Attrape-t-on un rhume par les pieds ?
Brrrrr. Dans notre région l’hiver est arrivé et avec lui son cortège de rhumes, rhinos, laryngites et autres joyeusetés. Chacun s’efforce de se défendre au mieux contre les différents virus et microbes qui rodent autour de nous. Et dans les familles, le débat sur l’origine des rhumes resurgit.
Dans ma famille, la provenance du rhume de cerveau (quel nom terrible quand on y pense) varie selon les générations : pour mes grands-parents, c’était sans aucun doute, le courant d’air, l’abominable courant d’air qui faisait s’enrhumer les enfants. J’ai le souvenir de Noëls en famille passés dans un salon surchauffé, rempli d’un air immobile. La pauvre personne qui osait ouvrir une porte sans bien la refermer se faisait admonester d’un tonitruant « enfin referme la porte, pense aux courants d’air ! »
Pour la génération suivante (celle de mes parents), on s’enrhume de préférence par les pieds, ou par la tête, au choix. D’où une quasi-vénération pour deux éléments de garde-robe : la sacro-sainte cagoule, et les pantoufles. La cagoule, très à la mode dans les années 70, est tombée un peu en désuétude, sauf dans le clan loden/serre-tête velours. Il faut bien le dire : quelle que soit la matière choisie, la cagoule gratte, et je trouve qu’en plus, elle donne un air bébête aux enfants les plus intelligents (une opinion purement personnelle). Du côté des pantoufles, la norme familiale génère
des batailles rangées entre une grand-mère tendance « mets-tes-pantoufles-tu-vas-attraper-froid » et ses petites filles qui n’aiment qu’une chose, c’est de se promener pieds nus (voir la photo!). Entre les deux, la maman (moi), qui vacille entre la tradition familiale et les recommandations du podologue selon qui marcher pieds nus est excellent pour le développement du squelette.
Donc, chaque année, en début d’hiver, j’investis dans de ravissantes petites pantoufles en cuir rose, qui restent ravissantes (parce que très peu mises) jusqu’au printemps. Mais au moins, c’est joli sous le sapin.
D’après une petite enquête non scientifique auprès de quelques amies, ces différences générationnelles sont assez répandues. Il semble même que plus on se déplace dans le sud de la France, plus la hantise des courants d’air existe. Pourquoi ? Mystère.
La conception de la bonne attitude parentale à avoir par rapport au froid varie non seulement selon les générations mais selon les cultures. Mes amies anglo-saxonnes expatriées à Paris se moquent gentiment des bébés français, emmitouflés comme des eskimos au moindre frimas. C’est facile pour elles de critiquer : elles encontreront (ou comprendront!) certainement moins les foudres des passant(e)s, des commercant(e)s, et des voisin(e)s qui ne se gêneront pas pour lancer que « ce bébé n’est PAS ASSEZ COUVERT. »
Sur ce sujet d’ailleurs, c’est match nul entre la poussette et l’écharpe : les bébés en poussette ne sont, bien sûr, pas assez couverts… et les mamans des bébés portés en écharpe entendent elles des commentaires du style « mais ce bébé A BIEN TROP CHAUD ».
Au Danemark et dans d’autres pays nordiques, on n’hésite pas à promener les bébés dehors par tous les temps pour les habituer à respirer l’air froid (si si). Naturellement ils sont bien emmitouflés. Mais cette tradition avait mal tourné, il y a quelques années, pour une danoise expatriée à New York qui, en plein hiver, avait laissé son bébé dans son landau devant l’entrée du restaurant dans laquelle elle déjeunait. Arrêtée par la police, elle avait eu le plus grand mal à défendre cette pratique très surprenante pour des new-yorkais.
Chez nous la bataille est quotidienne car la française frileuse que je suis a un mari américain, qui, grâce à un métabolisme tendance « j’ai avalé une chaudière », se ballade toute l’année en short et tee-shirt --- et nous ressort tous les articles scientifiques montrant que prendre froid ne donne pas le rhume. Peut-être mais nous trouvons qu’il est malade plus fréquemment qu’il ne l’admet. Hum, hum, hum...
Et chez vous, comment on s’enrhume ?
Professeur Dupont écrit « avant l’âge d’1 an, on relève surtout des allergies aux protéines du lait de vache, révélées par des coliques et des vomissements dont jusqu’à 30% des cas sont faussement diagnostiqués comme de classiques signes digestifs. » Je lis ce paragraphe avec attention m’attendant à ce qu’il soit naturellement suivi par un petit laïus sur l’allaitement maternel et ses bienfaits anti-allergéniques – et peut-être aussi par le fait que l’allaitement ne protège pas toujours d’une allergie au produits laitiers passant dans le lait maternel, mais je lis, je lis, et rien…




