A moins de vivre comme un ermite vous n’avez pas pu échapper à l’ouragan médiatique qui a entouré la sortie de ce livre (voir blog précédent ici.) J’ai écouté Mme Badinter sur France Inter le vendredi 12 février (émission du matin, et puis la Tête au Carré), et sur France 2 (journal de 13h00 du 15 février.) J’ai aussi lu les interviews dans Le Monde , le JDD, ELLE…. Et puis, et surtout, je viens de lire son livre, et c’est sur le contenu de ce livre que je base ce billet.
Tout d’abord je dois vous dire que c’est un livre passionnant et bien écrit, et que même si je suis loin d’être d’accord avec tout (voir ci-dessous) sa lecture m’a apporté quelque chose, m’a fait réfléchir. Donc je vous recommande de le lire et de vous faire votre propre opinion, et de venir ensuite en parler ici !
Sur de nombreux thèmes, je suis en parfait accord avec Mme Badinter et je pense que son analyse est juste, MAIS sur un point central, celui de l’allaitement maternel, sa thèse est à mon avis erronée --- et elle est erronée car au contraire des autres points présentés dans le livre, qui sont eux, dans l’ensemble, plutôt bien documentés, le sujet de l’allaitement n’a pas été analysé de manière rigoureuse par son auteur. Sur l’allaitement, Elizabeth Badinter laisse parler ses impressions, préjugés, et rejets, et du coup, elle écrit des choses au mieux non prouvées, au pire complètement fausses... Et dans les deux cas montre une vision simplificatrice et réductrice des mamans allaitantes.
Peu de personnes rejetteront une des thèses du livre, fort bien développée, qui est que, pour que le taux de natalité élevé de la France se maintienne, il faut que les femmes puissent continuer à vivre leur maternité comme elles l’entendent, et qu’un modèle théorique de la mère parfaite qui renonce à sa carrière et à sa vie de femme, ne leur soit pas imposé. Si on dit aux femmes, pour être une bonne mère, il faut faire XYZ, et qu’elles n’ont pas le choix, elles feront comme leurs consœurs japonaises, allemandes, ou italiennes, et elles arrêteront de faire des enfants.
Elle compare les politiques natalistes des différents pays européens (dont les pays nordiques toujours cités comme modèles dans ce domaine) et elle démontre que ce ne sont pas forcément les politiques les plus généreuses qui encouragent la natalité, ce sont les politiques qui permettent aux mères d’avoir le choix de travailler ou pas. En gros, il faut un équilibre entre des politiques familiales dites traditionnelles (type allocation pour la mère au foyer), et des politiques familiales permettant aux femmes de travailler si elles le désirent (comme des places en crèche.) Elle montre ainsi que le modèle suédois, bien que très confortable, conduit à un taux de natalité moindre que celui de la France… Et son explication est que ce modèle, bien que généreux, impose un rôle trop formaté aux femmes.
Ce concept clef de la nécessité du choix et du libre arbitre pour les femmes est bien développé et argumenté (et je suis naturellement pleinement d’accord), mais elle le mêle à une autre analyse, celle des dangers du "naturalisme", et j’ai eu parfois l’impression de lire deux livres en un, qu’il y avait deux thèses différentes dans le livre, qui s’entrecroisaient sans jamais vraiment se rejoindre de manière solide.
La première thèse principale expose le danger d’une société inégalitaire qui dirait aux femmes « pour être une bonne mère vous devez quitter le monde du travail et vous consacrer 100% à votre enfant». La seconde thèse principale est celle exposant les dangers du « naturalisme » : Mme Badinter brandit le courant écologique comme l’ennemi de la femme car conduisant par le biais de pratiques telles que l’allaitement long, les couches lavables, le retour à la maison, le cododo, à une subrogation de tous les désirs de la femme, la soumettant complètement à son bébé qui devient le centre de son univers. Dans ce modèle, décrit de manière sarcastique par Mme Badinter, la mère investie à 100% dans son enfant (devenu son nouveau maître), motivée par le sentiment profond de sauver la planète, et embue d’un sentiment de supériorité total par rapport aux autres femmes, s’oublie, oublie sa carrière, oublie son mari, et se prépare des vieux jours difficiles si jamais le dit mari s’enfuit en courant. Donc modèle dangereux selon Mme Badinter.
Là où le livre pèche est que le lien entre les deux thèses n’est pas fait de manière convaincante. Nulle part ne prouve-t-elle que l’essor de ces pratiques « naturalistes » (que d’autres appelleront le maternage proximal) a eu ou pourra avoir un effet direct sur l’inégalité entre les hommes et le femmes ou le rôle des femmes dans la société en France. Elle craint simplement qu’on y arrive (comme dans les sociétés allemande ou japonaise, modèles où le rôle des femmes est très réduit à la sphère familiale) si le courant écologique prend le dessus. Du coup on est vraiment dans le catastrophisme annoncé mais non prouvé : pour que la thèse tienne la route il faudrait d’abord démontrer 1) que le « naturalisme » s’est suffisamment répandu, et 2) qu’il y a un lien direct entre ces pratiques et l’inégalité entre hommes et femmes.
Sur le premier point Mme Badinter essaie de montrer l’essor de ces pratiques écologiques/de retour au naturel en utilisant l’exemple de l’allaitement et en montrant l’augmentation des taux d’allaitement en France, mais on est bien loin d’une situation où l’allaitement au-delà de quelques semaines serait la norme en France. Oui, les taux ont augmenté, mais nous sommes un des pays d’Europe où on allaite le moins et où on allaite le moins longtemps. Crier au loup quand il s’agit de l’augmentation des taux d’allaitement me parait donc un raisonnement pour le moins tiré par les cheveux.
Quant aux autres pratiques de maternage proximal, leur adoption par la population n’est pas mesurée. Ici aussi, Elisabeth Badinter crie au loup. Oui, ces pratiques se développent, oui, la presse en parle, oui on voit de plus en plus de bébés portés en écharpe, oui l’alimentation bio a le vent en poupe, oui le sujet du cododo est légèrement moins tabou qu’avant… Mais de là à traiter ces pratiques comme si elles étaient en passe de devenir en France le nouveau standard de la maternité, il y a un grand fossé à franchir, fossé que Mme Badinter ne franchit pas de manière convaincante.
Quant au deuxième point, qui serait d’établir un lien direct entre ces pratiques et l’inégalité entre les hommes et les femmes, là le livre est muet, et pour cause.
Mme Badinter fait du maternage proximal une description caricaturée, et on sent ici un décalage générationnel, une incompréhension totale : on sent la distance entre une femme qui a l’âge d’être grand-mère, et les jeunes générations de mères qu’elle observe avec beaucoup d’étonnement, et un peu de condescendance. D’ailleurs, en parlant de grand-mère, je me suis prise à imaginer, en lisant le livre, que nous étions peut-être dans une situation où la fille ou belle-fille de Mme Badinter allaite son enfant 3 ans, porte en écharpe, cododote, et couche-lavotte, et où Mme Badinter n’en peut plus d’énervement face à des pratiques aussi archaїques mises en place sous son nez !!! Sans vouloir faire de la psychanalyse de comptoir j’ai eu l’impression en lisant le livre qu’il y avait deux Elizabeth Badinter à l’oeuvre: l’une très rationnelle, bâtissant brique par brique un raisonnement élégant sur la place actuelle des femmes dans la société, les limites du concept d’instinct maternel, les comparaisons éclairantes entre les differents pays… Et l’autre beaucoup moins objective, plus émotionnelle, sarcastique, voir limite méchante, lorsqu’elle décrit les mamans écolo, celles qui allaitent, et les associations de soutien à l’allaitement – comme si elle avait du mal à observer ce qui se passe chez ces mères d’aujourd’hui de manière distanciée, comme si elle observait ces femmes au travers du prisme de sa propre expérience (expérience dont elle se refuse à parler mais qu'on devine bien différente.) Comme si chez elle, la philosophe et la mère (ou grand-mère je ne sais pas) avaient un peu du mal à cohabiter.
Malheureusement elle ne cherche pas trop à comprendre ces mères , et manque carrément d’empathie : par exemple quand elle s’est moquée de celles qui cuisinent du brocoli bio (sur France Inter), elle oublie facilement tout le débat sur les pesticides, la vache folle, et autre joyeusetés de notre alimentation industrielle, joyeusetés qui nous rendent toutes un peu parano quant à ce qu’on met dans l’assiette de nos enfants.
Quand elle consacre un chapitre entier à faire de l’ironie facile sur le dos de La Leche League, elle oublie les milliers de femmes qui ont raté leur allaitement par manque de soutien, d’information, et à cause du machisme qui sévit souvent encore dans le corps médical, et elle oublie les femmes qui ont réussi des allaitements qui leur tenaient à cœur, justement grâce à des associations comme La Leche League. Sur le sujet de La Leche League, j’ai d’ailleurs trouvé le ton vraiment désagréable et les reproches infondés. Qu’on ne soit pas d’accord avec toutes les valeurs de cette association, soit, mais de là à en faire les investigatrices d’un complot planétaire visant à forcer toutes les femmes à allaiter, il ne faut pas pousser mémé dans les orties !
Quand elle consacre plusieurs pages à casser du sucre sur le dos de la CoFAM et son Initiative Hôpital Ami des Bébés, elle balaie d’un geste les efforts d’un groupe justement focalisé sur le respect des mères, des pères, et de leur nourrisson --- respect de leurs désirs et de leur choix, quels qu’ils soient !
Là où je la rejoins cependant, est dans l’idée que le maternage proximal n’est pas adapté à toutes les mères, et qu’il serait dangereux d’en faire l’étalon de la maternité parfaite. Je pense qu'il existe de multiple manières d’être une bonne mère (ou une mère simplement bonne, comme le dit Winnicott), et que nul ne détient de supériorité en la matière. Et qu'il serait dangereux de faire de l’allaitement un des critères de la bonne mère. Je pense qu’il est extrêmement important qu’on n’utilise pas l’arme cruelle de la culpabilité pour faire pression sur les femmes afin qu’elles allaitent. Je crois aussi qu’elle a raison de parler de l’ambivalence de nombreuses femmes quant à l’allaitement, à l’aspect animal/mammifère que cela suppose, et qui ne plaît pas à toutes. Et elle a raison de dire qu’il est parfois difficile, dans un moment de la vie où on est vulnérable, de bien résister à la pression de l’entourage. Alors oui, je pense que certaines femmes, ambivalentes par rapport à l’allaitement, et n’osant dire « cela me dégoûte » (car comment dire cela à sa sage-femme, ou sa meilleure amie qui a elle allaité ?), se rangent derrière des prétextes plus politiquement corrects : je suis pudique, mon mari veut donner le biberon, je n’aurais pas assez de lait, etc. Le fond du problème, est qu’elles n’en ont pas envie et c’est quelque chose qu’il faut profondément respecter. Mais il n'est pas facile d'aborder la discussion sans blesser sur ces questions délicates d’envie et de désir, et de rapport au corps. La grosse difficulté pour le corps médical ou pour tous ceux travaillant dans le domaine est d’arriver à informer sans culpabiliser. Est-ce vraiment possible ? Pas évident quand on voit les réactions à fleur de peau des unes et des autres quand le sujet de l’allaitement est abordé. Sur ce thème, je vous conseille d’ailleurs l’excellent billet de la Poule Pondeuse, ici.
Le problème de fond c’est que Mme Badinter se dit philosophe (en tout cas, chez mon libraire son livre était au rayon philosophie) mais son livre est en fait un ouvrage de sociologie. Elle travaille comme un philosophe (au chaud, toute seule dans son bureau), mais traite de sujets de société pour lesquels, justement, sortir de son bureau, faire des enquêtes, réaliser des entretiens, faire donc, un vrai travail de sociologue, aurait été utile. Sur la plupart des thèmes étudiés dans le livre, ce n’est pas un problème car elle a pu utiliser les études sociologiques réalisées par d’autres, les statistiques de différents organismes, mais quand elle parle de l’attitude des mères par rapport à l’allaitement, elle rencontre un problème majeur : il y a très peu d’études, très peu d’analyse statistiques. Et d’ailleurs, elle le reconnait elle-même : « Il n’est pas facile de savoir ce que les femmes pensent vraiment de l’allaitement aujourd’hui où l’ambivalence maternelle est occultée ».
J’aurais bien aimé, que, devant cet écueil, elle parte à la rencontre d’un échantillon représentatif de mères allaitantes, mais pas du tout. Pas besoin de données ni d’études ni d’entretiens pour définir trois types de femmes allaitantes, ni pour théoriser sur le niveau intense de culpabilisation auquel sont soumises les jeunes accouchées. C’est l’impression de Mme Badinter que nous entendons. Impression qu’elle a formée en faisant quelles recherches ? En parlant à qui ? On ne sait pas. Quand elle généralise sur la culpabilisation dont souffrent les femmes qui écoutent les discours pro-allaitement du personnel médical, qu’est-ce qui permet de dire à Mme Badinter, que ce problème est plus important (quantitativement ou qualitativement) que le problème des mères allaitantes qui sont découragées dans leurs efforts par un pédiatre qui leur conseille de passer à l’allaitement mixte, ou un pédo-psychiatre qu’ils leur dit qu’au-delà de six mois d’allaitement elle sont des mères incestueuses ?
Ni enquête statistique, ni entretiens qualitatifs auprès de mères n’ont apparemment été effectués. Je trouve donc qu’il y a un certain manque de rigueur dans l’analyse, ou du moins que la rigueur n’est pas répartie également dans ce livre. Du coup son analyse parait biaisée, voire parfois, à la limite de l’honnêteté intellectuelle. Par exemple, dans son livre (et c’est un point sur lequel elle a insisté lors de son entretien dans l’émission la Tête au Carré sur France Inter), elle écrit que la meilleure preuve que de nombreuses femmes n’ont, en fait, pas envie d’allaiter, est que le taux d’allaitement est très élevé à la maternité, et se casse la figure ensuite, une fois les mères rentrées chez elles. Mais ici, à nouveau, il ne s’agit que de son opinion, non étayée par une enquête ou une recherche sérieuse : une autre conclusion pourrait être de dire que ces femmes avaient envie d’allaiter mais ont échoué car l’allaitement n’est pas si facile au début, et qu’elles ont été mal conseillées et entourées --- et que donc leur motivation (ou manque de motivation) n’est pas la raison de l’arrêt de l’allaitement…
La vision de l’allaitement qu’elle propose est simplificatrice. Oui, elle dit ne pas être contre l’allaitement et comprendre que certaines femmes s'y épanouissent mais sa vision de l’allaitement est tellement caricaturale que c'est pire qu'une attaque directe. Elle écrit que le discours ambiant exige un allaitement exclusif pendant six mois, et deux ans en mixte. Mais elle fait comme si ces recommandations de l’OMS étaient l’unique norme vers laquelle toutes les mamans allaitantes et tous les professionnels de santé conseillant les mamans allaitantes tendaient en France aujourd’hui, comme si c’était le seul choix possible. Elizabeth Badinter parle d’allaitement comme s’il y avait en France aujourd’hui un discours unique sur l’allaitement, celui prôné par une conspiration de La Leche League et de l’OMS. Rien n’est moins vrai. La Leche League (avec tout le respect que je dois au travail de cette association) n’a pas le monopole du discours sur l’allaitement, et de toute manière même le discours de La Leche League est loin d’être monolithique. Il existe de nombreuses associations de soutien à l’allaitement, il existe de multiples points de vue, de multiples manières de vivre un allaitement.
On peut allaiter trois semaines, trois mois, ou trois ans. On peut remplacer une tétée ou plus par un biberon, soit de lait tiré, soit de lait infantile. On peut faire carrière et allaiter. On peut être féministe et allaiter. On peut avoir une vie de femme épanouie et allaiter . On peut avoir l’allaitement qu’on veut, où on veut, quand on veut. Elle écrit que pour allaiter il faut être en tête à tête avec son bébé 24h sur 24h sans échappatoire. Mais d’une part, biberon ou allaitement, les premiers mois d’un bébé sont intenses, et d’autre part, on peut faire de l’allaitement mixte si on veut, on peut tirer son lait pour donner un biberon au papa, on peut s’organiser en fonction de ses désirs, de son niveau d’énergie. Et non, l’allaitement ne veut pas dire (encore un poncif !) que le papa est mis à l’écart ! En la lisant j’ai vraiment eu l’impression qu’elle n’avait jamais rencontré de maman allaitante de sa vie, et que sa seule expérience du sujet était l’ouvrage d’Eliette Abécassis sur la maternité, livre qui est … un roman !!!
L’autre problème est un certain mépris pour le fait scientifique. Je trouve cela un peu décevant qu’une personne aussi brillante et cultivée écrive tout un livre combattant le «naturalisme » sans parler une seule fois des risques réels et documentés liés aux changements climatiques. Et c’est aussi un peu effarant que la réalité scientifique sur les bienfaits de l’allaitement pour la mère ET pour l’enfant soit à ce point minimisée ou mise sous le tapis. Pendant un des ses entretiens, elle a répondu que de toute manière, les pédiatres changeaient d’avis tous les trente ans sur le sujet, impliquant donc que le soutien actuel du corps médical pour l’allaitement n’était qu’une lubie, et que le contraire serait défendu dans trente ans. Peut-être, mais il y a tout de même (je sais, c’est révolutionnaire de le dire) la notion de progrès scientifique, non ? Les pédiatres ont changé d’avis sur l’allaitement entre les années 60 et nos jours, parce que des études scientifiques ont montré les bénéfices de l’allaitement sur la santé de populations dans leur ensemble – il ne s’agit pas d’un effet de mode.
Au final je trouve que c’est un livre qui pose les bonnes questions mais qui, quelque part, se trompe d’ennemi. Ce qu’Elisabeth Badinter écrit sur l’effet néfaste qu’a eu la crise économique des vingt dernières années sur le travail des femmes -- le fait que quand le monde du travail vous apporte peu, vous donne des salaires inférieurs aux hommes, et peut vous jeter comme un kleenex, il est tentant de rentrer à la maison --- vaut la peine d’être rappelé. A mon sens c’est un thème du livre qui aurait pu être développé beaucoup plus : qu’est-ce qui pourrait être changé dans le monde du travail pour le rendre plus accueillant pour les femmes ? Comment parvenir à cette fameuse parité des salaires qui n’existe dans aucun pays ?
Je ne crois pas que s’arc-bouter sur le courant écologique comme étant l’ennemi public numéro 1 du féminisme soit la bonne priorité. Franchement, si notre seul problème était la pression pour l’allaitement et le passage aux couches lavables, on s’en sortirait très bien, merci ! Ce serait peut-être plus utile de parler du plafond de verre, de l’image extrêmement sexiste véhiculée par la publicité dans la plupart des médias, du manque criant de représentation des femmes dans les instances dirigeantes des entreprises, du manque de places en crèche, du peu d’entreprises qui proposent des horaires souples, de la discrimination à l’embauche, etc. Pour celles qui essaient aujourd’hui de tout concilier, enfants, travail, mari, et vie personnelle, c’est sur ces sujets-là qu’il y a urgence.
Et vous, avez-vous lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?

Merci beaucoup Ségolène pour ce compte rendu !
Rédigé par : Béatrice | 17 février 2010 à 08:31
Je crois en effet que les mamans qui allaitent à l'heure actuelle n'ont plus tout à fait les mêmes contraintes qu'il y a une ou deux générations.
Je n'ai jamais subit aucune pression pour allaiter, ni à la maternité, ni ailleurs... Au contraire : mon pédiatre ne m'a pas donné l'ombre d'un conseil. Si j'ai "raté" mon premier allaitement, ce n'est pas juste parce que j'avais repris le travail, c'est parce que je n'avais aucune informations (ou pire : de mauvaises informations) sur l'allaitement. Heureusement depuis j'ai découvert le site de la Leche League, Mamanana et d'autres aides dénichées sur internet. En ce qui concerne la Leche League ou l'OMS, j'aimerais rappeler que ces organismes nous conseillent sur la base de vrai études scientifiques et non d'après des préjugés.
En effet, quand j'ai essayé de dire à mon médecin que nous (les femmes) étions tout de même un peu "faites" pour allaiter (sous-entendu que cela nourrissait suffisamment mon bébé et qu'il n'était pas utile d'introduire du lait artificiel), il m'a répondu "oui... c'était vrai à l'époque de l'homme des cavernes !" Et la fois suivante, il m'a dit de ne pas allaiter plus d'un an sous peine de grosse ostéoporose dans mes vieux jours ! Ce médecin est pourtant sympathique et plein de bon sens par ailleurs.
Je ne sais pas d'où viens cette fameuse pression dont parle Mme Badinter, mais pour ma part j'ai fait tous mes choix (allaitement, couches lavables, accouchement à domicile) toute seule, et gentil mari s'est souvent contenté d'approuver.
Et maintenant : je travaille, j'allaite un bibou de 9 mois... et papa lave les couches !
Rédigé par : Emilie | 17 février 2010 à 12:00
Merci pour ce texte! bien document, bien écrit, équilibré... que demander de plus? : )
C'est aussi l'impression que j'avais en écoutant E.Badinter (je n'ai pas lu le livre), celle qu'en fait elle s'attaque à un monde qu'elle ne connaît pas vraiment, ou seulement par préjugés et ouï-dire. Des choses qui choquent tellement son esprit de féministe qu'elle ne peut pas les envisager, ni les comprendre. Ce qu'elle dit est tellement caricatural que cela donne cette impression de manque de recul, d'étude des ces "mères écologiques" qu'elle décrie tant.
Par contre, ce que je trouve carrément scandaleux, c'est c'est sa critique de La Leche League, complètement caricaturale elle aussi, on voit bien qu'elle ne connaît pas non plus le sujet.
Rédigé par : Rachel | 17 février 2010 à 14:31
Le titre de son livre est très représentatif de ce manque de compréhension de ces "mères écologiques" qu'elle critique: "le conflit, la femme et la mère"... tout un programme! Etre femme OU être mère seraient donc des choix distincts, en conflit l'un contre l'autre, et il faudrait absolument "choisir son camp" (sous-entendu: la femme, bien sûr...)
Personnellement, je ne me suis jamais sentie aussi femme que depuis que je suis mère... mais bon, ça, elle ne peut probablement pas l'envisager...
PS: je travaille, j'allaite depuis environ 9 ans sans discontinuer (3 enfants l'un après l'autre...) et le papa fait le gros du ménage... elle n'a jamais rencontré des gens comme ça Mme Badinter????
Rédigé par : Rachel | 17 février 2010 à 14:36
Je n'ai pas lu le livre mais j'ai ecouté en partie l'emission sur France Inter.
Je n'etais pas d'accord sur tout mais ce que j'en ai retenu par rapport à l'allaitement ce n'était pas une dénonciation de l'allaitement mais un rejet de la "sacro-sainteté" de l'allaitement et de la pression sociale qui va avec. Et surtout que chaque femme doit etre libre de choisir l'allaitement ou le biberon et meme de changer d'avis.
Personnellement j'ai choisi d'allaiter parce que j'en avais envie. Et j'ai allaité le temps qui me correspondait. Je suis tres contente des moments partagés avec mon enfant et de cette expérience si particulière.
Mais il est vrai que les premieres questions qu'on vous pose à l'annonce de votre grossesse c'est "Tu vas allaiter ?" et un peu un silence quand la reponse n'est pas positive.
On a l'impression c'est vrai que l'allaitement est l'unique bonne voix possible et je trouve ca dommage. J'ai d'ailleurs détesté le mot "sevrage" !
C'est important que chacune fasse son choix par rapport à ce qu'elle ressent, a envie.
Et qu'elle soit soutenue, epaulée. Les conseils des sages femmes ou des associations sont precieux.
Rédigé par : Delphine | 17 février 2010 à 15:27
merci
Rédigé par : cyann | 17 février 2010 à 15:39
Merci pour cet article, qui, contrairement au livre de Mme Badinter, est basé sur du concret ! Autre mérite que tu auras eu, c'est de m'encourager à lire ce fameux livre. Jusque là, c'est mon mari qui souhaitait que je le lise (et le lire, soit dit en passant !), mais moi, j'avais peur que ça m'irrite trop, toute allaitante, maternante et couche-lavante (et plus épanouie que jamais !!) que je suis... Grâce à ton article, je sais à peu près à quoi m'attendre, et ton analyse de la situation rejoint assez bien les impressions que j'avais eues à lire des interviews de Mme Badinter.
Rédigé par : Florence | 17 février 2010 à 15:54
Ségolène, votre post est remarquable. Vraiment. Merci de discuter avec autant d'honnêteté et de rigueur la pensée d'E. Badinter.
Rédigé par : leda | 17 février 2010 à 15:57
...merci pour ce décorticage de l'argumentaire en effet probablement un peu "réactionnel" de Mme Badinter. Il m'est revenu, l'entendant sur France Inter, des bribes d'un entretien sur une autre radio publique, où elle déclarait avoir été détestée par sa propre mère...J'arrêterai ici la psychologie de cuisine (celle de comptoir, c'est pour les hommes, hein). Il reste que j'ai ressenti parfois un certain malaise face à certaines mères "écolo-macrobio" comme j'en plaisante, qui sous prétexte de maternage proximal,d'éducation non violente (non que je sois adepte de la fessée, comprenez bien), évitent à leurs enfants toute confrontation à la frustration, à l'expérience de la contradiction, aux limites -et refusant également que d'autres adultes les y confrontent...en bref, les empêchent de renoncer à la toute puissance. Et là, ça me fait peur. Sensibilisée certes professionnellement, mais d'abord enfant (hé oui... la frustration, c'est structurant!), puis parent, certaines dérives (possibles dans tous les courants de pensée,réactionnaire ou non, quelque soit le côté de la barrière où l'on pense se trouver)laissent rêveur- et pas forcément en rose.
Le "problème" de l'allaitement, pour moi, recouvre encore les limites de la lutte des classes: en gros, allaitent longtemps des femmes issues de milieux plutôt aisés, avec capital culturel important. On sait aussi qu'il aide à prévenir (entre autres) les troubles de l'attachement, et avec ceux-ci la maltraitance (merci les hormones!)...qu'il serait dix fois plus profitable aux femmes (et enfants, et pères, aussi!) des classes défavorisées, or c'est chez celles-là qu'il est le moins répandu...Car les "pauvres" veulent être de la partie, et consommer, comme les riches! Et l'allaitement, ça coûte rien; ça ne fait pas de volume dans le caddie qu'on remplit dans les rayons d'ouchan, ou carretour; pas plus que les couches lavables ou l'écharpe, roulée dans le sac à main - inexposable, donc non valorisable comme preuve de richesse...
Voilà où en est mon analyse de ce phénomène regrettable (peu d'allaitement chez les "pauvres"). Quant au risque de "trop d'allaitement chez les riches", ça ne m'empêche pas de dormir - en tous cas, moins que les dérives, etc,voir la parenthèse plus haut.
Bon allaitement à celles qui y sont encore (c'est mon cas, pour la 3e fois, sans congé parental- c'est le papa qui est à mi-temps, et gère les courses, lessives, popote...encore un rebelle aux statistiques!)
Rédigé par : caroline | 17 février 2010 à 16:01
Bravo pour ce compte rendu, vous mettez parfaitement en mots les arguments et mon ressenti face au discours de Mme Badinter, notamment sur l'impression d'incompréhension face au décalage générationnel. Les grands mères d'aujourd'hui ne devraient pas se sentir insultées ou trahies dans les combats qu'elles ont menés hier par les actions et les combats des mères d'aujourd'hui.
Encore bravo et merci. J'adresse ce lien à ma mère!
Rédigé par : pâte à crêpe | 17 février 2010 à 16:02
...et bonne fin de psychanalyse à Mme Badinter?...
Rédigé par : caroline | 17 février 2010 à 16:03
j'ai commandé le livre je l'attends, j'ai lu beaucoup d'articles, d'opinions, tous excessifs, pros ou cons... merci pour ce commentaire enfin modéré, et non "buyist"... autre "détail" : je déplore également que Mme Badinder ne soit pas plus ouverte pour discuter de son impartialité potentiel du fait de sa double casquette philosophe/2ème actionnaire de publicis dont 2 des plus gros clients sont nestlé (lait en poudre) et pampers; je suis sûre que ses convictions sont "clean", mais son manque de transparence nourrit le doute... http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2764
Rédigé par : Rachel | 17 février 2010 à 16:09
merci pour ce compte rendu très bien écrit je trouve! J'avais entendu son interview sur france inter et ma foi ça ne m'a donné l'envie de dépenser quelques euros pour son livre, à un moment où je cherche déjà le temps de lire un roman.
Et j'avoue qu'à la lecture de ce billet, je n'achèterai pas plus un livre que je n'aurai vraisemblablement pas envie de terminer.
Suite au reportage, ma première impression a été une impression d'intolérance totale par rapport au fait d'ouvrir les yeux aux autres. Finalement en prônant l'évolution féminine, on dirait qu'elle souhaite emprisonner les femmes dans un autre carcan, semblable à celui des hommes.
Pour mon compte, je pense que la question de l'égalité homme/femme doit être dépassée, dans la mesure où on compare des choses parfois incomparables, pour laisser place à la notion de libre choix.
Et pour la petite histoire Mme Badinter, j'allaite mon fils de 2,5 ans sans me sentir emprisonnée et en travaillant ;o)
Rédigé par : Anne | 17 février 2010 à 16:13
Mille merci pour ces mots si justes!!!
Et puis, vive l'allaitement maternel!
Rédigé par : Anna | 17 février 2010 à 16:56
Le conflit ne se situerait-il pas ailleurs qu'entre la femme et la mère ? Ne serait-il pas entre 2 camps qui se retranchent chacun sur ses positions.
Pour ma part je voulais acheter ce livre mais je trouve qu'il donne lieu à une polémique menant,une fois de plus, à un débat stérile qui n'apporte rien d'utile aux mamans bien a contraire. Les commantaires que j'entends depuis près d'une semaine laissent croire aux mamans qu'il faut choisir son camps. Cela est culpabilisant car, quoi que l'on fasse, on entend dire que ça ne va pas puisque soit on renie son identité de femme, soit on n'est pas une bonne mère.
Une femme peut s'épanouir en maternant alors qu'une autre peu ne pas être épanouie en maternant, j'ai l'impression que le libre choix des femmes est mis de côté dans cette polémique. Pourquoi ne pourrait-on pas être un peu des deux ? Une femme qui allaite peu utiliser des couches jetables et une femme qui donne le biberon des couches lavables. Les femmes ne sont-elles pas suffisament responsables pour faire leur propre jugement sur ce qu'elles veulent faie pour vivre une maternité la plus sereine possible ?
Rédigé par : aurélie | 17 février 2010 à 17:10
très bonne analyse de ce livre ! Je ne l'ai pas lu, mais j'ai regardé pas mal d'interviews télévisés. Ce qui m'a d'ailleurs choqué, c'est que les journalistes ont foncé droit dans le panneau et tout a été focalisé sur l'allaitement.
D'ailleurs, il serait intéressant de connaître sa propre expérience maternelle, si elle a allaité ou souhaité allaiter; A l'occasion c'est une frustrée !!! mal conseillée !!
Je trouve en tout cas tout cela bien réducteur comme si tout était noir ou blanc.
Ma fille a bientôt 16 mois et je l'allaite toujours en travaillant . J'ai peu utilisé l'écharpe( plutôt le porte bébé mono-bretelle baby monkey), et je ne suis pas prête pour le retour des couches lavables chez moi !!!
UNE FOIS DE PLUS, L'IMPORTANT EST DE TROUVER CE QUI CONVIENT LE MIEUX A MAMAN, BEBE ET PAPA !
Autre point qui m'interpelle : s'il y as i peu de mères qui allaitent au delà de quelques semaines, c'est parqu'on leur a rentré dans le crâne que bébé devait être sevré pour la reprise.La maman a à peine le temps d'être à l'aise avec son bébé, son allaitement, ses nuits, qu'il faut retourner au boulot !! Peu d'informations sont délivrés quant à l'utilisation d'un tire-lait, de la congélation du lait maternel et SURTOUT du DROIT A 1 HEURE (fractionnable) POUR ALLAITER OU TIRER SON LAIT, PENDANT LE TRAVAIL, JUSQU'AU 1 AN DE L'ENFANT. ça fait parti du droit du travail !
Je travaille dans un service de néonatologie, et je peux vous dire que je fais bien attention à mes mots lorsqu'on se renseigne sur le choix d'alimentation. Beaucoup demande directement à la Maman si elle souhaite allaiter. Je préfère demander si Maman et Papa ont réfléchi au mode d'alimention : biberon ou sein. Parce que rien que c'est petite phrase "vous vous allaiter ?" peut être très culpabilisatrice quand on le souhaite pas.
Nos médecins recommandent aux Mamans de nons prémas, grands et très grands prémas de choisir l'allaitement pour le bien de leur bébé. On a recours a du lait de femme lyophilisé issu de don. JUSTEMENT, au lieu de culpabiliser des Mamans qui n'avaient pas fait ce choix, ON DEVRAIT ROUVRIR DES LACTARIUMS UN PEU PARTOUT EN FRANCE. Il y en a très peu et très mal répartis sur le territoire. Ainsi les Mamans qui allaitent, pourraient ainsi donner leur lait plus facilement pour nos petits prémas.
Personnellement, ma fill refusant le bib depuis l'âge de 9 mois, j'ai perdu plus de 20 litres de lait maternel au congélateur, parce que j'habite à plus de 50km des lactariums les plus proches (150 à 250km!!!). Vous imaginez le nombre de prémas que j'aurais pu nourrir !!!!
Rédigé par : véro | 17 février 2010 à 17:15
Je pense que vous avez tout dit, je n'ai pas lu le livre mais lu des interviews. En effet Mme Badinter ne sait pas de quoi elle parle concernant l'allaitement, je fais partie de la Leche League depuis 4 ans et jamais je n'ai entendu de discours culpabilisant ou disant qu'il faut allaiter 6 mois, 2 ans ou même 1 semaine! Nous sommes là pour aider les mamans qui souhaitent allaiter, quelque soit leur projet d'allaitement et pas pour porter des jugements sur ce qui est bien ou non. Concernant les soit-disant discours tenus dans les maternités, idem, je n'ai jamais entendu une sage-femme dire à une future maman (et j'ai participé aux préparations à l'accouchement pour mes 3 enfants dans des maternités différentes) que c'était scandaleux qu'elle ne veuille pas donner le meilleur à son enfant en refusant d'allaiter. Il n'y a pas de culpabilité ni dans un sens ni dans l'autre...au contraire en tant que maman allaitante, je trouve que la culture française est bien plus critique vis-à-vis des mamans qui allaitent et que nous ne bénéficions que de peu de soutien, ce qui explique que bon nombre de mamans "craquent" dès la sortie de la maternité. Concernant le maternage proximal, là aussi je ne suis pas d'accord car je connais plusieurs mamans le pratiquant et pour autant elles ont une relation de couple équilibré, chaque couple ayant un fonctionnement qui lui est propre, de plus on ne peut pas dire que cela représente la majorité des femmes... En résumé j'ai l'impression que dans son livre, elle se trompe de combat, de génération et prend des cas extrêmes pour des généralités...
Rédigé par : reglisse | 17 février 2010 à 17:15
Enfin une réaction à ce tsunami
je n'en pouvais plus d'entendre la réalité tordue de la sorte
merci,
Sophie
Belgique
allaitante
depuis 10 ans presque ininterrompus
Maman de Fiona (10 ans), Lola (5 ans) et Tim
(28 mois, encore au sein ...)
Rédigé par : Sophie | 17 février 2010 à 17:17
Je trouve que le terme de "mère seulement bonne" très joli car le principal n'est-il pas de sentir bien dans sa vie de femme-mère pour que nos enfants soient épanouis et bien dans leur vie ?
Rédigé par : aurélie | 17 février 2010 à 17:18
Merci pour ce résumé très intéressant
J'ai allaité mes filles toutes les 2 pendant trois mois complètement et 2 mois mixtes
Je n'ai jamais subi aucune pression mais j'ai vite remarqué que l'allaitement déclenche de vives réactions parfois surprenantes telles que celles de Mme BADINTER
A une époque où nourrir son enfant au sein n'est plus une question de survie, cela devient un vrai choix, comme celui de devenir mère à une époque où contraception et IVG sont légales, comme celui d'avoir un accouchement sans douleur ou pas....
C'est une question de choix, on a le choix et c'est bien pour ça que cela fait débat !
Ce livre et l'auteur sont finalement très représentatifs du débat de notre société, le choix de l'autre déclenche de vives passions irrationnelles nous renvoyant à nos propres choix....
et l'allaitement n'est qu'une façade du problème de fond, à l'heure où la famille, le travail des valeurs importantes de nos sociétés sont en dérives et que chacun doit reconstruire ses valeurs
Alors oui j'ai allaité mes filles, oui je cododote parfois avec elles, oui je travaille, mon mari ne s'est toujours pas enfui, la société a t-elle finalement un regard à avoir sur cela et encore plus un jugement ?
L'important c'est que ça convienne à ma famille
Ce qui est grave c'est lorsque ça ne convient pas, que l'on souffre d'une situation, le débat devrait plutôt s'élever à comment aider des parents, des enfants en souffrance, qui n'ont justement pas le choix !
Je finirai en disant vive l'alalitement au sein vive les biberons tant qu'ils sont donnés avec beaucoup d'amour c'est la nourriture essentiel d'un enfant
Rédigé par : Julie | 17 février 2010 à 17:23
Merci Ségolène pour ce billet nuancé.
Moi ce qui me dérange dans les propos de Madame Badinter, c'est qu'elle chasse un modèle pour en imposer un autre ! Allaitement = femme soumise vs biberon = femmme libre. Une pensée binaire fondée sur des représentations, voire caricatures bien éloignées de la réalité de ce que vivent les femmes à qui on ne demande pas leur avis sur la question au passage... Dommage pour un ouvrage dont l'auteur se dit féministe.
A quand une pensée plurielle qui accueille la diversité ?
Une maman allaitante d'un bébé de 10 mois partiellement en couches lavables, qui travaille, pose des limites à son enfant et passe aussi du temps avec son mari.
Rédigé par : Olympe | 17 février 2010 à 18:32
Merci pour ce post très pertinent et bien rédigé.
Néanmoins, je me sens fondamentalement en désaccord et je crois que je suis la seule ...
Tout d'abord, si Mme Badinter ne les a pas utilisées, les statistiques au sujet de l'allaitement existent et on sait effectivement que plus de 50% des mamans allaitantes arrêtent à 4 semaines. D'autres statistiques plus complètes sont disponibles sur le site du Dr Marie Thirion :
http://www.santeallaitementmaternel.com/
Au delà de ce point de détail, je me sens en décalage complet. J'ai allaité ma fille durant 4 mois (3,5 mois en exclusif et 15 jours en mixte). C'est un choix que j'ai fait sereinement sans ressentir de pression nul part (ma grossesse n'a pas été surmédicalisée comme dans beaucoup de cas.
Même si ma petite étant arrivée un peu rapidement, j'ai senti le pédiatre soulagé par l'allaitement.
Mais surtout j'estime que c'est suffisant, pour moi comme pour elle. Je me suis sentie "empêchée" de vivre pendant l'allaitement.
Je suis peut-être légèrement pudique et je ne me suis jamais sentie à l'aise à l'extérieur. Je n'ai jamais eu envie d'allaiter devant nos amis par exemple. Or les tétées sont longues, elles nécéssitent de prendre du temps. Du coup, j'ai eu l'impression de passer à côté de pleins de choses, d'être bloquée à la maison.
Et à 3 mois et demi j'en avais assez !
Or quand on vous lit, quand on lit les écrits de la leche league, on a littéralement l'impression d'être une mauvaise mère lorsqu'on allaite pas jusqu'à 3 ans ... Je vous assure que les discours que vous prônez, les exemples que vous mettez en avant (allaitement très long) ne sont pas encourageants et participent fortement (me concernant) à la culpabilisation ambiante.
J'ai une carrière qui me passione, je m'épanouis au quotidien dans ma vie de femme qui est composée pour 1/3 par ma vie professionnelle (1/3 étant ma vie de femme et le dernier tiers ma vie de mère). Cette carrière est bien évidemment ingérable avec un temps de travail fractionné pour l'allaitement ! C'est une utopie qui est impraticable. De la même manière que le temps partiel en 4/5 est une hérésie, vous avez le même type de poste, vous travaillez autant mais surtout vous êtes moins rémunérée.
En conclusion, merci de nous aider dans nos situation de mère qui essaient d'être seulement bonnes, avec des durées d'allaitement cohérentes, faciles à vivre et conciliables avec nos autres vies.
Rédigé par : Amaurycha | 17 février 2010 à 19:34
merci ! je n ai aucune donnée statistique mais constate, dans mon entourage, les faits suivants (je ne sais pas du tout s ils sont représentatifs) : mes amies qui ont adopté le maternage proximal sont celles qui ont le niveau socio économique le plus élevé, et qui, notamment, compensent l'absence de jour par une présence "proche" de nuit.
Dans ma belle famille maghrébine, les femmes ne travaillent pas, et on pourrait dire beaucoup sur l égalité des sexes, mais elles ont très peu allaité et ne portent plus leurs bébés contre elles comme le faisaient leurs mères. Le biberon et les petits pots non bio ne leur ont donné aucune liberté supplémentaire.
Par ailleurs, quand on épargne pour acheter une auto ou une maison, pourquoi ne pas épargner pour s offrir une année de proximité avec son bébé qui vient de naitre pour bien démarrer ensemble ? Quel mal à cela ?
J ajouterais volontiers que les couches lavables, ce n est pas moi qui les lave, mais la machine. que l écharpe et l allaitement m ont plutôt donné de la liberté de mouvement en nous faisant voyager léger(c est ainsi qu il m arrive d emmener ma fille en rendez vous pro), que la pre occupation environnementale touche meme les célibataires .. et que si j en lis les articles glanés ça et là, par exemple http://bibliobs.nouvelobs.com/20100212/17721/une-chercheuse-americaine-repond-a-elisabeth-badinter, notre philosophe aurait des intérêts économiques chez publicis et/ou nestlé et pampers. je n ai pas encore trouvé moyen de savoir si c est vrai.
Rédigé par : solveg | 17 février 2010 à 19:39
Je vous félicite pour vos mots et votre article passionnant. Effectivement, je pense que E.Badinter se trompe d'ennemi, en pensant que c'est une pression écolo et de son point de vue "réactionnaire" que l'on reçoit en tant que jeune maman. Etant enceinte actuellement, je constate chaque jour que j'ai bien plus de pression de la part de femmes de sa génération que de la mienne: celles qui ont connu le même genre de maternité qu'elle (dans les années 60-70-80), celles que l'on a fait allaiter sur le modèle des biberons (une tétée toutes les 4h, la pesée obsessionnelle, l'oeil sur la courbe de poids et le fameux proverbe "il ne faut pas être dépendant de son bébé") et qui ont connu une maternité médicalisée et froide, selon moi. Et qui ont, d'ailleurs, souvent "loupé" leur allaitement, pour des prétextes médicaux divers: pas assez de lait, pas de "bon" lait, ça ne se fait pas quand on travaille, etc. Celles qui me regardent avec de grands yeux quand je dis que je désire vraiment allaiter, que c'est un choix, un vrai, et que je ne me mets ni de limites dans le temps (qui sait combien de temps ça durera?), ni dans l'espace (non, ce ne sera pas réservé à la chambre du bébé, et je ne compte pas me cacher à l'heure de la tétée!)
Au final, je trouve que E.Badinter devrait lire Marie Thirion, ça lui ferait du bien! ;-)
Rédigé par : Poulette | 17 février 2010 à 19:51
Bonjour et merci pour tous ces commentaires. Amaurycha, je suis désolée si vous ressentez que je prône l’allaitement jusqu’à trois ans. Ce n’est pas du tout mon propos, et si c’est ce que vous retenez de mon blog et ce ce billet, eh bien j’ai tout raté !!! J’ai moi-même choisi d’allaiter ma dernière fille 22 mois (je peux le faire car je suis chef d'entreprise et donc je gère mes horaires comme je l’entends, ce qui est un privilège je le sais. Quand j’étais cadre salariée, c’était autre chose. J’ai toujours travaillé.) Mes autres enfants ont été allaités pour des durées bien plus courtes, c’est ce qui me correspondait à l’époque, et c’est comme cela, et je ne laisserais personne me culpabiliser sur ce point --- comme jamais je ne me permettrais de critiquer une femme qui choisit d’allaiter moins longtemps. Je suis très surprise de lire que vous pensez que je prône l’allaitement jusqu’à trois ans car je ne fais pas du tout de prosélytisme en la matière. La seule chose qui m’importe est que les femmes puissent vivre l’allaitement qu’elles veulent, avec le soutien qu’elles veulent, qu’elles choisissent d’allaiter trois jours, trois mois, ou plus. Je ne supporte pas les discours culpabilisateurs ou extrémistes et j’essaie, justement avec ce blog, de promouvoir une vision ouverte et tolérante des différentes manières de vivre son allaitement. Si, au travers de mes écrits, vous pensez que je culpabilise les unes ou les autres, j’en suis profondément désolée car ce n’est absolument pas mon but. Si vous souhaitez échanger avec moi en privé sur ce point, voici mon adresse mail : segolene.finet@mamanana.com Autre point : oui, je connais les statistiques que vous mentionnez. Ce qui manque dans le livre de Mme Badinter ce n’est pas des statistiques sur les durées d’allaitement (elles y sont), ce sont des statistiques sur le vécu des femmes autour de l’allaitement. C’est ce que j’aurais aimé voir plutôt que des généralisations.
Rédigé par : Ségolène de mamaNANA | 17 février 2010 à 20:40