trouve que ce sont les mamans qui veulent allaiter et avoir une relation proche avec leurs enfants qui sont les victimes de la société. Rien n'est fait pour ce choix là. D'autre part, tout dans la societé oblige la femme à aller bosser et à planter son enfant ou elle peut en creche ou en nounou et hop, adieu l'allaitement. Et ça, ça veut bien dire que la femme n'a pas reussi sa revolution. Elle n'a pas de légitimité.
Je pense que Badinter est depassée. Elle est issue de cette vieille génération d'intellectuels qui a tout eu sans effort et qu'elle est incapable de saisir les profonds changements actuels qui se font par nécessité et non par raisonnements froids et academiques.
Rédigé par : zabeth | 18 février 2010 à 14:04
Un grand merci pour cette analyse !
Rédigé par : Séverine Halimi-Falkowicz | 18 février 2010 à 14:33
Pour Sophie: merci pour votre second billet explicatif. Je crois que nous sommes d'accord sur le fond. L'essentiel pour moi c'est l'amour qu'on donne. Je suis bien d’accord que toutes les femmes ont droit à la parole sur ce sujet, et que toutes ont le droit d’être mères comme elles l’entendent.
Rédigé par : Segolene Finet | 18 février 2010 à 16:09
J'ai écouté France inter en allant au boulot et j'ai regretté de ne pas avoir la possibilité de lui répondre.
Ma fille a 2 ans, quand elle est née, j'avais envie d'essayer d'allaiter mais sans plus, si je n'y arrivais pas, c'était pas grave. A la maternité, j'ai eu des conseils totalement divergents mais mon bébé était super et malgré quelques difficultés que nous avons eu du mal à comprendre, nous avons réussi. Le papa lui donnait le bain et s'en occupait autrement, il n'a jamais été mis à l'écart. Je l'ai allaité exclusivement pendant 6 mois et jusqu'à son 1er anniversaire en complément de la diversification. J'ai eu un congé parental de 6 mois parce que j'en avais envie et j'ai repris le boulot à 80%. J'ai une super nounou qui soutient les mamans allaitantes et qui épanouit les enfants.
Je me suis sentie très féminine durant toute cette période et je me suis lancer dans une nouvelle passion qui conduit à l'ouverture aux autres.
Cependant, la société n'est pas prête à tout cela.
Au travail, j'ai souvent des réflexions sur ma journée hebdommadaire d'absence, il faudrait désormais être disponible à tout moment. Un collègue a choisit une option ARTT qui lui permet d'être absent au mêm rythme que moi mais il n'a pas droit aux mêmes reflexions car lui n'est pas en "babysitting" mais en RTT !!!!!!!
Chercher à opposer différtents types de femmes allaitante ou non, écolo ou consommatrice ne ferra pas progresser notre reconnaissance ni nous faire gagner en égalité dans le domaine professionnel.
C'est en se respecatnt mutuellement que nous progressesrons peut-être, les mentalités sont dures à faire bouger et les pires ne sont pas toujours les hommes !
Rédigé par : Julie D | 20 février 2010 à 14:56
"on ne peut pas être femme sans être féministe. Ce n'est pas une affaire de militantisme,juste une question de regard posé sur l'existence" Jane Campion. je pourrais rajouter que l'on peut être féministe et maman allaitante sans y voir d'opposition. Je pense également que nous avons d'autres batailles à livrer : violence conjugale, mariage forçé, condition de la femme dans les banlieues ... Même en france, dans certains lieux,le statut de la femme s'est dégradé au point que des jeunes filles subissent plus de pressions sociales que les générations précédentes. Alors franchement, tout ce battage autour l'allaitement, du maternage proximal, cela me semble dérisoire....
Rédigé par : jennifer | 20 février 2010 à 16:11