Allaitement et crèche
Vous avez peut-être vous aussi reçu dans votre boite mail une invitation à signer une pétition adressée au Ministre de la Santé lui demandant de légiférer sur le sujet de l’acceptance par les crèches du lait maternel. Cette pétition a été créée suite à la décision de la ville d’Asnières-sur-Seine de refuser le lait maternel dans ses crèches (et d’envoyer une lettre recommandée aux mamans leur demandant d’arrêter d’amener des biberons de lait tirés!) Voir reportage de la journaliste Brigitte Béjean d’Europe 1 sur le sujet.
L’allaitement en crèche est un sujet que je connais mal donc en recevant ce message j’ai voulu faire quelques recherches avant de signer la pétition. Je n’ai pas été déçue du résultat : au gré des discussions sur les forums, des articles sur les sites associatifs, et des articles dans la presse destinées aux professionnels de la petite enfance, on se rend vite compte que l’acceptance par la crèche du lait maternel est loin d’être la norme.
On est dans un système aberrant où on encourage les mamans à allaiter exclusivement pendant six mois (recommandations de l’OMS et du Plan National Nutrition Santé 2006), mais où elles reprennent le travail souvent bien avant (tout le monde n’a pas les moyens de prendre un congé parental) et où l’acceptance du lait maternel en crèche est subordonné à la bonne volonté de la directrice de la crèche, où de manière politiquement correcte « à la décision de l’équipe pédagogique. »
Lorsque la crèche refuse les biberons de lait tiré les raisons données sont liées soit à des souçis d’hygiène (le lait maternel étant à tort considéré par la crèche comme un produit biologique tel que le sang et donc pouvant contaminer la personne préparant les biberons), soit à des aspects pratiques (par exemple le lait maternel étant plus digeste, le bébé peut avoir besoin de biberons plus souvent qu’un bébé nourrit au lait artificiel – d’où des souçis d’organisation.) Le respect de la chaîne du froid revient aussi souvent (mais cet argument peut être facilement contré si la maman amène le lait dans une petite glacière.) Quand on examine les raisons données en détail, il semble qu’aucune ne soit insurmontable. Certes, cela demande une adaptation de la part de la crèche et de son personnel, mais ce n’est pas non plus une révolution de fond en comble. La meilleure preuve étant que des villes comme Paris sont parvenues à mettre des processus en place pour accepter le lait maternel dans les crèches.
On assiste donc à des inégalités de traitement majeures d’une crèche à l’autre, d’une ville à l’autre : certaines mères sont forcées à sevrer précocemment (comme si reprendre le travail tôt n’était pas suffisamment difficile !), d’autres, qui ont la chance de résider dans des villes plus éclairées, peuvent poursuivre l’allaitement.
Quand on sait que la poursuite de l’allaitement permet aux bébés de mieux résister aux maladies respiratoires de tout ordre (fléaux de la vie en collectivité !) on apprécie la cruelle ironie de la situation…
D’où l’idée de légiférer sur se sujet afin qu’il y ait au niveau national d’une part une logique de respect de l’allaitement, et d'autre part une égalité de traitement.
Je vous encourage donc à signer cette pétition. Elle est disponible ici : http://www.mesopinions.com/Loi-pour-que-le-lait-maternel-ne-soit-plus-jamais-refuse-en-creche-petition-petitions-6bc95615a6210a8a6d6d4b39229f9b92.html
Et pour terminer ce blog sur une note optimiste, voici quelques exemples de villes et départements un peu plus en avance que les autres et qui ont mis en place de réelles politiques de soutien de l’allaitement en crèche. Si ces villes y sont arrivées, pourquoi pas d’autres ?
Sur la liste des villes/départements pro-allaitement nous avons donc (liste non exhaustive) :
Paris: Politique ambitieuse de soutien de l’allaitement en crèche. Voici le lien vers la brochure (voir extrait ci-dessous) destinée aux parents expliquant la politique de la ville et les modalités pratiques de conservation du lait maternel. http://www.paris.fr/portail/viewmultimediadocument?multimediadocument-id=23930 NB : c’est une brochure utile même si vous n’habitez pas Paris car montrer à une directrice de crèche qu’une ville comme Paris soutien l’allaitement en crèche renforce la crédibilité de votre démarche .
Département Seine-Saint-Denis : Le règlement intérieur des établissements départementaux d’accueil du jeune enfant est très clair à ce sujet. Voir ci-dessous http://www.seine-saint-denis.fr/IMG/pdf/Rgltint.pdf
Ville de Pau et région du Béarn : soutient l’allaitement pour les enfants en crèche en collaboration avec la Caisse Primaire d’Assurance Maladie : voir le site de la CPAM http://www.ameli.fr/fileadmin/user_upload/documents/allaitement_01.pdf et la brochure pour les parents (voir extrait ci-dessous) : http://www.ameli.fr/fileadmin/user_upload/documents/allaitement_01.pdf
Lille: une lectrice du blog a confirmé que les mamans pouvaient amener du lait tiré dans les crèches de la ville.
Saint-Germain-en-Laye: C’est la ville où le siège social de mamaNANA est installé donc nous avons contacté la mairie pour savoir comment cela se passait et voici un extrait de la réponse : «J’ai le plaisir de vous informer que toute maman à la possibilité d’apporter des biberons de lait maternel dans les établissements de la petite enfance de la Ville en respectant les conditions de transport et de conservation.
Dans les crèches, où l’enfant est accueilli à la condition que sa maman exerce une activité salariée, il est également possible qu’elle puisse allaiter son bébé, pendant la période d’adaptation. Une fois qu’elle a repris le travail, cela semble plus difficile et les auxiliaires de puériculture donnent alors les biberons de lait maternel.
Pour ce qui concerne les haltes garderies, elles ont vocation de permettre à l’enfant de se séparer de sa maman. L’accueil peut se faire très progressivement en dehors des heures de tétées dans un premier temps, puis, quand l’enfant est en capacité de rester plus longtemps, les biberons de lait maternel apportés sont donnés par les personnels. »
Et vous, où en est-on dans votre ville ou sur ce sujet ? Ce sujet est-il laissé à l’initiative seule des directrices de crèche (et si oui, avec quels résultats ?) ou bien il y a-t-il une décision au niveau de la ville ou département ?










