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octobre 2007

30 octobre 2007

Le Premier Cri

Ce film ne sort en salle que le 31 octobre, mais j’ai eu la chance de pouvoir assister à l’avant-première du film le 29 octobre à Poissy (une des scènes de naissance a été filmée à la maternité du Centre Hospitalier de Poissy d’où le choix de ce lieu pour une des avant-premières).


Voici donc mes impressions .  Il y a beaucoup à dire sur le film lui-même et sur le sujet abordé mais je vais essayer d’être succinte (ah ah ah). Lepremiercri

Je dois avouer que je suis allée voir ce film un peu à reculons, et ce n’est que parce que mon cher et tendre époux tenait absolument à y aller que je me suis décidée.  Je suis enceinte de 19 semaines et que l’idée d’assister à une ribambelle d’accouchements (certains finissant mal) ne m’enchantait pas trop.  Je garde un souvenir horrifié des vidéos d’accouchement proposées lors d’un cours de préparation à la naissance. [Ces vidéos-là sont celles qu’on devrait montrer aux adolescents un peu trop précoces sexuellement, l'effet « contraceptif » de ce genre de vidéo étant souverain – mais c’est un autre sujet]

De plus, ceci est ma troisième grossesse et j’ai remarqué que d’une naissance à l’autre une certaine amnésie se met en place (c’est ce qui permet je crois la survie de l’espèce).  Ayant donc oublié une bonne partie de mon dernier accouchement (ma plus jeune fille a 4 ans et demi) je n’avais pas trop envie d’être plongée, plus vite que nécessaire, dans le vif du sujet.


Au final mes réservations étaient sans fondement. J’ai adoré ce film et ne me suis cachée la tête dans les mains qu’une fois (scène de la césarienne).  Même une femme enceinte de nature anxieuse, ou qui prépare son premier accouchement peut, je crois, aller voir ce film sans avoir des cauchemars plus tard.  Pourquoi ?  Tout simplement parce que ce film n’est pas un documentaire (même si il est présenté comme cela dans la presse) mais plutôt une fiction.  On n’y voit pas la façon dont un accouchement se déroule d’un point de vue médical ou gynécologique. Toutes les scènes, même l’expulsion du bébé, sont filmées avec une grande pudeur, avec des jeux de clair obscur, de profil, etc.  De plus les sons et bruits divers sont atténués par un superbe accompagnement musical ainsi que les paroles des différentes narratrices.  C’est un film qui est beaucoup plus dans l’humain et les sentiments (main d’un père sur la nuque de sa femme, baiser d’une maman à son nouveau-né) que dans l’observation scientifique.   Je ne veux pas dire qu’il soit édulcoré, mais simplement qu’il est plein de pudeur, de poésie, et d’émotion.


Il est toujours difficile de décrire une belle œuvre d’art, et je ne me sens pas capable de le faire.  Sachez seulement que la beauté des images, le rythme donné au film par un montage très subtil (il ne s’agit pas d’un catalogue), et l’immense tact du réalisateur, en font un film qui vous restera en mémoire longtemps.


Le fait que ce film ne soit pas un documentaire en fait sa force, mais aussi une des ses limitations.  En regardant le film, on situe les femmes par les images (différentes couleurs de peau, pays, cultures), mais la narration est dans la plupart des cas faite par les participantes eux-mêmes, pas par un narrateur externe (comme dans un documentaire genre film animalier). Cela fonctionne très bien.  En tant que spectateur vous comprenez tout ou quasiment tout ce qui se passe.   Cependant l’absence de commentaires réellement descriptifs donne vraiment envie d’en savoir plus.  A la fin du film nous avions tous beaucoup de questions sur les femmes et familles filmées.   Gilles de Maistre, le réalisateur, a eu l’extrême gentillesse de rester une heure avec le public présent pour répondre à de nombreuses questions. J’espère que lorsque le DVD sortira celui-ci inclura un entretien approfondi avec le réalisateur, car la session de questions réponses était passionnante, et complétait réellement le film.


Par exemple, une des naissances les plus « tentantes » à mon sens, était celle d’une maman mexicaine accouchant dans une piscine entourée de dauphins (les ultrasons du sonar du dauphin aidant le bébé à venir au monde.) Dans le film, ce genre de naissance parait idyllique, mais en réalité ce n’est pas le cas : Gilles de Maistre a précisé lors de son intervention que c’était plutôt réservé à des femmes sportives, car il faut « tenir » dans une piscine, environnée de dauphins pendant tout le temps du travail et de l’accouchement, environ 15 heures dans le cas d’une des femmes filmées…Donc idyllique peut-être, mais pas pour toutes !


Chacune et chacun en voyant ce film réagira de façon personnelle au différents portraits de femmes (ou portraits de naissance)  proposés.  Un portrait qui je pense va en interpeller beaucoup est celui de la jeune femme québécoise accouchant aux Etats-Unis à domicile de son premier enfant, entourée de son mari et d’un petit groupe d’amis, mais sans aucune assistance médicale. Pas de sage-femme, pas de médecin. Pas d’assistance de maman expérimentée, ou de doula. Comme elle le dit dans le film, elle est partisane d’une « naissance libre » et avait pleine confiance dans la capacité de son corps à donner la vie sans aucune aide.   La juxtaposition entre une femme du Niger accouchant sur le sable d’un bébé mort né faute de soins médicaux, et cette occidentale refusant tout soin médical pour accoucher, est extrêmement frappante.


Le public était en grande partie composé de professionnels de la santé, dont de nombreuses sages-femmes, et le portrait de la femme québécoise a suscité beaucoup d’interrogations.  J’ai demandé à Gilles de Maistre si cette femme avait au moins eu un suivi de grossesse, et il m’a répondu que non.   Elle n’avait donc eu aucun examen prénatal… Dans le film elle dit qu’elle est consciente des risques, qu’elle sait que la mort peut faire partir de l’aventure, mais elle ne précise pas la mort de qui : la mort du bébé ? La sienne ? Jusqu’où aurait-elle poussé la logique en cas d’hémorragie interne par exemple ou autre problème grave ? Autant je comprends la démarche des femmes qui accouchent à domicile avec l’aide d’une sage-femme, autant la démarche de cette femme m’a paru terrifiante… Vous aurez certainement bien des commentaires sur ce sujet…


Une dernière petite chose qui m’a beaucoup touchée est qu’on ne voit pas un seul biberon dans ce film.  La plupart des mamans filmées mettent leur bébé rapidement au sein, d’autres un peu plus tard.  J’ai trouvé cela rafraîchissant dans la mesure où, en général, dès qu’on montre des bébés en Occident du moins, on a des biberons pas loin.  Alors un film qui montre des douzaines de bébés et pas de biberon, cela détonne : même dans la maternité du Vietnam, celle où on fait 45,000 naissances (oui 45,000 naissances) par an et où les salles d’accouchement et la nursery ressemblent à des halls de gare, je n’ai aperçu aucun biberon…


En conclusion, un très beau film, qui ravira un public assez large, y compris et surtout les âmes sensibles (et même les maris qui n’aiment pas trop les histoires d’accouchement…)

P.S. Pour la petite histoire, quelqu’un a demandé à partir de quel âge ce film était recommandé.  Gilles de Maistre a répondu qu’il l’avait réalisé en pensant à son fils âgé de 10 ans.  Je suis d’accord avec lui.  Cela me parait comme étant le bon âge minimum, mais c’est une affaire très personnelle bien sûr.

Pour plus d’information (y compris des extraits, des photos, etc) , voir le site officiel du film.

28 octobre 2007

Tendresses Lactées de Susanne Klein

Je ne résiste pas au plaisir de vous parler du livre « Tendresses Lactées » de Susanne Klein paru aux Editions Singulières.  Il est sorti il y a quelques mois déjà mais comme on en a peu parlé dans la presse « classique » il n’est pas inutile, je crois, de faire un peu de publicité à ce bel ouvrage.

Tendresses_lactees_2Les photos de ce livre sont tirées d’une exposition réalisée par la photographe Susanne Klein à la demande de Danièle Bruguières, fondatrice de l’association montpelliéraine Horizons lactés.  Cette exposition a été montrée au cours de divers évènements dans le cadre de la Semaine Mondiale de l'Allaitement Maternel en 2006 et en 2007.   Cette exposition sera également proposée dans le cadre du Congrès annuel de La Leche League, le 17 et 18 novembre prochains à Dourdan. 

L'originalité de ce livre est de proposer, en plus de superbes photos, les témoignages très personnels des douze mamans photographiées.  Elles expriment avec leurs propres phrases leur réalité de mères allaitantes, avec leurs joies et leurs soucis… Et c’est là que ce livre m’a vraiment fait plaisir.  Plaisir car je me suis reconnue dans certains témoignages (pas dans tous bien sûr) et plaisir de voir autant de place donnée à des mots qu’on n’entend pas ailleurs.  Par exemple quand la presse parentale parle d’allaitement, il y a souvent des petits témoignages de mamans sur leur allaitement, mais ceux-ci sont souvent très courts, et n’expriment pas toute la complexité de la relation d’allaitement.

Ici, dans ce livre, comme dans un beau livre de poésie, on peut se laisser imprégner du sujet, se mettre au rythme des mamans et de leurs paroles.  C’est comme si douze de vos proches amies, ayant toutes allaité, se confiaient à vous.  Et qui a douze proches amies, et de plus, ayant toutes allaité ??!!!

Ce livre peut plaire aussi bien à celles qui ont déjà allaité (j’attends mon troisième enfant pour fin mars et ce livre m’a rappelé ce qu’allait être la joie de l’allaitement), qu’à celles qui n’ont jamais allaité --- car au contraire du discours médical habituel, il parle de la relation physique et émotionnelle que l’allaitement permet.  Et ce qui rend ce livre précieux, surtout pour celles qui démarrent, c’est que les témoignages ne sont pas édulcorés : par exemple, on y entend l’éternelle ambivalence entre la volonté de se mettre toute entière au service de son bébé et la volonté de «récupérer » son corps, etc.  Mots qui peuvent être très utiles lorsqu’on ressent la même ambivalence et qu’on peut s’en sentir coupable. 

J’ai également trouvé les photos très belles, et pleines de sens.  On sent que la photographe a passé du temps avec les jeunes femmes et leur famille et qu'une relation de confiance s'est créée.  J’aime la modernité de la lumière, des couleurs, du cadrage, des moments photographiés.  Ces photos sont pleines de sens, car, elles montrent la réalité de l’allaitement intégré à la vie de tous les jours : on allaite en lisant, en préparant le repas, on n’est pas vissée sur son canapé. On n’est pas dans une vision « madone » de l’allaitement.  Et puis on allaite des jumeaux, des bambins, des nourrissons, etc.  J’aime beaucoup la douceur pas gnangnan qui se dégage des photos…

Seul bémol, j’aurais bien aimé voir des photos « en extérieur » et pas seulement dans le cocon familial, car n’avoir que des photos en intérieur, renforce indirectement l’idée que l’allaitement est un geste intime, à ne pas faire en dehors du domicile…  L'allaitement en public,  pourrait être le sujet d'une prochaine exposition?!

Et puis mon autre (petit) regret est que ces mamans se ressemblent beaucoup -- ou peut-être  cette ressemblance est-elle induite par le style photographique.  Elles se ressemblent dans leur style, leur âge, leur couleur de peau, leur façon de se vêtir, et même la décoration des intérieurs.  On a un peu l’impression qu’elles font toutes partie d’un même cercle…. Cela est renforcé par le fait qu’on sait peu de choses sur elles (âge, région, études, métiers et origines ne sont pas mentionnés), et que du coup, peu les différencie.  En même temps, proposer une diversité ne serait pas facile dans un tel projet, et on pourrait vite tomber dans une certaine caricature : la maman BCBG, la maman Bio, la maman Intello, etc…
De ce point de vue là je trouve le texte presque plus fort que les photos car le texte peut « sonner » juste pour une plus grande diversité de mamans.

Au final, un livre que je vous recommande chaudement, et qui peut faire un très beau cadeau de naissance, original et utile, pour les mamans de votre entourage.

Pour en savoir plus, et voir un extrait des photos publiées, vous pouvez aller sur le site de la photographe Susanne Klein.

Et si vous désirez acheter ce livre sur Internet, il est disponible sur Amazon au prix de 19 euros environ.

Le blog de mamaNANA est né

C’est avec joie et émotion (et aussi un peu la peur de l’inconnu) que  je vous présente le tout nouveau blog de mamaNANA.

Ce que vous trouverez dans ce blog :

  • Des articles sur l’actualité de l’allaitement maternel, de la naissance, et de la petite enfance. Pour ces articles je vous parlerai de l’actualité française, mais aussi de ce qui se passe en dehors de nos frontières…
  • Des billets d’humeur sur des sujets variés – en général ayant trait à la vie d’une maman de jeunes enfants, curieuse du monde qui l’entoure, critique de ce qu’elle lit dans les médias et n’appartenant à aucune « école » ou « système » de pensée particulier (en particulier sur l’éducation des enfants.)  Je ne chercherai pas à diffuser une quelconque méthode éducative mais simplement à partager mes interrogations.
  • Du sérieux et du « frivole ». Je crois profondément que chaque femme peut être plusieurs femmes à la fois : on peut faire carrière et adorer pouponner, on peut s’intéresser à la politique sérieusement tout en adorant la mode – bref qu’on n'est pas obligée de rentrer dans des cases…Et ce blog reflètera cette diversité d’intérêts que nous sommes nombreuses à partager.
  • Un peu (mais pas trop) sur l’actualité du site mamaNANA.  Des infos produits de temps en temps, mais aussi des infos sur ce qui se passe « derrière » le site : comment nous trouvons nos mamans mannequins, comment nous choisissons nos fournisseurs, ce qui se cache derrière une prise de vue, etc. 

Ce que ce blog ne sera pas:

  • Un blog de conseils médicaux sur l’allaitement – par contre je vous orienterai vers d’autres sites proposant une information médicale sérieuse, comme celui de La Leche League France, ou bien de Sante Allaitement Maternel.
  • Un endroit où gérer le service clientèle mamaNANA. Pour toute question sur les produits ou vos commandes, les moyens habituels (email: contact@mamanana.com et téléphone: 01 34 51 05 82) restent à votre disposition.
  • Un annuaire des ressources à votre disposition sur l’allaitement maternel : d’autres sites comme Le Lien Lacté , ou Maternage, font cela beaucoup mieux que nous.

Mon objectif est d’écrire une nouvelle note chaque semaine.  N’hésitez pas à suggérer des idées d’articles et à réagir sur ce qui est publié.