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avril 2008

27 avril 2008

Allaitement et crèche

Vous avez peut-être vous aussi reçu dans votre boite mail une invitation à signer une pétition adressée au Ministre de la Santé lui demandant de légiférer sur le sujet de l’acceptance par les crèches du lait maternel.  Cette pétition a été créée suite à la décision de la ville d’Asnières-sur-Seine de refuser le lait maternel dans ses crèches (et d’envoyer une lettre recommandée aux mamans leur demandant d’arrêter d’amener des biberons de lait tirés!)  Voir reportage de la journaliste Brigitte Béjean d’Europe 1 sur le sujet.

L’allaitement en crèche est un sujet que je connais mal donc en recevant ce message j’ai voulu faire quelques recherches avant de signer la pétition.  Je n’ai pas été déçue du résultat : au gré des discussions sur les forums, des articles sur les sites associatifs, et des articles dans la presse destinées aux professionnels de la petite enfance, on se rend vite compte que l’acceptance par la crèche du lait maternel est loin d’être la norme.

On est dans un système aberrant où on encourage les mamans à allaiter exclusivement pendant six mois (recommandations de l’OMS et du Plan National Nutrition Santé 2006), mais où elles reprennent le travail souvent bien avant (tout le monde n’a pas les moyens de prendre un congé parental) et  où l’acceptance du lait maternel en crèche est subordonné à la bonne volonté de la directrice de la crèche, où de manière politiquement correcte « à la décision de l’équipe pédagogique. »

Lorsque la crèche refuse les biberons de lait tiré les raisons données sont liées soit à des souçis d’hygiène (le lait maternel étant à tort considéré par la crèche comme un produit biologique tel que le sang et donc pouvant contaminer la personne préparant les biberons), soit à des aspects pratiques (par exemple le lait maternel étant plus digeste, le bébé peut avoir besoin de biberons plus souvent qu’un bébé nourrit au lait artificiel – d’où des souçis d’organisation.) Le respect de la chaîne du froid revient aussi souvent (mais cet argument peut être facilement contré si la maman amène le lait dans une petite glacière.)  Quand on examine les raisons données en détail, il semble qu’aucune ne soit insurmontable.  Certes, cela demande une adaptation de la part de la crèche et de son personnel, mais ce n’est pas non plus une révolution de fond en comble.  La meilleure preuve étant que des villes comme Paris sont parvenues à mettre des processus en place pour accepter le lait maternel dans les crèches.

On assiste donc à des inégalités de traitement majeures d’une crèche à l’autre, d’une ville à l’autre :  certaines mères sont forcées à sevrer précocemment (comme si reprendre le travail tôt n’était pas suffisamment difficile !), d’autres, qui ont la chance de résider dans des villes plus éclairées, peuvent poursuivre l’allaitement.
Quand on sait que la poursuite de l’allaitement permet aux bébés de mieux résister aux maladies respiratoires de tout ordre (fléaux de la vie en collectivité !) on apprécie la cruelle ironie de la situation…

D’où l’idée de légiférer sur se sujet afin qu’il y ait au niveau national d’une part une logique de respect de l’allaitement, et d'autre part une égalité de traitement.
Je vous encourage donc à signer cette pétition.  Elle  est disponible ici : http://www.mesopinions.com/Loi-pour-que-le-lait-maternel-ne-soit-plus-jamais-refuse-en-creche-petition-petitions-6bc95615a6210a8a6d6d4b39229f9b92.html
 
Et pour terminer ce blog sur une note optimiste, voici quelques exemples de villes et départements un peu plus en avance que les autres et qui ont mis en place de réelles politiques de soutien de l’allaitement en crèche.  Si ces villes y sont arrivées, pourquoi pas d’autres ?

Sur la liste des villes/départements pro-allaitement nous avons donc (liste non exhaustive) :

Paris:  Politique ambitieuse de soutien de l’allaitement en crèche.  Voici le lien vers la brochure (voir extrait ci-dessous) destinée aux parents expliquant la politique de la ville et les modalités pratiques de conservation du lait maternel.  http://www.paris.fr/portail/viewmultimediadocument?multimediadocument-id=23930 NB : c’est une brochure utile même si vous n’habitez pas Paris car montrer à une directrice de crèche qu’une ville comme Paris soutien l’allaitement en crèche renforce la crédibilité de votre démarche .

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Département Seine-Saint-Denis : Le règlement intérieur des établissements départementaux d’accueil du jeune enfant est très clair à ce sujet.   Voir ci-dessous http://www.seine-saint-denis.fr/IMG/pdf/Rgltint.pdf

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Ville de Pau et région du Béarn : soutient l’allaitement pour les enfants en crèche en collaboration avec la Caisse Primaire d’Assurance Maladie : voir le site de la CPAM http://www.ameli.fr/fileadmin/user_upload/documents/allaitement_01.pdf et la brochure pour les parents (voir extrait ci-dessous) : http://www.ameli.fr/fileadmin/user_upload/documents/allaitement_01.pdf

Pau

Lille: une lectrice du blog a confirmé que les mamans pouvaient amener du lait tiré dans les crèches de la ville.

Saint-Germain-en-Laye: C’est la ville où le siège social de mamaNANA est installé donc nous avons contacté la mairie pour savoir comment cela se passait et voici un extrait de la réponse : «J’ai le plaisir de vous informer que toute maman à la possibilité d’apporter des biberons de lait maternel dans les établissements de la petite enfance de la Ville en respectant les conditions de transport et de conservation.

Dans les crèches, où l’enfant est accueilli à la condition que sa maman exerce une activité salariée, il est également possible qu’elle puisse allaiter son bébé, pendant la période d’adaptation. Une fois qu’elle a repris le travail, cela semble plus difficile et les auxiliaires de puériculture donnent alors les biberons de lait maternel.

Pour ce qui concerne les haltes garderies, elles ont vocation de permettre à l’enfant de se séparer de sa maman. L’accueil peut se faire très progressivement en dehors des heures de tétées dans un premier temps, puis, quand l’enfant est en capacité de rester plus longtemps, les biberons de lait maternel apportés sont donnés par les personnels. »

Et vous, où en est-on dans votre ville ou sur ce sujet ?  Ce sujet est-il laissé à l’initiative seule des directrices de crèche (et si oui, avec quels résultats ?) ou bien il y a-t-il une décision au niveau de la ville ou département ?

21 avril 2008

Hi hi hi

Cover2_bfsucks_3 Ayant habité longtemps aux Etats-Unis, une chose à laquelle je me suis habituée et qui me manque ici sont les petites bandes dessinées humoristiques ou « comic strips » dans les quotidiens.  Les quotidiens là-bas en ont une pleine page, et ces différentes bandes dessinées décrivent souvent des situations cocasses de la vie de tous les jours.

Une d’entre elles s’appelle Baby blues et décrit la vie d’une petite famille après l’arrivée d’un bébé.  Le sujet de l’allaitement y est abordé de temps à autre et je ne résiste pas à la tentation de vous traduire certains des épisodes en français  Vous vous y reconnaitrez peut-être !  Quand on sait que les auteurs de cette BD sont deux hommes (Jerry Scott et Rick Kirkman), on apprécie encore plus !

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13 avril 2008

Préparer sa valise de maternité

Pendant que c’est encore frais dans ma tête, je voulais passer un moment à discuter d’un sujet d’ordre pratique : qu’emmener dans sa valise de maternité ?  Ceci est naturellement un article destiné à celles qui n’accouchent pas chez elles – car celles qui accouchent chez elles (les courageuses veinardes) ont tout ce qu’il faut sous la main.

Valise_2  J’ai eu mes trois enfants dans trois maternités différentes et chaque fois le contenu de la valise a beaucoup varié.  Pour la première naissance, à Berkeley en Californie, mon mari et moi-même, n’écoutant que notre naïveté avions préparé, outre les objets pratiques habituels (chemise de nuit, bodies pour le bébé, etc.) toute une série de choses visant à rendre l’expérience de la naissance plus personnelle et rassurante : guitare, musique, photos du récent bébé d’une amie, coussinet de lavande (aux propriétés relaxantes), tout juste si on n’avait pas amené des bougies --- au final rien de tout cela n’est sorti du sac.  L’expérience était trop intense, nous étions tellement focalisés sur la naissance que ces objets apparurent rapidement comme des distractions non nécessaires.

Deuxième naissance dans une clinique hyper chic de la banlieue parisienne.  Le genre d’endroit où on n’amène rien : même les bodies et pyjamas du bébé sont fournis, et les sages-femmes, pendant les temps calmes en nursery, tricotent d’adorables layettes pour les nouveaux-nés.  Confort total, et valise de maternité réduite au strict minimum.  NB :  la taille de la valise de maternité est inversement proportionnelle à la facture présentée aux parents en fin de séjour ( !)

Dernière naissance, dans une (très) grande maternité publique des Yvelines.  Accompagnement fa-bu-leux des sages-femmes pendant l’accouchement, équipe adorable, suivi médical de pointe,  mais hôtellerie, disons, spartiate.  Du coup ce n’est pas un départ pour la maternité, mais un vrai déménagement car il faut tout amener, des vêtements du bébé aux serviettes de toilette – mais comme indiqué plus haut : grosse valise de maternité = séjour TRES économique.

Voici donc, basée sur ces expériences variées et non représentatives, une liste des choses à amener, et une liste des choses à laisser chez soi. 

Ce que j’ai été contente d’avoir amené :

  • Ce n’était pas dans la valise, mais sur ma tête :  une bonne coupe de cheveux.  Pour ma première fille je n’avais pas pris cette précaution élémentaire et résultat, sur toutes les photos prises pendant le mois qui suit la naissance, j’ai vraiment une drôle de tête.  Cette fois-ci j’ai même eu un bol fou : je suis allée chez le coiffeur quelques heures avant que les contractions démarrent --- je me sentait d’ailleurs un peu bizarre quand même, et quand le coiffeur m’a fortement recommandé que je fasse des mèches (1h30 à poireauter sous le casque !) je lui ai dit que je n’avais pas le temps et risquait d’accoucher chez lui --- très efficace pour qu’on vous fasse un brushing rapidos.  Au final, sur toutes les photos qui suivent l’accouchement, j’ai des cernes (certes !) mais un brushing im-pec-cable !   Plaisanterie à part, c’est bon pour le moral d’être un peu correctement coiffée dans les semaines qui suivent la naissance, et comme vous n’aurez pas le temps de faire des brushing, l’important c’est une bonne coupe de cheveux : le genre de coupe qui se remet en place toute seule après la douche.
  • Trois pyjamas et autant de soutiens-gorge d’allaitement.  Ce n’est pas que je pousse à la consommation mais c’est fou comment on se tache facilement à la maternité : entre les pertes au dou nom de lochies, le plateau repas qu’on engloutit en tenant bébé d’une main, la crème Lansinoh contre les crevasses, etc. les vêtements ne restent pas nets longtemps.
  • Un masque occultant à se mettre sur les yeux pour dormir en pleine lumière.  Vous savez, ces petits masques en tissu qu’on vous donne dans les avions.  Très pratique quand vous partagez une chambre.  Très pratique aussi pour signaler au personnel que vous DORMEZ.  En effet, sans masque, dès que quelqu’un entre (bruyamment) dans la chambre, vous allez forcément ouvrir les yeux – et vous n’avez pas d’échappatoire : à vous la discussion avec le photographe de la maternité qui essaie de vous convaincre de prendre des photos du nouveau-né, à vous l’examen de votre épisiotomie !  Alors qu’avec le masque sur les yeux, bien cruelle sera la personne qui vous forcera à obtempérer…
  • Tout le nécessaire pour un bon démarrage de l’allaitement : coussin d’allaitement, soutiens-gorge d’allaitement, coussinets d’allaitement, crème anti-crevasses,  bouts de seins en silicone (controversés je sais, mais ils m’ont rendu service pour ma deuxième fille), numéro de téléphone d’une conseillère en lactation et/ou de l’antenne locale de La Leche League, livre de référence sur l'allaitement, et éventuellement tire-lait (manuel ou électrique) pour stimuer la lactation si bébé a du mal à téter (en théorie la maternité en a, mais on a parfois des surprises.)

Ce que j’aurais dû amener :

  • De quoi manger (et pas des chocolats!) : barres de céréales, fruits secs, etc.  Le premier jour les puéricultrices s’inquiétaient du faible taux de sucre dans le sang de mon bébé.  OK.  Mais moi j’étais au bord de l’hypoglycémie et cela, tout le monde s’en fichait.  Après un accouchement dans la nuit et un petit déjeuner léger à 6h30 du matin, il fallait tenir jusqu’à 12h30 pour le déjeuner.  La puéricultrice à laquelle j’ai mentionné le problème m’a simplement dit de prendre mon mal en patience et je n’ai dû mon salut qu’à une compagne de chambre généreuse qui a partagé sa boîte de macarons. 
  • Des magazines et pas un vrai roman.  Avec le cerveau en bouillie je n’arrivais pas à me concentrer sur le bon roman que j’avais amené.  Un magazine (aussi superficiel que possible, et surtout sans nouvelles effrayantes du monde actuel) m’aurait rendu service.  Mon cher mari m’avait acheté « Que Choisir », et même si l’intention était bonne, l’aspect «distraction» manquait un peu !
  • Une veilleuse sans fil ou une lampe électrique : l’éclairage dans les hôpitaux a été conçu par des sadiques (ou des gens en très bonne santé qui n’ont jamais été à l’hôpital).  Pour mettre un bébé d’un ou deux jours au sein, il faut y voir, et allumer le néon gigantesque n’est pas une bonne idée (ni pour la compagne de chambre, ni pour le bébé.)
  • Un oreiller de plus, avec une taie extra-douce.  L’hôpital ne vous donne qu’un seul oreiller et en avoir un second est indispensable pour se caler les jambes ou le dos.   Ceci, en plus de votre coussin d’allaitement. 

Ce que j’aurais dû laisser à la maison :

  • Maquillage : mais pourquoi ais-je eu l’idée saugrenue que j’allais avoir le temps et l’envie de me maquiller à la maternité ?
  • Parfum : même mon parfum préféré me semblait bien agressif comparé au doux parfum de la tête de mon petit bébé… et je n’avais pas envie d’entrer en concurrence avec cette senteur divine.
  • Ma broderie :  pour un troisième accouchement, j’aurais dû le savoir : à la maternité on a rarement une minute à soi.  Alors la broderie, ce n’était vraiment pas la peine…

Et vous, qu’avez-vous emmené de particulièrement utile (ou inutile !) pour votre séjour à la maternité ?

05 avril 2008

Talia est née

Bonjour,

Talia Un petit blog un peu plus personnel cette fois-ci pour vous annoncer que notre petite Talia est arrivée le 29 mars.  Elle est en pleine forme.  Le démarrage de l’allaitement s’est bien passé ce qui est super agréable parce qu’on ne sait jamais, avant de commencer, si les débuts vont être difficiles ou non… Mais elle tète comme une championne.  Ouf !

Sur ce sujet du démarrage de l’allaitement  ce séjour à la maternité m’a rappelé à quel point les débuts de l’allaitement peuvent être stressants pour les mamans.   Ma compagne de chambre avait un projet d’allaitement bien mûri.  Très organisée, bien soutenue par un mari prévenant,  elle avait tout prévu pour mettre toutes les chances de son côté : coussin, crèmes, soutien-gorge, etc.  Elle s’était également bien documentée et semblait avoir intégré les règles de base : elle mettait le bébé au sein régulièrement, changeant de position, etc.   Mais voilà, son bébé dort tout le temps, ne sait pas téter, s’énerve au sein. Elle a mal.  Le poids du bébé baisse vite, les puéricultrices recommandent des compléments… La jeune maman doute, s’angoisse, les larmes coulent. La journée parait interminable.  Heureusement, dans la nuit, la sage-femme de garde est aussi conseillère en lactation.  Elle intervient avec des paroles douces, des questions ouvertes.  Pleine d’empathie, elle explique, montre, conseille, et surtout rassure la maman sur ses capacités.  Le moral des troupes remonte.  Le bébé commence à se remettre de l’accouchement et tète mieux.  Le lendemain, après avoir passé une nuit dans une chambre seule, je croise la maman dans les couloirs.  Elle est rayonnante, épanouie, les cernes ont disparu : la montée de lait a eu lieu,  le bébé tète super bien, il reprend du poids.  C’est gagné !  Quelle fierté dans ses yeux !

Quelles réflexions m’inspirent cette petite histoire ? Tout d’abord que pour une maman qui rencontre, au bon moment, un professionnel de la santé compétent en allaitement maternel, combien n’ont pas cette chance et subissent, malgré elles, un échec de l’allaitement faute de bons conseils ?
Et puis à un autre niveau, on entend parfois des reproches adressés aux mamans allaitantes, les accusant d’exprimer un sentiment de supériorité… A la réflexion, je ne sais pas si c’est un sentiment de supériorité ou simplement la fierté « d’y être arrivée. »  La fierté d’avoir réussi à maîtriser, malgré la pression du temps qui passe et de la courbe de poids qui descend, des compétences totalement nouvelles.  C’est la fierté de nourrir ce petit être de son seul lait --- alors que 24 heures auparavant on doutait encore de sa capacité à le faire.  C’est la fierté d’avoir remporté deux victoires, l’une après l’autre :  avoir mis ce bébé au monde, et le nourrir – et parfois l’étape la plus difficile n’est pas celle qu’on croit.