Talia a maintenant six mois et je me régale à continuer l’allaitement. Et oui, c'est nous en pleine tétée sur la photo de gauche (je porte le top Renaissance, pour allaiter ni vu ni connu!) J’ai repris le travail très rapidement après sa naissance, mais comme les bureaux de mamaNANA sont à la maison, j’ai la chance immense de pouvoir travailler tout en allaitant aussi longtemps que je le souhaite. Cela n’a pas toujours été comme cela. Autrefois, pour ma première et ma seconde fille, j’avais une autre vie, et je travaillais dans un grand groupe international. Après la naissance d’Emilie j’avais été mutée du siège social (californien) de l’entreprise, vers le bureau français. C’était en l’an 2000, et je me souviens comme d’hier du choc culturel que cela avait représenté : en Californie, le siège social de l’entreprise avait plusieurs salles réservées aux mamans allaitantes avec accès discret (la porte donnait sur les toilettes femmes), frigo, fauteuil confortable, stations pour brancher son tire-lait, etc. Toutes mes copines revenaient donc de congé de maternité et continuait à tirer leur lait pour leur bébé. Il était tout à fait admis culturellement de dire à ses collègues (femmes et hommes compris) « Oh désolée, je dois quitter la réunion un peu plus tôt, je vais tirer mon lait. »
Arrivée en France et reprise du travail au six mois d’Emilie, et là je suis dans un autre monde. En faisant une visite de repérage je m’aperçois vite qu’il n’y a (bien sûr) pas de salle pour les mamans allaitantes, mais surtout qu’il n’y a aucun endroit de substitution : pas d’infirmerie, des toilettes minuscules et sans prise électrique (et dont la porte donne sur l’espace ouvert où travaillent tous les commerciaux, quasiment que des hommes), des salles de conférence format aquarium sans possibilité de s’isoler, etc.
Je prends donc mon courage à deux mains pour en parler à la DRH. Je vois bien à ses yeux légèrement stupéfaits que la question n’a jamais été posée, mais professionnelle et patiente, elle se met en quête d’un local adapté. Au bout de quelques semaines (avec la date du retour au travail qui s’approche à grand pas), elle me trouve une solution : la salle du conseil d’administration, une grande salle toute moquettée avec une immense table en bois verni et 14 fauteuils à haut dossier. Au moins j’avais de la place !
Parfait donc sauf que la clef de la dite salle était jalousement gardée par le directeur de la caféteria d’entreprise. Donc, trois fois par jour, il fallait que je traverse les cuisines de la caféteria (là où il y a les friteuses, les immenses plaques de cuisson, les sols en carreaux glissants et tout), que je frappe à la porte du bureau du directeur, et que j’interrompe ses réunions d’équipes pour dire « euh il me faut la clef de la salle du conseil d’administration. » Chaque fois il me regardait avec surprise comme s’il avait complètement oublié pourquoi j’étais là, du genre « Encore vous ? Mais vous n’êtes pas déjà venue deux fois aujourd’hui ? » J’entendais les murmures « C’est la dame qui tire son lait... Ah bon?» Je précise que j’étais cadre et donc je me baladais en Tailleur Talons, et Tire-lait. Je crois que c’est ce contraste qui les étonnait.
Ensuite, une fois dans la salle du conseil d’administration je m’installais pour tirer mon lait l’angoisse au ventre car la porte NE FERMAIT PAS DE L’INTERIEUR. Je tirais mon lait avec la frousse que la porte ne s’ouvre, ce qui se passait régulièrement : le monsieur qui vient vérifier le chauffage, la dame qui fait la poussière, le traiteur qui amène les cafés pour la réunion de l’après-midi, etc. Et naturellement un jour j’ai trouvé la porte close : il y avait un conseil d’administration !
Au bout d’un mois, j’avoue, j’ai craqué. J’étais fatiguée et stressée et j’ai arrêté de tirer mon lait au bureau. J’en ai pleuré de frustration et de découragement . Emilie est donc passée aux biberons de lait infantile (et la diversification) pour les repas de la journée. Cependant j’ai continué les tétées le matin et le soir jusqu’à ce qu’elle ait 11 mois et j’encourage toutes les mamans à faire cela si elles le peuvent. C’est une façon merveilleuse de réveiller son bébé le matin et de le retrouver son bébé le soir. Pour celles qui ont des boulots prenants, c’est un excellent compromis.
Mais allaiter matin et soir a également son lot de difficultés : comme j’avais des voyages d’affaires, je vivais avec mon tire-lait manuel dans mon sac. J’étais parfois obligée de réveiller Emilie pour lui donner sa tétée avant de partir prendre mon avion (à 5 heures du matin !) Je vivais avec l’inquiétude des écoulements de lait visibles, des réunions qui s’éternisent, des trajets en taxi ou on reste coincé dans les embouteillages pendant deux heures. Et le pire, cela a été d’être coincée tard un soir dans un avion qui tourne au-dessus de Roissy, les seins gonflés de lait, et le commandant de bord qui dit « en raison de brouillard sur la piste nous allons rester dans les airs et faire des cercles au dessus de Roissy pendant 45 minutes. Personne ne peut se lever ni aller aux toilettes. » Là j’ai prié que le tweed de mon tailleur absorbe le lait !
Je ne regrette pas d’avoir fait tout cela mais c’était difficile et, avec beaucoup de regrets, j’ai sevré ma deuxième fille avant le retour au travail (à six mois.) Avec le recul je me rends compte que le plus dur quand je tirais mon lait au bureau, ce n’était pas les conditions pratiques difficiles, c’était que ce soit un secret. Je travaillais dans un milieu macho, où il y avait très peu de femmes à des postes de responsabilités en Europe. J’étais nouvelle à mon poste et je devais me «prouver» au retour de mon congé de maternité. Donc mon allaitement restait caché, et même des collègues proches ne savaient pas que je continuais à allaiter et tirer mon lait. Je ne sais pas ce qu’ils pensaient du gros sac noir du tire-lait planqué sous mon bureau !
Après ce roman, voici mes conseils pour les mamans qui veulent tirer leur lait en travaillant :
- Connaître ses limites : tirer son lait au travail est plus facile quand on a des horaires réguliers et un boulot « plan plan » que quand on a un poste avec des horaires longs et irréguliers et beaucoup de pression. Pour travailler et tirer son lait sans se fatiguer il faut du temps pour soi, pour bien manger, pour bien dormir, pour s’organiser – et il faut un rythme de travail qui permette des interruptions. Donc si vous bossez comme une dingue, ne controllez pas vos horaires, et que vous n’arrivez pas à tirer votre lait dans la journée, ou que la production diminue beaucoup, c’est normal. Mieux vaut dans ce cas partir sur la base d’une tétée (ou plus) le matin et une tétée (ou plus) le soir (et tout simplement à la demande quand on est avec bébé le week-end) , ou bien carrément sevrer, se dire qu'on a fait le maximum et ne pas culpabiliser.
- Exiger de votre patron un bureau privé fermant à clef et sans fenêtre côté couloir (je plaisante !)
- En parler : si c’était à refaire j’en parlerai à mes collègues au lieu de le cacher. Cela aurait été meilleur pour mon moral, et j’aurais certainement tenu plus longtemps dans un environnement plus ouvert. De plus, si personne n’en parle les mentalités ne changeront pas !
- Investir un peu de temps et d’argent avant son retour au travail pour se sentir bien physiquement : s’offrir une jolie coupe de cheveux, une ou deux nouvelles tenues, se maquiller (si on aime cela), etc. C’est important pour la confiance en soi et le regard des autres, surtout si on se sent encore fatiguée de la grossesse et que quitter le bébé est super dur. Cela parait superficiel mais cela aide.
- Prévoir des tenues adaptées, c'est-à-dire des couleurs et matières qui cachent les éventuels écoulements de lait (si vous y êtes sujette), et surtout qui vous permettent de tirer votre lait sans vous déshabiller complètement. Ces hauts et robes vous permettront aussi d'allaiter bébé facilement quand vous le récupérez le soir. Il ou elle se jettera sur vous à votre retour du travail et vous n’aurez pas forcément ni le temps ni l’envie d’enlever votre robe pour allaiter ! De plus, se retrouver en soutien-gorge et collants chez la nounou ou à la crèche, c’est limite.
- Prévoir des hauts, soutiens-gorge de rechange, et compresses d’allaitement à garder au bureau en cas d’écoulement de lait ou d’accident de tire-lait (genre quand vous renversez la moitié d’un biberon de lait tiré sur votre chemisier. Ne rigolez pas, cela arrive!)
- Pour dissimuler les coussinets d’allaitement, quatre options : mettre un soutien-gorge légèrement rembourré (mais c'est moyen pour la tétée avec bébé car le pauvre chéri se retrouve avec le rembourrage sur le nez), prendre les nouvelles compresses d’allaitement LilyPadz en silicone,ou bien choisir des compresses jetables super discrètes, comme les Lansinoh. Voir un billet précédent pour un banc d'essai sur ce thème.
- Louer ou acheter un tire-lait électrique à double pompage. J’avais le Pump In Style de Medela, cher mais qui fonctionnait très bien et avec le le double pompage et le compartiment réfrigéré, etc. C’est vraiment un investissement qui se rentabilise sur la durée (je n’ai pas d’actions chez eux.) Il m'a fait trois allaitements et continue à fonctionner super bien. Il font même maintenant un modèle avec des piles rechargeables pour celles qui n’ont pas accès à une prise électrique. L’ídéal c’est d’avoir cela plus un tire-lait manuel simple et discret (Avent, Medela, Lansinoh ou autre) à mettre dans votre sac si vous êtes en déplacement, en réunion chez un client, en formation, et qui vous permet de vider un peu vos seins rapidement si vous vous sentez engorgée mais n’avez pas le tire-lait électrique (plus encombrant) avec vous. Vous pouvez aussi exprimer votre lait manuellement, mais c’est une technique que je ne suis jamais parvenue à maîtriser. Certaines ne jurent que par cela donc cela vaut la peine d’essayer.
- Trouver un moyen pour faire tenir les téterelles du tire-lait électrique «toutes seules» afin de pouvoir écrire, taper sur le clavier ou téléphoner pendant que vous tirez votre lait (avec le phump phump du tire lait en bruit de fond!), ou lire un magazine! Il y existe des bustiers «spécial tire-lait» (je sais c'est glamour au possible) mais certains soutiens-gorge sont adaptés et ne se détendront pas si vous tirez votre lait avec. J'ai aussi testé plusieurs de nos soutiens-gorges "en situation" et avec les deux modèles de Bella Materna (bretelles doubles, et bonnets froncés), on peut faire tenir les téterelles Medela sans problème à l’intérieur du soutien-gorge. Celui de chez Anita marche aussi mais un tout petit peu plus difficilement car il est plus enveloppant donc plus difficile de faire tenir les téterelles dedans. Je n'ai testé ces soutiens-gorge qu'avec les téterelles Medela et n'ai pas essayé avec d'autres marques de tire-lait... Ce qu’il faut éviter à tout prix c’est la sensation angoissante de tirer son lait avec une téterelle dans chaque main et en regardant les minutes qui défilent et le biberon qui ne se remplit pas assez vite. Au moins si vous avez les mains libres vous pouvez continuer à travailler ou bouquiner et le temps passe plus vite. Et comme vous êtes détendue, vous tirerez plus de lait.
- Pour se motiver : avoir une photo de votre bébé scotché dans le sac de votre tire-lait : rien qu’à regarder sa petite bouille adorable, vous aurez une montée de lait !
- Faire des réserves de lait avant de reprendre le boulot. Evident mais vraiment important. Rien que de savoir que j’avais 10 biberons de lait maternel congelé me permettait de me détendre au bureau si j’avais une session tire-lait qui ne donnait pas grand-chose.
- Boire, boire, boire. Les environnements de bureaux ou de travail en général sont souvent climatisés, et cet air sec déshydrate sans même qu’on s’en rende compte. Il vaut se promener avec sa gourde ou sa bouteille d’Evian et boire à petite gorgée très régulièrement. Eviter l’eau glacée qui coupe la soif tout de suite, préferer l’eau à température ambiante.
- Avoir des réserves de nourriture dans son bureau : barres de céréales, gâteaux type Gerblé ou Gaylor Hauser, fruits secs, etc. Il est important d’éviter «les coups de barre » et en cas de petite faim soudaine il vaut mieux manger quelque chose à haute valeur nutritive que de se ruer sur le distributeur de sodas et petits gâteaux.
- Obtenir le support moral de son mari et de son entourage. Tirer son lait en travaillant demande une logistique bien précise, et un mari/compagnon/copain qui vous donne un sérieux coup de main. Premièrement parce qu’il faut que vous vous ménagiez et dormiez un peu plus, et deuxièmement parce qu’il y aura toujours des moments de crise où il faudra que votre mari vous sauve d’une situation difficile : le jour où vous faites venir mari et bébé au bureau sur le coup de 19h30 pour une tétée expresse avant le dîner au resto avec des clients… Le jour où vous avez oublié le tire-lait et votre mari vous le fait livrer par coursier ou vous l’amène lui-même en vélo… Le jour où une petite pièce indispensable du tire-lait rend l’âme et votre mari la trouve sur Internet in extremis, etc.
- Pouvoir faire garder son bébé par quelqu’un qui accepte de donner du lait maternel. J’avais la chance énorme d’avoir une nounou à domicile, qui a gentiment accepté d’apprendre les techniques de conservation et de réchauffement du lait maternel. Si vous faites garder votre enfant en crèche, l’accueil peut varier énormément comme l’ont montré les contributions récentes dans les forums, mais les mentalités changent petit à petit. Voir un billet récent sur ce sujet.
- Se dire que cela en vaut vraiment la peine. Quand on voit les avantages du lait maternel, même à petite dose, même si ce n’est qu’une ou deux tétées par jour, on oublie les difficultés rencontrées.
Pour des conseils supplémentaires pour combiner allaitement et retour au travail, voici quelques liens utiles :
- La Leche League a un bon dossier sur ce sujet : http://www.lllfrance.org/allaitement-information/tirer-son-lait.htm
- Lactitude a une bonne fiche pratique : http://www.lactitude.com/docs/m11.pdf
- Le Lien Lacté a un super dossier, pratique et qui couvre aussi les aspects légaux: http://lelienlacte.com/wiki/allaitement-et-travail
- Sur le site américain de Medela vous pouvez trouver une brochure très bien faite, traduite en plusieurs langues, donnant de bonnes indications pour tirer son lait au travail : http://www.medela.com/NewFiles/faq/bktoworkfrn.html
Et vous, est-ce que vous allez tenter de reprendre le travail en continuant l’allaitement ? Avez-vous des conseils à donner à celles qui se lancent ? Des retours d’expérience à partager ?
Pour bébé1, j'ai pratiqué l'allaitement mixte entre 2,5 et 4,5 mois (2 tétées matin et soir et 2 biberons dans la journée donnés par la nounou). J'ai arrêté car elle mangeait 10 fois plus au bib et j'avais l'impression de la sousalimenter en l'allaitant ...
Pour info, les toilettes uniques de mon boulot doivent faire au moins 1,5 m² et tout le monde (c'est à dire tous les hommes et moi ...) bosse dans la même pièce, impossible de tirer mon lait. Le figo ne sert qu'aux pots et n'a pas du être lavé depuis 2 ans ...
Pour bébé2 (7,5 mois aujourd'hui), je me régale grâce au congé parental, quel bonheur !
Beaucoup d'admiration pour toute celles qui combinent boulot et allaitement, chapeau !!!
Rédigé par: gf | 10 octobre 2008 à 15:43
Waouh vous êtes radieuse sur la photo !
En ce qui me concerne la reprise du boulot (après 14 semaines : 10 de congé mat + 4 de vacances) a sonné le glas de l'allaitement. J'ai un temps envisagé de tirer mon lait au boulot, mais à l'époque j'étais dans des algécos, à 4 dans le même bureau, toilettes riquiqui et surtout pas de frigo disponible. Sans compter que personne ne m'a donné le moindre encouragement (à la visite des 6 semaines, étant encore en train d'hésiter, j'ai du faire le forcing auprès de la gynéco pour qu'elle me refasse une ordonnance de pilule "allaitement" au cas où). J'ai gardé quelques semaines l'allaitement mixte : d'abord matin et soir, puis soir seulement. Au bout d'un moment j'ai eu l'impression que mon fils n'était toujours pas rassasié après 3/4 h de tétée (pourtant il restait du lait) donc j'ai fermé la boutique. Je dois dire qu'il ne me serait pas venu à l'esprit de le réveiller le matin pour téter (d'autant plus que ça m'aurait demandé de me lever 20 min plus tôt), alors que je comptais les minutes de sommeil.
Je ne peux pas dire que le sevrage ait été un déchirement car j'ai ressenti l'allaitement de façon très ambiguë. D'un côté évidemment c'est ce qu'il y a de mieux, le lait maternel + la tétée au sein, mon fils était un champion de la tétée, j'avais beaucoup de lait, et j'étais fière qu'il soit gras comme un bouddha juste grâce à moi. De l'autre, je trouvais l'allaitement pénible : devoir porter des soutien-gorge moches et de mauvaise qualité (je vous promets qu'en 95H/I le choix est TRES réduit -ou en tout cas l'était à l'époque), ne pas pouvoir boire d'alcool, pouvoir moins facilement laisser le bébé à son papa, etc. Et surtout (attention aveu mauvaise mère) je n'ai jamais vraiment trouvé que la tétée était un moment magique et irremplaçable avec mon bébé, d'ailleurs je faisais souvent autre chose en même temps (lire, téléphoner, papoter, regarder la télé...). Je préférais d'autres moments de câlin, de sieste dans mes bras ou autres.
Rédigé par: La poule pondeuse | 10 octobre 2008 à 16:39
Je me retrouve complètement dans la description de ton expérience Ségolène.
J'ai repris le travail quand mon fils avait 4 mois tout juste. J'ai déjà eu de la chance. Dans les locaux de mon entreprise de l'époque, pas de salle dédiée à ça sur tout l'immeuble. Il y avait les toilettes qui fermaient à clé et le lavabo était dehors mais pas de prise électrique à l'intérieur !
Au début avec le tire-lait manuel, ça posait pas de pb. Quand on y pense, tirer son lait aux toilettes, c'est comme manger aux toilettes. Beurk mais elles n'étaient pas toutes petites, c'est déjà ça. Et puis y'a eu beaucoup de tensions au travail. J'avais de moins en moins de lait, Arthur se réveillait la nuit parce qu'il avait faim et c'était loin d'être une partie de plaisir pour moi parce que j'étais encore plus fatiguée le lendemain. Le cercle vicieux....
J'ai loué un tire-lait électrique, avec une pompe (avec le recul, j'aurais du en prendre deux). J'ai du changer de pièce. J'avais ma petite malette, j'allais m'enfermer dans la salle des serveurs (je bossais chez un éditeur de logiciels informatiques) qui ne fermait pas à clé...
J'ai mis du temps à parler du fait que je m'éclipsais. Je ne l'ai jamais fait en réunion, j'avais honte. Je le faisais juste quand j'étais à mon poste en train de coder et qu'il était l'heure. J'arrêtais d'ailleurs d'aller aux pauses (sauf la pause déjeuner) avec les autres pour ne pas perdre de temps... Quand j'étais avec ma trayeuse électrique (c'est comme ça que je l'appelais), j'avais l'angoisse perpétuelle que quelqu'un ouvre la porte et tombe sur moi......
Ayant de moins en moins envie de pratiquer cette activité au travail parce que pas adapté, je tirais mon lait dans la voiture le matin, dans la voiture le soir (1h de trajet, ça laisse le temps de faire les choses) et aussi juste avant de dormir. C'est devenu un véritable enfer pour moi d'allaiter mon fils en travaillant.
Une très mauvaise expérience... J'ai tenu à ce rythme 1 mois. J'ai introduit le lait artificiel au moment où j'ai diversité mon fils. Et j'ai arrêté complètement l'allaitement après. Ca m'a dégoûtée... Ne pouvant stimuler ma lactation correctement, l'allaitement à la maison devenait un enfer avec le rythme que nous avons.
Avec le recul, déjà je ne sais pas si je recommencerais. Accepter de nourrir mon lait avec du lait en poudre a été très dure mais faut dire ce qui, ça m'a permis de me mettre moins la pression.
J'ai depuis changé d'entreprise et j'ai un employeur plus compréhensif. Cela dit, je sais pas si mes clients le seraient... Je n'aurais pas plus en l'état actuel des choses de pièce vraiment adaptée mais la salle avec les ordinateur peut se fermer à clé, il y a un frigo et les toilettes ne sont pas trop loin. Si je me sens capable de me relancer dans l'aventure, je louerais un tire lait double pompe et je prierais pour que mon fils ait tout ce dont il ait besoin dans la journée, histoire de ne pas rentrer à nouveau dans le cercle vicieux de la fatigue qui affecte ma lactation.
Rédigé par: la lène | 10 octobre 2008 à 17:41
Merci pour ce témoignage, effectivement, travailler et allaiter me semble infaisable, je bénis donc le congé parental.
Rédigé par: delph, Mathis et Peyo | 10 octobre 2008 à 21:07
Alors oui j'ai allaité et travaillé deux fois .
Mon ainée 9 mois et la seconde est toujours allaitée à plus de deux ans et ayant reprit pour ses trois mois.
Je travaille de jour ou de nuit par garde de 12h.
Pour y arriver: des réserves (car la baisse de lait est cyclique lol et dans ce cas les réserves sont bienvenues pour destresser).
Tétées à volonté quand je ne travaille pas.
Ma puce n'a jamais eu de lait artificiel et boit du lait de vache depuis qu'elle a un an et demi.
Effectivement je crois que sans le TL double pompage c'est plus difficile mon ainée avait eu allaitement mixte des 6 mois au TL manuel je n'avais plus grand chose et surtout plus envie de tirer mon lait.
Rédigé par: Virginie | 11 octobre 2008 à 16:59
Merci d'écrire sur le sujet de l'allaitement et du travail. De mon côté, j'ai allaité et j'allaite toujours ma puce de 10 mois en travaillant, sans tirer (pas le courage et trop difficile à organiser dans mes journées très remplies, milieu très masculin et macho qui plus est). C'était donc un allaitement mixte la semaine (1 tétée le matin et 2 tétées le soir, au retour et à l'endormissement), avec tétée à volonté le week-end (dès que je suis avec elle, en fait) - c'est important, cela permet de relancer la lactation. Au bout de quelques semaines, la lactation s'est adaptée et depuis, tout se fait très naturellement.
Maintenant, j'allaite ma puce diversifiée le matin et le soir (et toujours à volonté le week-end). Je crois que cela nous réussit bien à toutes les deux.
Bien sûr, il y a eu quelques anecdotes de tirage insolite (pour me soulager uniquement, les premières semaines) et certaines journées avec déplacement sont plus compliquées. Mais, tous les autres jours, tout se passe très naturellement et simplement.
Si on souhaite continuer d'allaiter, cela vaut vraiment la peine d'essayer, en tous cas.
Rédigé par: Aa | 11 octobre 2008 à 17:00
Merci pour ce très bon mail!
L'allaitement au travail est un sujet un peu "batard"; déjà, quand on allaite, on nous prends parfois pour des réactionnaires ("oui, bon, l'allaitement c'est bien, mais faut pas pousser les femmes à allaiter hein, le lait en poudre c'est tout aussi valable alors chut") mais alors quand on tire notre lait au travail... ouuuufff!!!
D'autres femmes qui ont arrêté l'allaitement sont soit un peu dégoutées de ne pas y avoir pensé elles-mêmes, soit elles nous prennent pour des folles.
J'avais la chance, à l'époque, de travailler dans le siège social d'une marque de lingerie donc aucun tabou, tout le monde était au courant. J'ai eu quelques collègues enceintes qui sont "venues voir" donc j'ai fait la pub de l'allaitement au travail.
Maintenant je travaille dans une organisation internationale qui est ouvert à l'allaitement. J'ai dû tirer mon lait une semaine quand ma fille était chez ses grands-parents et j'ai eu droit à l'infirmerie avec de beaux lits doux, mes magazines de la salle d'attente, la porte fermée à clé, le frigo, tout!
Maintenant, à 11 mois, j'en suis à une tétée par jour. Bébé fait la grève de l'allaitement. Mais je me dis qu'une tétée, c'est tout de même une tétée!
Donc j'ai tout fait: allaitement à 100% après la reprise du travail, allaitement matin et soir et maintenant, une seule tétée matinale.
Je vous remercie d'avoir abordé le tirage du lait au travail avec autant d'honnêteté et de sens de la pratique. Et je vous félicite pour votre persévérance!!
Un message de courage est tellement nécessaire, merci!!
Rédigé par: Ilse | 11 octobre 2008 à 20:41
Je me retrouve dans cet article... J'ai moi-même vécu cette expérience assez difficile. A l'époque, j'en avais parlé sur mon blog :
http://lelutinperlimpin.canalblog.com/archives/2008/03/25/8455563.html#comments
aujourd'hui, j'en suis à 11 mois d'allaitement tout juste, plus d'obligation à tirer mon lait en journée, puisque ma fille est diversifiée. J'ai "tenu le choc"... mais ce n'était pas facile tout les jours. C'est d'ailleurs pourquoi j'ai participé à la Grande Tétée cette année. Pour que ce choix puisse être enfin reconnu dans notre société et que les mamans allaitantes puissent à l'avenir avoir de meilleures conditions.
Rédigé par: claire | 13 octobre 2008 à 11:04
Merci pour cet article et les commentaires qui vont avec, on voit bien que rien n'est évident et que les mentalités sont loin d'être adaptées à ce mode de fonctionnement!
Pour ma part j'ai allaité mon fils 21 mois, avec un congé parental de 6 mois, j'ai repris le boulot quand il avait 8 mois, il était déjà diversifié mais j'ai tiré mon lait pendant 3 mois pour qu'il en ait un peu dans la journée (un mini bib de 100 ml en général). Je tirais mon lait au boulot - impossible d'obtenir quoi que ce soit le soir à la maison - et à la main, d'abord parce que je n'arrivais pas à grand chose au tire lait manuel, ensuite parce que enfermée dans les toilettes, c'est tout de suite compliqué d'avoir un peu de matériel.
Peu de stress étant donné que mon fils était diversifié et mangeait très bien par ailleurs, mais quand même la nounou m'avait confirmé qu'il appréciait de retrouver un peu de sa maman dans la journée via mon lait, et je m'inquiétais un peu que mon allaitement s'épuise rapidement après la reprise du boulot avec juste une tétée matin et soir et un peu plus le week end.
J'ai mis 2 mois à expliquer à ma collègue de bureau pourquoi je disparaissais 1/2h dans l'après-midi tous les jours (elle s'inquiétait pour moi, et l'a très bien accepté), mais les autres n'en ont rien su.
Comme je travaille en société de service et que j'ai changé de boîte à la fin de mon congé parental, il m'a été complètement impossible d'anticiper sur mes conditions de travail (horaires / lieu / organisation) avant de me retrouver sur place, et je n'ai pas osé commencer dans cette nouvelle boîte en allant faire valoir mes droits de mère allaitante... pourtant j'ai eu la "chance" de commencer par cette mission au siège de ma boîte, donc où on ne pouvait au moins pas me reprocher quoique ce soit vis à vis d'un client à ménager.
Quand mon fils a eu 1 an j'ai arrêté de tirer mon lait, ça ne se justifiait plus d'un point de vue pratique et j'ai changé de mission, chez un client cette fois, donc répéter l'adaptation aux collègues, au rythme, aux locaux, avec beaucoup plus de pression... Je pense que même si il avait été plus petit je ne l'aurais pas fait. Par contre, là, face à une équipe jeune et curieuse, le fait que je continuais à allaiter mon "grand" matin et soir est très bien passé et j'ai fait pas mal de pub auprès de mes jeunes collègues qui n'y connaissaient rien. Evidemment ça n'est pas non plus la première chose que j'ai annoncée en arrivant !
Nous attendons bb2 en novembre, et si je compte bien réitérer l'allaitement, je ne me verrais pas reprendre le boulot en tirant mon lait pour subvenir à un allaitement maternel exclusif avant la diversification. Sans structure adaptée au boulot, ça me paraît un défi monumental de tirer son lait dans de bonnes conditions, et le temps d'obtenir des conditions correctes, il y a de quoi s'épuiser. Pour moi qui n'ai jamais eu une grande efficacité avec le tire-lait, que ce soit au début ou lorsque l'allaitement était bien installé, ça me paraît d'autant plus difficile (je n'ai pas essayé le tire lait électrique). Et quand on travaille comme moi en mission, il est très difficile d'être exigeant sur son environnement de travail. Mais maintenant que j'ai plus d'expérience dans mon entreprise et une première année de travail reconnue, j'essayerais de mettre le sujet sur le tapis quand je reprendrais le travail, au moins par curiosité, pour connaître leur position sur le sujet et éventuellement ouvrir le débat... on verra ce que ça donne.
Rédigé par: AnSo | 13 octobre 2008 à 12:17
Je fais partie des chanceuses qui ont pu reprendre le travail et continuer l'allaitement... je me classerais même dans les très chanceuses car les dieux et les éléments (et tout le reste) devaient vraiment être de mon côté... ma fille étant née avant terme et avant même mon congé prénatal (que j'avais repoussé au maximum), j'ai d'abord eu 16 semaines tranquilles... prolongées par un congé patho (justifié car elle me réveillait 3 fois dans la nuit pour manger)... j'ai ensuite choisi de reprendre à mi-temps... ce qui m'a allégé mes horaires d'autant... nous nous sommes organisés avec le papa, de façon à ce que notre puce soit gardée par nous, à la maison, pour les quelques mois qui restaient jusqu'à l'été... ainsi, soit je pouvais l'emmener avec moi au travail dans le cas où je n'avais pas de cours (et dans ce cas, elle avait les tétées "en live" et jouait le reste du temps), soit je donnais une tétée en partant et une en revenant... et je laissais une provision de lait tiré, au cas où...
C'est seulement en septembre que j'ai découvert la joie de tirer au travail : assise sur les toilettes... très glamour... si on ajoute à ça que ce qu'on met dans les frigos du bureau doit être étiqueté avec la provenance et le nom du propriétaire... et que (pas de chance), je dois chauffer mon lait pour éviter qu'il ne s'auto-digère (oui, c'est rare, mais cela arrive... trop de lactase, et hop, voilà le lait "auto-digéré" en moins de 12 heures !), je vous passe le récit des péripéties...
Finalement, quand la nounou m'a dit qu'Ariane refusait mon lait tiré, j'avoue avoir été soulagée : elle a 1 an, et on peut sans danger remplacer les tétées de journée par un yaourt nature... c'est ce que nous avons fait...
Elle tète encore 4 à 6 fois sur 24 heures, selon si elle est avec moi la journée entière ou juste la fin d'après-midi et la nuit... et je me trouve extrêmement chanceuse d'avoir pu poursuivre jusque là et de pouvoir envisager de continuer encore...
Emmanuelle
Rédigé par: Emmanuelle | 13 octobre 2008 à 12:39
J'ai souhaité continuer à allaiter bb1 à la reprise du travail, et cela a été très difficile (TL manuel, horaires de travail à rallonge ne permettant pas de conserver suffisamment de tétées pour entretenir)... cela n'a duré qu'un petit mois !
Pour bb2, j'ai carrément sevré lors de la reprise du travail.
Et puis pour bb3, j'ai réussi à mieux m'organiser : tétée le matin, TL électrique à double pompage le midi (je suis profession libérale, alors j'ai un bureau et un frigo si je le souhaite !), tétée le soir en rentrant + avant de se coucher.
En plus la crèche accepte le lait maternel, et ça c'est vraiment top !
alors c'est vrai que ce n'est pas toujours facile de trouver un moment pour tirer, surtout en déplacement, mais pour le moment ça marche (2 mois 1/2).
Effectivement, j'ai fait des réserves au congélateur pendant mon congé maternité, et le tire lait que je loue (medela symphonie) est simplement super génial ; j'avoue également que le bustier de mamanana me permet de continuer à travailler pendant que je tire mon lait, et c'est vraiment très pratique.
je ne regrette vraiment pas mon choix, même si dans mon milieu professionnel je suis prise pour une extrémiste (alors que mon bb n'a que 5 mois 1/2!), la plupart de mes consœurs n'allaitant même pas du tout.
J'espère que les mentalités vont changer.
Rédigé par: Stéphanie | 13 octobre 2008 à 13:14
Bonjour à toutes,
Pour mon aînée, j'ai repris le travail a 3,5 mois, avec plus de 10 bib de lait en réserve au congel, elle a longtemps boudée mon lait chez nounou préférant m'attendre et se rattraper le soir et la nuit. Angoissant, même en ce disant que les bébés qui font leur nuit font l'inverse ... Vers 6 mois, elle a commencé a accepté les solides, je transformais donc mon lait en flans et parallèlement elle commençait la diversification. Elle s'est sevrée quand je suis tombée enceinte de bb2 à 20 mois.
Pour la seconde, pareil, reprise à 3.5 mois, et bonne réserve au congel, âpres un premier mois ou elle ne voulait pas le bib… Une fois qu’elle a attrapée la technique, elle prenait jusqu’à 700 ml de mon lait chez nounou, j’avais un peu du mal a suivre avec la pression qu’elle me mettait, mais on a tenu en flux tendu jusqu’à 7 mois. Par contre, pour elle, j’ai un peu plus insisté pour qu’elle se sèvre, j’ai tenue jusqu’à 4 mois de grossesse, la tétés étaient devenu très désagréable.
Pour bb3, j’espère pouvoir aussi tirer le lait. Je suis la seule a avoir demandé a pouvoir tirer le lait, et je passais encore pour un extra-terrestre quand je disais que j’allaitais les filles plus de 4 mois, après n’en parlons pas. On est a peu près 50/50 entre hommes et femmes, mais la moyenne d’âge est de 45 ans et rare sont celles qui ont allaité et quelques unes ont des filles qui allaitent, mais c’est pas du tout dans les mœurs.
Au niveau technique et organisation, je n’ai pas de bureau permettant d’être intime : bureau commun avec mon chef et belle baie vitrée sur un atelier. Le seul endroit où je pouvait aller était les toilettes avec la porte à 20 cm de mes genoux, il est dans le couloir d’entrée et en hiver, il fait froid…. Je me prenais une veste supplémentaire pour me couvrir les reins … Par contre, j’ai un frigo, et de quoi nettoyer mes tire lait. Cote tire lait, j’ai un double pompage qui fonctionne sur pile et un manuel… Bizarrement, je m’en sort mieux avec le manuel…
J’ai tiré chaque fois jusqu’à leurs 11 mois en me gardant 1 mois au cas ou pour adapter les seins, et c’était indispensable pour moi.
D’aller aux réunions de soutien aux mères qui allaitent m’a aussi beaucoup aidé lors des moments où la fatigue et la crainte de ne pas y arriver nous submerge.
Rédigé par: Isabelle | 13 octobre 2008 à 13:37
Je me rends compte que j'ai bien de la chance. Je suis vétérinaire et mon propre patron. Alors quand je décidais de m'éclipser dans mon bureau pour tirer mon lait les consignes étaient données! et les RDV pris en fonction : 1/2 heure de pause le matin, idem l'après midi! J'ai repris le travail à ses 3 mois, Ma puce a bu mon lait tiré jusqu'à ses 9 mois puis elle a décidé que mon lait c'était directement au sein ou rien! Alors à partir de là elle s'est contentée du matin et soir les jours où je travaillais toute la journée. Elle a aujourd'hui 27 mois, tête toujours (et heureusement car elle est intolérante aux protéines de lait de vache), et je suis enceinte de mon troisième!
Bon courage à toutes!
Christelle
Rédigé par: Christelle | 13 octobre 2008 à 14:10
J'ai aussi tiré mon lait avec mon TL manuel sur mon lieu de travail, jusqu'aux 18 mois de ma fille. Eh oui :-) Au début j'avais besoin d'une heure, et puis rapidement je me suis rendue compte qu'1/2h suffisait. Au 1 an de ma fille, ma chef a accepté que je poursuive puisque je faisais bien mon travail.
Je précise que j'avais un poste d'encadrement (avec bureau fermant à clé), que j'en avais parlé à tout le monde et que j'avais des retours très positifs (ceux qui ne voyaient pas ça d'un bon oeil se sont tu). J'ai arrêté à la fin de mon contrat, et maintenant ma fille attend simplement mon retour (elle a 21 mois).
Ce qui m'a beaucoup aidé, c'est le cododo. Elle buvait peu chez l'assistante maternelle en journée, et tétait donc beaucoup la nuit. Allaiter sans me lever, le bonheur :-D
Comme quoi c'est faisable...
Morgane
Rédigé par: Morgane | 13 octobre 2008 à 18:28
ah là là je viens de sevrer complètement mon 2e à 4 mois 1/2, après 2 semaines 1/2 de travail. j'ai allaité probablement la dernière fois hier... il attendait la nuit pour téter, et moi, de plus en plus fatiguée, je n'avais plus de lait. J'admire celles qui se sont battues pour tirer leur lait au travail. Je me suis posée la question, et j'aurais peut-être creusé si j'avais travaillé à mi-temps ; deux biberons dans la journée cela me semblait impossible ! je ne savais même pas que les tirelait électriques étaient recommandé. Au boulot ce qui aurait posé problème plus que les collègues c'est le frigo crado de la cafète... Pour le premier c'est la fatigue aussi qui m'avait fait arrêter, malgré un superpapa qui faisait tout. Je crois quand même qu'il ne faut pas trop se mettre la pression, la reprise est déjà tellement dure en elle-même après une aussi longue absence pour pleins d'autres raisons.
Rédigé par: soffie | 13 octobre 2008 à 19:02
Je suis américaine mais j'habite en France depuis cinq ans. A la naissance de mon fils, j'étais ravie d'avoir la flexibilité de prendre neuf mois de congé parental car aux US on doit souvent reprendre le boulot très rapidement, mais j'étais un peu desespérée de la situation en France pour l'allaitement après la reprise du travail.
Avec beaucoup d'encouragement de la part de mes amies aux US, j'ai décidé d'oser le faire quand même, et tant pis si mes collègues français me trouvaient bizarre. Il faut dire que c'est un grand avantage d'être une étrangère, car il suffit de dire "chez nous, on fait comme ça" et c'est accepté (ou au moins on ne fait plus de commentaires !).
Heureusement, à neuf mois mon fils ne tétait plus qu'une fois pendant la journée, donc je n'avais à tirer mon lait qu'une fois en début d'après-midi. J'avais du mal à trouver un endroit adapté, mais j'ai finalement trouvé le vestiare de la salle de sport : un accès discret, une porte qui ferme à clef, mais sans prise électrique.
J'ai continué à tirer le lait jusqu'à la rentrée quand mon fils avait un peu plus d'un an. Maintenant à tout juste 15 mois il prend du lait de suite avec la nounou mais continue de têter le matin et le soir.
J'espère qu'un jour l'allaitement après la reprise de travail sera aussi accepté en France qu'aux US. Bravo à toutes celles qui continuent malgré les difficultés considérables !
J'ai écrit un article sur le sujet sur mon blog (en anglais) : http://www.parisiennemaispresque.com/2008/06/so-you-want-to-pump-and-work-in-france.html
Rédigé par: parisienne mais presque | 13 octobre 2008 à 19:59
J'ai allaité mes trois enfants pendant 15, 22 et 12 mois. A chaque fois, j'ai repris le travail alors qu'ils avaient 5 mois... allaiter en reprenant le travail, c'est pas facile mais c'est possible. Et au bout de trois, j'étais bien rôdée !
Pour le premier, comme beaucoup, c'était les toilettes à midi pour tirer mon lait... je n'ai tenu que deux mois. Mais en donnant un peu la nuit, le week end à volonté, j'ai pu allaiter jusqu'à 15 mois.
Pour la deuxième, coup de chance, j'étais seule dans un bureau (mais qui ne fermait pas à clé). Alors, pendant que tout le monde prenait le café, je m'installais à mon ordi pour lire des docs du boulot en tirant mon lait... Je crois que jai tiré mon lait au boulot pendant presque 4 mois !
Et pour la troisième, je n'étais pas seule dans mon bureau mais j'avais prévenu mon collègue (jeune papa compréhensif) et je tirais mon lait pendant qu'il prenant son café après le repas. Un quart d'heure me suffisait pour faire un petit biberon que je donnais le lendemain à la crèche.
C'est sûr, il faut être organisé (sac isotherme avec poche de glace) il faut avoir un frigo et il faut aimer ça...
Mais je suis tellement fière d'avoir réussi !
Alors il ne faut surtout pas dire que ce n'est pas possible. Même si on ne peut pas tirer au boulot, je pense qu'en reprenant à volonté dès qu'on est avec son bébé, ça peut tenir... ça en vaut vraiment la peine !
Rédigé par: Valérie | 13 octobre 2008 à 21:03
Bravo pour ce billet!
je tire moi même 2 fois par jour, pour mon petit de 7mois (reprise du travail à 6mois).
je passe pour "celle qui tire son lait" et selon les collègues, je suis très courageuse ou complément arrièrée...
Tous les matins, j'apporte mon sac isotherme.
Le TL, c'est mes mains, çà prend pas trop de place :-)
et je règle mes horaires de réunions pour pouvoir tirer! non mais!
Courage à toutes, oui, çà ne vaut la peine!
Rédigé par: Atropine | 13 octobre 2008 à 21:24
Ah je me retrouve tellement dans cette histoire!
J'ai repris le travail pour mes 2 allaitements au 3 mois de mes bébés.
Lorsque j'etais au bureau, je tirais mon lait avec un tire lait double pompage electrique cachée sous le bureau, car bien que beneficiant d'un bureau privé, celui ci avait des grandes parois vitrées donnant sur le couloir.
En deplacement, je tirais où je pouvais. Cela a été un vrai enfer parfois: Les toilettes des avions et des aéroports pas très propres, des bureaux gentiment prétés mais avec vitres sans rideaux donnant sur la rue et avec une porte qui ne fermait pas... Stockage du lait dans les frigos de cuisine des grands hotels et hall de convention avec a chaque fois autorisation speciale et labellisation obligatoire (lait maternel de V... très glamour!!) car la legislation n'autorise pas le stockage de n'importe quoi n'importe commment!
Mais je suis tétue et j'ai tenu! Si lontemps même que je co-allaite mes des 2 amours. Rien ne remplace ces calins apres le retour des deplacements!
Rédigé par: vanessa | 14 octobre 2008 à 06:44
Bonjour,
J'arrive un peu tard sur ce billet, mais bon... je suis tout à fait d'accord avec ce que vous écrivez, notamment sur toute la partie conseils. Ayant terminé l'allaitement, je vais revendre mon tire-lait Pump In Style de Medela. S'il peut intéresser quelqu'une, contactez-moi à mathmania@oxatis.com.
Rédigé par: céline | 14 octobre 2008 à 08:03
En ce qui me concerne, j'ai plutôt de la chance.... Mon activité me permet de tirer mon lait sans trop de problème.....
Je suis commerciale (en aire de jeux pour enfants) et mon bureau est à la maison....
Lorsque je suis à la maison, je le tire quand je veux, et quand je suis en déplacement, je le tire dans ma voiture entre deux RDV....!!!!
J'ai un tire lait électrique que je peux brancher sur secteur ou sur l'allume cigare, tire-lait que je range dans son petit sac à dos spéciallement conçu pour et livré avec une mini glacière dans laquelle je mets des pains de glace quand il fait chaud.....
Bon, c'est vrai que tirer son lait dans une voiture peut amener à des situations parfois comiques.....
Une fois, alors que j'étais garée à l'écart de la foule sur une aire d'autoroute.... arrive une voiture de gendarmerie.... ils devaient se demander ce que je faisais.... je vous dis pas leurs têtes quand ils ont compris.... finalement, ils ont été plus dérangé que moi....!!!
Une autre fois, je devais passer la journée avec des élus de la ville de Nevers pour faire le tours des aires de jeux des écoles et crèches.... Je parts aux aurores de chez moi.... en intégrant le temps nécessaire pour tirer mon lait avant le rdv, sauf que, une fois arrivée là bas, je me rends compte que j'ai oublié une partie du tire lait.... CATASTROHE..... J'avais le sein plein (je n'en ai plus qu'un suite à une tumeur qui a nécessité une mammectomie) et vous imaginez combien je pouvais avoir mal, sans parler du fait que mon coussinet d'allaitement n'allait pas pouvoir retenir longtemps les fuites.....!!!
Bref, sachant que le RDV était à 9H00, heure d'ouverture des magasins, je ne me suis pas dégonflée et j'ai annoncé d'entrée aux élus qu'il nous faudrait faire un détour par une pharmacie pour l'achat d'une tire lait....!!!!
Ils ont plutôt bien pris la chose mais heureusement qu'il y avait une femme parmis eux, et allaitante en plus....!!!! Ca m'a bien aidé...!!!! Surtout quand ils m'ont laissé seule pour que je puisse tirer mon lait dans le mini bus affrété pour l'occasion, mini bus que le chauffeur avait pris soin de garer dans un endroit calme et peu fréquenté...!!!
Et dernière annecdote, pas plus tard qu'hier, j'étais en visite usine avec 3 élus.... Il a bien fallu que je trouve un moment pour tirer mon lait.... alors, lorsque nous étions au restaurant avec mon Dir commercial, j'ai annoncé avant le dessert que je m'absentais par ce que je devais tirer mon lait et que je me passerai donc de dessert et café.... Je crois qu'ils ont assez bien prix la chose....même s'ils ont été assez surpris, sauf mon directeur qui en a maintenant l'habitude....!!!!
Voilà mon expérience de l'allaitement et du travail...
Il est vrai que je n'ai jamais caché mon allaitement et au contraire, je le revendique.... Je ne l'ai jamais non plus affiché de façon provoquante, enfin je pense, et jusqu'à présent, je suis toujours "tombée" sur des personnes qui l'ont bien accepté....
A savoir que mon ainé, Jules, aura 2 ans le 7 novembre prochain.... je l'ai allité jusqu'à ses 14 mois.... j'ai du tirer mon lait jusqu'à ses 1 an....
Mon second, Arthur, fêtera ses 8 mois le 19 octobre, je l'allaite évidemment et je tire donc mon lait chaque jour.....
et pour info, vous êtes dans les premières à le savoir, BB3 est en route, il nous rejoindra, si mère nature est bienveillante, en juin 2009.... et la question ne se pose même pas, je l'allaiterai et, ne souhaitant pas m'arrêter de travailler, je tirerai mon lait...... encore et encore....!!!!!!
Rédigé par: Florence Degueldre | 14 octobre 2008 à 14:12
Super de te lire je trouve ton témoignage motivant et plein d'humour
Rédigé par: Virginie | 14 octobre 2008 à 14:15
bonsoir,
j'ai repris -sans tire lait, car cela me semblait compliqué et fastidieux- le travail à 80% au 6e mois de gabriel.
j'ai continué à l'allaiter matin et soir (la journée, il prenait 2 biberons de lait artificiel chez sa nounou) et à la demende les jours où je ne travaillais pas ! les premiers jours ont été "débordants", je me débrouillais pour sortir tôt le soir pour le récupérer chez sa nounou et lui donner le sein mais les montées de lait se sont régulées d'elle-même!
il a maintenant 18 mois et il est ravi quand je lui propose de têter (au grand dam de notre entourage..."il est grand maintenant, il faut arrêter")
merci aux conseils judicieux de bénévoles de Solidarilait qui m'ont soutenu et conseillé depuis la naissance de mon fils! le maître mot est vraiment NE PAS SE PRENDRE LA TÊTE! et faire comme on le sent, c'est le meilleure gage de réussite.
merci à mamanana pour ces supers vêtements d'allaitement (pratiques et élégants)
Rédigé par: stan | 14 octobre 2008 à 23:01
Merci pour tous ces commentaires.Je suis désolée d’y répondre si tard. Seule excuse : la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel qui m’a bien occupée.
De manière générale je vois que ce sujet a a touché nombreuses d’entre vous. Il y a donc beaucoup de mamans qui concilient travail et allaitement, ou tout au moins qui ont essayé. Merci d’avoir pris le temps de décrire vos expériences, je pense qu’elles en aideront plus d’une. Et cela m’encourage à proposer plus d’articles sur ce thème dans les mois qui viennent.
C’est vraiment amusant de voir à quel points les situations cocasses fourmillent dans ces expériences de retour au travail, il faut vraiment avoir le sens de l’humour et surtout, ne pas trop se prendre au sérieux, pour y arriver. C’est peut-être cela la clef du succès : le sens de l’humour et de l’autodérision (personnellement je crois avoir manqué un peu des deux)_, et aussi un environnement de travail ouvert et respectueux, ce qui est rare !
Poule Pondeuse, je voulais réagir à votre commentaire « Et surtout (attention aveu mauvaise mère) je n'ai jamais vraiment trouvé que la tétée était un moment magique et irremplaçable avec mon bébé, d'ailleurs je faisais souvent autre chose en même temps (lire, téléphoner, papoter, regarder la télé...). » car c’est quelque chose que j’ai éprouvé moi aussi : on nous tanne tellement avec le côté magique de l’allaitement, l’intimité avec bébé, blablabla, qu’au final on est souvent un peu déçue. Mais j’y ai pas mal réfléchi (on a le temps quand on allaite de réfléchir !) et voici mon ressenti : une tétée c’est comme une conversation. Parfois vous avez avec quelqu’un (mari, amie ou autre) une conversation profonde, un vrai cœur à cœur sur lequel vous étiez 100% concentrée, et cet échange vous a beaucoup apporté, mais c’est rare. Le plus souvent, au quotidien, vous avez des petites conversations en faisant la cuisine, en conduisant, en feuilletant distraitement un magazine…. Pour moi les tétées c’est pareil : il y a certaines tétées où je me sens émotionnellement super proche du bébé, et d’autres où je suis sur le portable, j’essaie de taper sur le clavier (si si), ou j’aide l’aînée à faire ses devoirs. Je crois que cela ne diminue pas la valeur de la tétée – et surtout je crois que cela ne fait pas de moi ni de quiconque une mauvaise mère. Se dire que l’allaitement c’est tout le temps magique, c’est trop se mettre la pression. Tant mieux pour celles pour qui c’est vrai, mais il faut bien se dire que ce n’est pas le cas de tout le monde, loin de là --- et cela ne fait qu’empirer qu’avec le nombre d’enfants qu’on élève !!!
Rédigé par: Segolene | 21 octobre 2008 à 10:14
Je suis maman pour la 2ième fois et je repars volontiers au travail avec mon fidèle compagnon le tire-lait. Pour mon 1er enfant la difficulté n'est pas venue de mon entourage professionnel (heureusement, je suis puéricultrice à l'hôpital) mais de ma famille qui ne comprenait pas pourquoi je perdais autant de temps à tirer mon lait alors qu'il était plus simple de donner le biberon. A force d'obstination et du plaisir de retrouver ce lien si particulier à chaque retour à la maison, et surtout grâce au soutien du papa (vaisselle, préparation du repas et autres travaux ménagers),qui ne comprenait pas trop bien lui non plus cet acharnement mais voyait l'importance que ça avait pour moi, j'ai pu nourrir mon fils ainé jusque 2ans1/2.Le plus difficile a était les 6 premiers mois car cela demandait beaucoup de temps( 1/2 heure à 3/4 heure de sommeil en moins le matin, la pause du repas enfermée dans un bureau médical car pas de local adapté non plus, tétée+séance tire-lait à la maison pour avoir les quantités suffisantes)j'avais l'impression de ne faire que ça! Mais une fois le cap des 6 mois et de la diversification alimentaire passés: que du pur bonheur! Pour mon 2ième, pas de récriminations familiales, c'était une évidence pour tous le monde! mais 2 changements notables quand même : l'achat de mon propre tire-lait électrique avec les accessoires qui vous facilitent la vie, auprès d'une américaine (ils sont en avance sur ce sujet) et surtout la possibilité de passer à un 1/2 temps sans trop de pertes financières grâce aux aides de la CAF. Mais quel plaisir de pouvoir continuer à nourrir exclusivement mon 2ième qui a 4 mois( je fais des stocks de lait pendant mes repos), être plus présente pour mon ainé et garder un pied dans le monde du travail. Pour toutes celles qui peuvent le faire je leur dis "foncez" et pour les autres de ne rien regretter car une mère donne toujours ce qu'il y a de meilleur en elle pour son enfant.
Rédigé par: sonia | 29 octobre 2008 à 16:27