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17 février 2010

Commentaires

Béatrice

Merci beaucoup Ségolène pour ce compte rendu !

Emilie

Je crois en effet que les mamans qui allaitent à l'heure actuelle n'ont plus tout à fait les mêmes contraintes qu'il y a une ou deux générations.
Je n'ai jamais subit aucune pression pour allaiter, ni à la maternité, ni ailleurs... Au contraire : mon pédiatre ne m'a pas donné l'ombre d'un conseil. Si j'ai "raté" mon premier allaitement, ce n'est pas juste parce que j'avais repris le travail, c'est parce que je n'avais aucune informations (ou pire : de mauvaises informations) sur l'allaitement. Heureusement depuis j'ai découvert le site de la Leche League, Mamanana et d'autres aides dénichées sur internet. En ce qui concerne la Leche League ou l'OMS, j'aimerais rappeler que ces organismes nous conseillent sur la base de vrai études scientifiques et non d'après des préjugés.
En effet, quand j'ai essayé de dire à mon médecin que nous (les femmes) étions tout de même un peu "faites" pour allaiter (sous-entendu que cela nourrissait suffisamment mon bébé et qu'il n'était pas utile d'introduire du lait artificiel), il m'a répondu "oui... c'était vrai à l'époque de l'homme des cavernes !" Et la fois suivante, il m'a dit de ne pas allaiter plus d'un an sous peine de grosse ostéoporose dans mes vieux jours ! Ce médecin est pourtant sympathique et plein de bon sens par ailleurs.
Je ne sais pas d'où viens cette fameuse pression dont parle Mme Badinter, mais pour ma part j'ai fait tous mes choix (allaitement, couches lavables, accouchement à domicile) toute seule, et gentil mari s'est souvent contenté d'approuver.
Et maintenant : je travaille, j'allaite un bibou de 9 mois... et papa lave les couches !

Rachel

Merci pour ce texte! bien document, bien écrit, équilibré... que demander de plus? : )
C'est aussi l'impression que j'avais en écoutant E.Badinter (je n'ai pas lu le livre), celle qu'en fait elle s'attaque à un monde qu'elle ne connaît pas vraiment, ou seulement par préjugés et ouï-dire. Des choses qui choquent tellement son esprit de féministe qu'elle ne peut pas les envisager, ni les comprendre. Ce qu'elle dit est tellement caricatural que cela donne cette impression de manque de recul, d'étude des ces "mères écologiques" qu'elle décrie tant.
Par contre, ce que je trouve carrément scandaleux, c'est c'est sa critique de La Leche League, complètement caricaturale elle aussi, on voit bien qu'elle ne connaît pas non plus le sujet.


Rachel

Le titre de son livre est très représentatif de ce manque de compréhension de ces "mères écologiques" qu'elle critique: "le conflit, la femme et la mère"... tout un programme! Etre femme OU être mère seraient donc des choix distincts, en conflit l'un contre l'autre, et il faudrait absolument "choisir son camp" (sous-entendu: la femme, bien sûr...)
Personnellement, je ne me suis jamais sentie aussi femme que depuis que je suis mère... mais bon, ça, elle ne peut probablement pas l'envisager...

PS: je travaille, j'allaite depuis environ 9 ans sans discontinuer (3 enfants l'un après l'autre...) et le papa fait le gros du ménage... elle n'a jamais rencontré des gens comme ça Mme Badinter????

Delphine

Je n'ai pas lu le livre mais j'ai ecouté en partie l'emission sur France Inter.

Je n'etais pas d'accord sur tout mais ce que j'en ai retenu par rapport à l'allaitement ce n'était pas une dénonciation de l'allaitement mais un rejet de la "sacro-sainteté" de l'allaitement et de la pression sociale qui va avec. Et surtout que chaque femme doit etre libre de choisir l'allaitement ou le biberon et meme de changer d'avis.

Personnellement j'ai choisi d'allaiter parce que j'en avais envie. Et j'ai allaité le temps qui me correspondait. Je suis tres contente des moments partagés avec mon enfant et de cette expérience si particulière.
Mais il est vrai que les premieres questions qu'on vous pose à l'annonce de votre grossesse c'est "Tu vas allaiter ?" et un peu un silence quand la reponse n'est pas positive.
On a l'impression c'est vrai que l'allaitement est l'unique bonne voix possible et je trouve ca dommage. J'ai d'ailleurs détesté le mot "sevrage" !

C'est important que chacune fasse son choix par rapport à ce qu'elle ressent, a envie.
Et qu'elle soit soutenue, epaulée. Les conseils des sages femmes ou des associations sont precieux.

cyann

merci

Florence

Merci pour cet article, qui, contrairement au livre de Mme Badinter, est basé sur du concret ! Autre mérite que tu auras eu, c'est de m'encourager à lire ce fameux livre. Jusque là, c'est mon mari qui souhaitait que je le lise (et le lire, soit dit en passant !), mais moi, j'avais peur que ça m'irrite trop, toute allaitante, maternante et couche-lavante (et plus épanouie que jamais !!) que je suis... Grâce à ton article, je sais à peu près à quoi m'attendre, et ton analyse de la situation rejoint assez bien les impressions que j'avais eues à lire des interviews de Mme Badinter.

leda

Ségolène, votre post est remarquable. Vraiment. Merci de discuter avec autant d'honnêteté et de rigueur la pensée d'E. Badinter.

caroline

...merci pour ce décorticage de l'argumentaire en effet probablement un peu "réactionnel" de Mme Badinter. Il m'est revenu, l'entendant sur France Inter, des bribes d'un entretien sur une autre radio publique, où elle déclarait avoir été détestée par sa propre mère...J'arrêterai ici la psychologie de cuisine (celle de comptoir, c'est pour les hommes, hein). Il reste que j'ai ressenti parfois un certain malaise face à certaines mères "écolo-macrobio" comme j'en plaisante, qui sous prétexte de maternage proximal,d'éducation non violente (non que je sois adepte de la fessée, comprenez bien), évitent à leurs enfants toute confrontation à la frustration, à l'expérience de la contradiction, aux limites -et refusant également que d'autres adultes les y confrontent...en bref, les empêchent de renoncer à la toute puissance. Et là, ça me fait peur. Sensibilisée certes professionnellement, mais d'abord enfant (hé oui... la frustration, c'est structurant!), puis parent, certaines dérives (possibles dans tous les courants de pensée,réactionnaire ou non, quelque soit le côté de la barrière où l'on pense se trouver)laissent rêveur- et pas forcément en rose.
Le "problème" de l'allaitement, pour moi, recouvre encore les limites de la lutte des classes: en gros, allaitent longtemps des femmes issues de milieux plutôt aisés, avec capital culturel important. On sait aussi qu'il aide à prévenir (entre autres) les troubles de l'attachement, et avec ceux-ci la maltraitance (merci les hormones!)...qu'il serait dix fois plus profitable aux femmes (et enfants, et pères, aussi!) des classes défavorisées, or c'est chez celles-là qu'il est le moins répandu...Car les "pauvres" veulent être de la partie, et consommer, comme les riches! Et l'allaitement, ça coûte rien; ça ne fait pas de volume dans le caddie qu'on remplit dans les rayons d'ouchan, ou carretour; pas plus que les couches lavables ou l'écharpe, roulée dans le sac à main - inexposable, donc non valorisable comme preuve de richesse...
Voilà où en est mon analyse de ce phénomène regrettable (peu d'allaitement chez les "pauvres"). Quant au risque de "trop d'allaitement chez les riches", ça ne m'empêche pas de dormir - en tous cas, moins que les dérives, etc,voir la parenthèse plus haut.

Bon allaitement à celles qui y sont encore (c'est mon cas, pour la 3e fois, sans congé parental- c'est le papa qui est à mi-temps, et gère les courses, lessives, popote...encore un rebelle aux statistiques!)

pâte à crêpe

Bravo pour ce compte rendu, vous mettez parfaitement en mots les arguments et mon ressenti face au discours de Mme Badinter, notamment sur l'impression d'incompréhension face au décalage générationnel. Les grands mères d'aujourd'hui ne devraient pas se sentir insultées ou trahies dans les combats qu'elles ont menés hier par les actions et les combats des mères d'aujourd'hui.
Encore bravo et merci. J'adresse ce lien à ma mère!

caroline

...et bonne fin de psychanalyse à Mme Badinter?...

Rachel

j'ai commandé le livre je l'attends, j'ai lu beaucoup d'articles, d'opinions, tous excessifs, pros ou cons... merci pour ce commentaire enfin modéré, et non "buyist"... autre "détail" : je déplore également que Mme Badinder ne soit pas plus ouverte pour discuter de son impartialité potentiel du fait de sa double casquette philosophe/2ème actionnaire de publicis dont 2 des plus gros clients sont nestlé (lait en poudre) et pampers; je suis sûre que ses convictions sont "clean", mais son manque de transparence nourrit le doute... http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2764

Anne

merci pour ce compte rendu très bien écrit je trouve! J'avais entendu son interview sur france inter et ma foi ça ne m'a donné l'envie de dépenser quelques euros pour son livre, à un moment où je cherche déjà le temps de lire un roman.
Et j'avoue qu'à la lecture de ce billet, je n'achèterai pas plus un livre que je n'aurai vraisemblablement pas envie de terminer.

Suite au reportage, ma première impression a été une impression d'intolérance totale par rapport au fait d'ouvrir les yeux aux autres. Finalement en prônant l'évolution féminine, on dirait qu'elle souhaite emprisonner les femmes dans un autre carcan, semblable à celui des hommes.

Pour mon compte, je pense que la question de l'égalité homme/femme doit être dépassée, dans la mesure où on compare des choses parfois incomparables, pour laisser place à la notion de libre choix.

Et pour la petite histoire Mme Badinter, j'allaite mon fils de 2,5 ans sans me sentir emprisonnée et en travaillant ;o)

Anna

Mille merci pour ces mots si justes!!!
Et puis, vive l'allaitement maternel!

aurélie

Le conflit ne se situerait-il pas ailleurs qu'entre la femme et la mère ? Ne serait-il pas entre 2 camps qui se retranchent chacun sur ses positions.
Pour ma part je voulais acheter ce livre mais je trouve qu'il donne lieu à une polémique menant,une fois de plus, à un débat stérile qui n'apporte rien d'utile aux mamans bien a contraire. Les commantaires que j'entends depuis près d'une semaine laissent croire aux mamans qu'il faut choisir son camps. Cela est culpabilisant car, quoi que l'on fasse, on entend dire que ça ne va pas puisque soit on renie son identité de femme, soit on n'est pas une bonne mère.
Une femme peut s'épanouir en maternant alors qu'une autre peu ne pas être épanouie en maternant, j'ai l'impression que le libre choix des femmes est mis de côté dans cette polémique. Pourquoi ne pourrait-on pas être un peu des deux ? Une femme qui allaite peu utiliser des couches jetables et une femme qui donne le biberon des couches lavables. Les femmes ne sont-elles pas suffisament responsables pour faire leur propre jugement sur ce qu'elles veulent faie pour vivre une maternité la plus sereine possible ?

véro

très bonne analyse de ce livre ! Je ne l'ai pas lu, mais j'ai regardé pas mal d'interviews télévisés. Ce qui m'a d'ailleurs choqué, c'est que les journalistes ont foncé droit dans le panneau et tout a été focalisé sur l'allaitement.
D'ailleurs, il serait intéressant de connaître sa propre expérience maternelle, si elle a allaité ou souhaité allaiter; A l'occasion c'est une frustrée !!! mal conseillée !!

Je trouve en tout cas tout cela bien réducteur comme si tout était noir ou blanc.
Ma fille a bientôt 16 mois et je l'allaite toujours en travaillant . J'ai peu utilisé l'écharpe( plutôt le porte bébé mono-bretelle baby monkey), et je ne suis pas prête pour le retour des couches lavables chez moi !!!
UNE FOIS DE PLUS, L'IMPORTANT EST DE TROUVER CE QUI CONVIENT LE MIEUX A MAMAN, BEBE ET PAPA !
Autre point qui m'interpelle : s'il y as i peu de mères qui allaitent au delà de quelques semaines, c'est parqu'on leur a rentré dans le crâne que bébé devait être sevré pour la reprise.La maman a à peine le temps d'être à l'aise avec son bébé, son allaitement, ses nuits, qu'il faut retourner au boulot !! Peu d'informations sont délivrés quant à l'utilisation d'un tire-lait, de la congélation du lait maternel et SURTOUT du DROIT A 1 HEURE (fractionnable) POUR ALLAITER OU TIRER SON LAIT, PENDANT LE TRAVAIL, JUSQU'AU 1 AN DE L'ENFANT. ça fait parti du droit du travail !
Je travaille dans un service de néonatologie, et je peux vous dire que je fais bien attention à mes mots lorsqu'on se renseigne sur le choix d'alimentation. Beaucoup demande directement à la Maman si elle souhaite allaiter. Je préfère demander si Maman et Papa ont réfléchi au mode d'alimention : biberon ou sein. Parce que rien que c'est petite phrase "vous vous allaiter ?" peut être très culpabilisatrice quand on le souhaite pas.
Nos médecins recommandent aux Mamans de nons prémas, grands et très grands prémas de choisir l'allaitement pour le bien de leur bébé. On a recours a du lait de femme lyophilisé issu de don. JUSTEMENT, au lieu de culpabiliser des Mamans qui n'avaient pas fait ce choix, ON DEVRAIT ROUVRIR DES LACTARIUMS UN PEU PARTOUT EN FRANCE. Il y en a très peu et très mal répartis sur le territoire. Ainsi les Mamans qui allaitent, pourraient ainsi donner leur lait plus facilement pour nos petits prémas.
Personnellement, ma fill refusant le bib depuis l'âge de 9 mois, j'ai perdu plus de 20 litres de lait maternel au congélateur, parce que j'habite à plus de 50km des lactariums les plus proches (150 à 250km!!!). Vous imaginez le nombre de prémas que j'aurais pu nourrir !!!!


reglisse

Je pense que vous avez tout dit, je n'ai pas lu le livre mais lu des interviews. En effet Mme Badinter ne sait pas de quoi elle parle concernant l'allaitement, je fais partie de la Leche League depuis 4 ans et jamais je n'ai entendu de discours culpabilisant ou disant qu'il faut allaiter 6 mois, 2 ans ou même 1 semaine! Nous sommes là pour aider les mamans qui souhaitent allaiter, quelque soit leur projet d'allaitement et pas pour porter des jugements sur ce qui est bien ou non. Concernant les soit-disant discours tenus dans les maternités, idem, je n'ai jamais entendu une sage-femme dire à une future maman (et j'ai participé aux préparations à l'accouchement pour mes 3 enfants dans des maternités différentes) que c'était scandaleux qu'elle ne veuille pas donner le meilleur à son enfant en refusant d'allaiter. Il n'y a pas de culpabilité ni dans un sens ni dans l'autre...au contraire en tant que maman allaitante, je trouve que la culture française est bien plus critique vis-à-vis des mamans qui allaitent et que nous ne bénéficions que de peu de soutien, ce qui explique que bon nombre de mamans "craquent" dès la sortie de la maternité. Concernant le maternage proximal, là aussi je ne suis pas d'accord car je connais plusieurs mamans le pratiquant et pour autant elles ont une relation de couple équilibré, chaque couple ayant un fonctionnement qui lui est propre, de plus on ne peut pas dire que cela représente la majorité des femmes... En résumé j'ai l'impression que dans son livre, elle se trompe de combat, de génération et prend des cas extrêmes pour des généralités...

Sophie

Enfin une réaction à ce tsunami
je n'en pouvais plus d'entendre la réalité tordue de la sorte
merci,
Sophie
Belgique
allaitante
depuis 10 ans presque ininterrompus
Maman de Fiona (10 ans), Lola (5 ans) et Tim
(28 mois, encore au sein ...)

aurélie

Je trouve que le terme de "mère seulement bonne" très joli car le principal n'est-il pas de sentir bien dans sa vie de femme-mère pour que nos enfants soient épanouis et bien dans leur vie ?

Julie

Merci pour ce résumé très intéressant
J'ai allaité mes filles toutes les 2 pendant trois mois complètement et 2 mois mixtes
Je n'ai jamais subi aucune pression mais j'ai vite remarqué que l'allaitement déclenche de vives réactions parfois surprenantes telles que celles de Mme BADINTER
A une époque où nourrir son enfant au sein n'est plus une question de survie, cela devient un vrai choix, comme celui de devenir mère à une époque où contraception et IVG sont légales, comme celui d'avoir un accouchement sans douleur ou pas....
C'est une question de choix, on a le choix et c'est bien pour ça que cela fait débat !
Ce livre et l'auteur sont finalement très représentatifs du débat de notre société, le choix de l'autre déclenche de vives passions irrationnelles nous renvoyant à nos propres choix....
et l'allaitement n'est qu'une façade du problème de fond, à l'heure où la famille, le travail des valeurs importantes de nos sociétés sont en dérives et que chacun doit reconstruire ses valeurs
Alors oui j'ai allaité mes filles, oui je cododote parfois avec elles, oui je travaille, mon mari ne s'est toujours pas enfui, la société a t-elle finalement un regard à avoir sur cela et encore plus un jugement ?
L'important c'est que ça convienne à ma famille
Ce qui est grave c'est lorsque ça ne convient pas, que l'on souffre d'une situation, le débat devrait plutôt s'élever à comment aider des parents, des enfants en souffrance, qui n'ont justement pas le choix !
Je finirai en disant vive l'alalitement au sein vive les biberons tant qu'ils sont donnés avec beaucoup d'amour c'est la nourriture essentiel d'un enfant

Olympe

Merci Ségolène pour ce billet nuancé.

Moi ce qui me dérange dans les propos de Madame Badinter, c'est qu'elle chasse un modèle pour en imposer un autre ! Allaitement = femme soumise vs biberon = femmme libre. Une pensée binaire fondée sur des représentations, voire caricatures bien éloignées de la réalité de ce que vivent les femmes à qui on ne demande pas leur avis sur la question au passage... Dommage pour un ouvrage dont l'auteur se dit féministe.

A quand une pensée plurielle qui accueille la diversité ?

Une maman allaitante d'un bébé de 10 mois partiellement en couches lavables, qui travaille, pose des limites à son enfant et passe aussi du temps avec son mari.

Amaurycha

Merci pour ce post très pertinent et bien rédigé.

Néanmoins, je me sens fondamentalement en désaccord et je crois que je suis la seule ...

Tout d'abord, si Mme Badinter ne les a pas utilisées, les statistiques au sujet de l'allaitement existent et on sait effectivement que plus de 50% des mamans allaitantes arrêtent à 4 semaines. D'autres statistiques plus complètes sont disponibles sur le site du Dr Marie Thirion :
http://www.santeallaitementmaternel.com/

Au delà de ce point de détail, je me sens en décalage complet. J'ai allaité ma fille durant 4 mois (3,5 mois en exclusif et 15 jours en mixte). C'est un choix que j'ai fait sereinement sans ressentir de pression nul part (ma grossesse n'a pas été surmédicalisée comme dans beaucoup de cas.
Même si ma petite étant arrivée un peu rapidement, j'ai senti le pédiatre soulagé par l'allaitement.
Mais surtout j'estime que c'est suffisant, pour moi comme pour elle. Je me suis sentie "empêchée" de vivre pendant l'allaitement.
Je suis peut-être légèrement pudique et je ne me suis jamais sentie à l'aise à l'extérieur. Je n'ai jamais eu envie d'allaiter devant nos amis par exemple. Or les tétées sont longues, elles nécéssitent de prendre du temps. Du coup, j'ai eu l'impression de passer à côté de pleins de choses, d'être bloquée à la maison.
Et à 3 mois et demi j'en avais assez !

Or quand on vous lit, quand on lit les écrits de la leche league, on a littéralement l'impression d'être une mauvaise mère lorsqu'on allaite pas jusqu'à 3 ans ... Je vous assure que les discours que vous prônez, les exemples que vous mettez en avant (allaitement très long) ne sont pas encourageants et participent fortement (me concernant) à la culpabilisation ambiante.

J'ai une carrière qui me passione, je m'épanouis au quotidien dans ma vie de femme qui est composée pour 1/3 par ma vie professionnelle (1/3 étant ma vie de femme et le dernier tiers ma vie de mère). Cette carrière est bien évidemment ingérable avec un temps de travail fractionné pour l'allaitement ! C'est une utopie qui est impraticable. De la même manière que le temps partiel en 4/5 est une hérésie, vous avez le même type de poste, vous travaillez autant mais surtout vous êtes moins rémunérée.

En conclusion, merci de nous aider dans nos situation de mère qui essaient d'être seulement bonnes, avec des durées d'allaitement cohérentes, faciles à vivre et conciliables avec nos autres vies.

solveg

merci ! je n ai aucune donnée statistique mais constate, dans mon entourage, les faits suivants (je ne sais pas du tout s ils sont représentatifs) : mes amies qui ont adopté le maternage proximal sont celles qui ont le niveau socio économique le plus élevé, et qui, notamment, compensent l'absence de jour par une présence "proche" de nuit.
Dans ma belle famille maghrébine, les femmes ne travaillent pas, et on pourrait dire beaucoup sur l égalité des sexes, mais elles ont très peu allaité et ne portent plus leurs bébés contre elles comme le faisaient leurs mères. Le biberon et les petits pots non bio ne leur ont donné aucune liberté supplémentaire.
Par ailleurs, quand on épargne pour acheter une auto ou une maison, pourquoi ne pas épargner pour s offrir une année de proximité avec son bébé qui vient de naitre pour bien démarrer ensemble ? Quel mal à cela ?
J ajouterais volontiers que les couches lavables, ce n est pas moi qui les lave, mais la machine. que l écharpe et l allaitement m ont plutôt donné de la liberté de mouvement en nous faisant voyager léger(c est ainsi qu il m arrive d emmener ma fille en rendez vous pro), que la pre occupation environnementale touche meme les célibataires .. et que si j en lis les articles glanés ça et là, par exemple http://bibliobs.nouvelobs.com/20100212/17721/une-chercheuse-americaine-repond-a-elisabeth-badinter, notre philosophe aurait des intérêts économiques chez publicis et/ou nestlé et pampers. je n ai pas encore trouvé moyen de savoir si c est vrai.

Poulette

Je vous félicite pour vos mots et votre article passionnant. Effectivement, je pense que E.Badinter se trompe d'ennemi, en pensant que c'est une pression écolo et de son point de vue "réactionnaire" que l'on reçoit en tant que jeune maman. Etant enceinte actuellement, je constate chaque jour que j'ai bien plus de pression de la part de femmes de sa génération que de la mienne: celles qui ont connu le même genre de maternité qu'elle (dans les années 60-70-80), celles que l'on a fait allaiter sur le modèle des biberons (une tétée toutes les 4h, la pesée obsessionnelle, l'oeil sur la courbe de poids et le fameux proverbe "il ne faut pas être dépendant de son bébé") et qui ont connu une maternité médicalisée et froide, selon moi. Et qui ont, d'ailleurs, souvent "loupé" leur allaitement, pour des prétextes médicaux divers: pas assez de lait, pas de "bon" lait, ça ne se fait pas quand on travaille, etc. Celles qui me regardent avec de grands yeux quand je dis que je désire vraiment allaiter, que c'est un choix, un vrai, et que je ne me mets ni de limites dans le temps (qui sait combien de temps ça durera?), ni dans l'espace (non, ce ne sera pas réservé à la chambre du bébé, et je ne compte pas me cacher à l'heure de la tétée!)
Au final, je trouve que E.Badinter devrait lire Marie Thirion, ça lui ferait du bien! ;-)

Ségolène de mamaNANA

Bonjour et merci pour tous ces commentaires. Amaurycha, je suis désolée si vous ressentez que je prône l’allaitement jusqu’à trois ans. Ce n’est pas du tout mon propos, et si c’est ce que vous retenez de mon blog et ce ce billet, eh bien j’ai tout raté !!! J’ai moi-même choisi d’allaiter ma dernière fille 22 mois (je peux le faire car je suis chef d'entreprise et donc je gère mes horaires comme je l’entends, ce qui est un privilège je le sais. Quand j’étais cadre salariée, c’était autre chose. J’ai toujours travaillé.) Mes autres enfants ont été allaités pour des durées bien plus courtes, c’est ce qui me correspondait à l’époque, et c’est comme cela, et je ne laisserais personne me culpabiliser sur ce point --- comme jamais je ne me permettrais de critiquer une femme qui choisit d’allaiter moins longtemps. Je suis très surprise de lire que vous pensez que je prône l’allaitement jusqu’à trois ans car je ne fais pas du tout de prosélytisme en la matière. La seule chose qui m’importe est que les femmes puissent vivre l’allaitement qu’elles veulent, avec le soutien qu’elles veulent, qu’elles choisissent d’allaiter trois jours, trois mois, ou plus. Je ne supporte pas les discours culpabilisateurs ou extrémistes et j’essaie, justement avec ce blog, de promouvoir une vision ouverte et tolérante des différentes manières de vivre son allaitement. Si, au travers de mes écrits, vous pensez que je culpabilise les unes ou les autres, j’en suis profondément désolée car ce n’est absolument pas mon but. Si vous souhaitez échanger avec moi en privé sur ce point, voici mon adresse mail : segolene.finet@mamanana.com Autre point : oui, je connais les statistiques que vous mentionnez. Ce qui manque dans le livre de Mme Badinter ce n’est pas des statistiques sur les durées d’allaitement (elles y sont), ce sont des statistiques sur le vécu des femmes autour de l’allaitement. C’est ce que j’aurais aimé voir plutôt que des généralisations.

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